La solidarité a sauvé l’opposante russe Nadejda Petrova.

Nadejda Petrova a enfin obtenu le droit de déposer une demande d’asile politique en France. Depuis novembre 2017, le Kremlin tentait de rapatrier cette opposante inlassable en Russie, où elle est passible de 20 ans de prison. Mais c’était sans compter avec un réseau international de solidarité.

Nadejda Petrova © Pierre HAFFNER
Depuis le 7 novembre 2017, date de son départ précipité de Russie, Nadejda Petrova, militante féminine emblématique de l’association « Artpodgotovka » déclarée extrémiste et terroriste en Russie, était pourchassée par les réseaux du Kremlin. Nadejda Petrova s’était tout d’abord réfugiée en Autriche, où son mari Gennady l’avait rejoint. Mais le gouvernement d’extrême droite autrichien, allié de Poutine, avait refusé au couple l’asile politique et l’avait expulsé en Tchéquie. Cette déportation était combinée avec un mandat de recherche d’Interpol sur lequel Nadejda Petrova était déclarée « terroriste dangereuse ». Le Kremlin comptait ainsi récupérer cette voix qui continuait à diffuser de l’étranger des messages qui lui étaient hostiles.

Mais, des informateurs de Moscou ont à temps prévenu Nadejda Petrova de son arrestation planifiée à Prague.

Mandat Interpol © Interpol Mandat Interpol © Interpol
Deux jours avant l’expulsion fatidique d’Autriche, Nadejda Petrova et son mari ont réussi à se réfugier en France où le mandat d’Interpol a retrouvé Nadejda. Elle fut arrêtée immédiatement. L’opposition russe en France, assistée d’amis français, s’est mobilisée et a obtenu sa libération une première fois.

Par la suite, cinq procès et autant d’appels ont débouté Nadejda Petrova du droit de déposer une demande d’asile dans notre pays, la justice française appliquant sans discernement la décision autrichienne de déportation en Tchéquie. Nadejda Petrova fut de nouveau arrêté, mais cette fois-ci avec son mari. Ils ont été privés de liberté 33 jours au centre de détention de Nîmes. Par deux fois, ils furent transportés à Marseille et ramenés à Nîmes après avoir refusé d’embarquer dans l’avion pour Prague.

La lutte pour le droit à la vie a fini par vaincre. Lors d’un sixième procès, la justice française a enfin accordé à Nadejda Petrova et à son mari le droit de déposer une demande d’asile politique dans notre pays.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.