0ù est le prisonnier politique russe Ildar Dadin ?

On n’a plus de nouvelles du prisonnier politique russe Ildar Dadin depuis 31 jours. Torturé en octobre dans la prison de Segueja en Carélie, son avocat n’a pu le rencontrer qu’en novembre. Depuis, il aurait été transféré vers un autre camp pénitentiaire, mais l’administration pénitentiaire refuse de dire où il se trouve actuellement.

Ildar Dadin © B l,

Le directeur de l’association « Pour les droits de l’homme », Lev Ponomarev, exige du Service pénitentiaire fédéral russe d’être informé où se trouve le militant de l’opposition Ildar Dadin. On n’a plus de nouvelles de lui depuis un mois. Le rédacteur en chef des « Échos de Moscou », Alexei Venediktov, a également fait cette demande.

Ildar Dadin a été condamné pour avoir participé à des piquets de protestation tout à fait légaux et constitutionnels. En décembre 2015, le tribunal l’a condamné à 3 ans de prison fermes. En deuxième instance, la peine a été réduite à deux ans et demi. Dans le camp de triste réputation à Segueja, en Carélie, il avait été torturé à plusieurs reprises. Le 5 décembre, on a appris qu’il avait été transféré dans une autre prison. Depuis, ses avocats et sa famille n’ont plus de nouvelles de lui.

Le 20 décembre, le général major du service pénitentiaire russe, Maximenko, avait informé Anastasia Zotov que son époux serait transféré dans une autre prison avant la fin de l’année. Il aurait été transbahuté à Vologda, puis dans la région de Kirov. Selon certains rapports, il aurait été envoyé dans la région de l’Altaï. Cependant, la Commission de surveillance publique locale des prisons ne l’a trouvé dans aucun camp.

La Cour européenne des droits de l’homme a donné à la Russie jusqu’au 9 janvier pour informer du lieu de sa détention.

Poutine, homme du KGB, est devenu président à vie de Russie. La récréation démocratique débutée en 1992 a été de courte durée. Les services secrets se sont réinstallés au Kremlin. Les lois liberticides prolifèrent. Le pouvoir impose la peur. C’est son principal argument. Le Goulag est de retour. Les organisations humanitaires comptent plus de deux cents prisonniers politiques aujourd’hui en Russie.

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