Poutine ne doit pas être reçu par Macron !

Macron recevra Poutine au fort de Brégançon cinq avant l’ouverture du G7 à Biarritz. Cette rencontre renforce la position de l’agresseur russe au détriment de ses victimes.

Macron et Poutine © lepoint.fr Macron et Poutine © lepoint.fr

Le 19 août, le président français Macron recevra au fort de Bregançon le président russe Vladimir Poutine. Il écoutera les souhaits de son « Cher Vladimir », que ce dernier ne pourra pas exprimer lui-même cinq jours plus tard à Biarritz. La Russie s’est fait exclure de ce sommet planétaire après qu’elle ait annexé la Crimée en dépit de tous les traités internationaux. Macron la représentera. Les services offerts par le président français sont un pas supplémentaire vers la levée des sanctions internationales qui frappent la Russie.

En ce qui concerne la politique intérieure, les deux présidents se ressemblent : ils représentent tous deux des intérêts oligarchiques qu’ils imposent par la violence à leur peuple. Il est à remarquer néanmoins une différence notable. La répression du 27 juillet dans les rues de Moscou paraît être une action de bienfaisance en comparaison avec celle subie par les Gilets jaunes français. Les Français ont perdu 24 yeux, 4 mains. 800 personnes ont été blessées à la tête. Deux ont perdu la vie. Le nombre de personnes arrêtées par les polices française et russe est comparable. On a néanmoins l’espoir de finir une manifestation en Russie avec les deux yeux. En France, cela n’est pas garanti. Ne cherchons pas à savoir quel est le « meilleur » des deux dictateurs. Constatons tout simplement que Macron et Poutine ont des atomes crochus. Ils le font savoir en se tutoyant publiquement.

Pour le plus grand tort des victimes de Moscou, la France a soutenu la réintégration de la Russie dans le Conseil de l’Europe. La propagande du Kremlin se vante de ce retour triomphal. Il renforce la position de Poutine, tant en politique intérieure qu’en politique étrangère. Fort de ce succès, la Russie pourra entreprendre une nouvelle guerre contre l’un de ses voisins. Être expulsé du Conseil de l’Europe n’est plus une menace. Oubliés l’empoisonnement de Skrypal de Litvinenko au Royaume-Uni, les actes de piraterie contre les navires ukrainiens dans le détroit de Kertch, la centaine d’otages ukrainiens qui croupit dans des prisons russes dont Oleg Sentsov, la répression contre les Tatars de Crimée, la mort des 289 passagers, dont 80 enfants, du Boeing malaisien, les dizaines homosexuels exécutés sommairement en Tchétchénie, les deux cents journalistes, dont Anna Politovskaya, assassinés en Russie, etc.

Les concessions diverses obtenues par la Russie ne sont que le résultat de tractations occultes dans le dos et au détriment des victimes, en premier lieu de l’Ukraine. Macron ne défend aucunement les droits de l’homme, mais celui des banquiers, en France et à l’étranger. On peut se poser la question : « Quelle sera la prochaine trahison ? »

Avec de l’argent, du gaz, le Kremlin a construit un réseau d’agents en Europe. Macron comme son ami Alexandre Benalla est une taupe russe. La politique actuelle du Kremlin ne diffère de celle de l’Union soviétique que sur un point. La gamme de la clientèle s’est élargie. Aujourd’hui, il n’y a plus d’idéologie. Autrefois, on ne soudoyait que les États et partis frères. Aujourd’hui, on arrose tout le monde de l’extrême droite à l’extrême gauche, sans oublier l’éternel parti des affaires. Personne ne reste insensible aux flux financiers énormes qui arrivent de l’Est. La Russie investit dans sa politique étrangère. Elle achète des consciences plus particulièrement en Europe. Cet argent manque en Russie pour réaliser des programmes sociaux. Mais le Kremlin a d’autres arguments pour apaiser la population. Il a créé une Garde nationale de 400.000 hommes qui est actuellement aussi occupée que nos forces de l’ordre en France.

Gerhard Schröder et Poutine © Wikepidea Gerhard Schröder et Poutine © Wikepidea
Macron a le visage de Gerhard Schröder, chancelier allemand devenu président du comité de direction de ROSNEFT.

L’Ukraine paye la forfaiture des dirigeants européens : 13.000 morts. C’est le coût humain de la guerre déclenchée en 2014 par Poutine contre l’Ukraine. L’agresseur sera reçu le 19 août et représenté cinq jours plus tard par Macron à Biarritz.

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