Liberté pour Yulia Galyamina

Yulia Galyamina, députée municipale de région à Moscou, est menacée de 5 ans de prison en vertu d’un article du Code pénal russe qui réprime l’activité politique.

Yula Galyamina. © Wikepidea Yula Galyamina. © Wikepidea
Yulia Galyamina, députée municipale de région à Moscou, est menacée de 5 ans de prison en vertu d’un article du Code pénal russe qui réprime l’activité politique. Vendredi soir, son appartement et datcha ont été perquisitionnés, son matériel informatique et de communication a été saisi. Après interrogatoire, elle a été libérée avec obligation de résidence.

 Yulia Galyamina, née le 23 janvier 1973 à Moscou, est une personnalité publique russe, journaliste et docteur en linguistique théorique. Depuis 2009, elle étudie les langues menacées de Sibérie. Elle est députée municipale de la région de Timiryazevsky.

 Elle fut rédactrice en chef du journal en ligne « Kasparov.ru ». En septembre 2017, elle a été élue députée municipale du district de la capitale russe. À l’été 2019, sa candidature a été rejetée par le « filtre électoral » aux élections à la Douma de Moscou. En janvier 2020, elle est devenue l’une des organisatrices de la campagne pour le « Non » à la modification de la Constitution qui permet à Poutine de rester au pouvoir à vie.

 Yula Galyamina est accusé d’avoir publié des slogans « Non à l’éternel Poutine », d’avoir appelé à se rendre le 15 juillet à un rassemblement sur la place Pouchkine à Moscou. 140 personnes ont été arrêtées par la police lors de cette action.

 Au cours des 180 jours précédents, Yula Galyamina a été plusieurs fois condamnée pour avoir participé à des manifestations pacifiques. Sa dernière arrestation date de juillet. Elle avait protesté contre l’arrestation du journaliste Ilya Azar. Elle tombe donc sous le coup de l’article qui réprime la violation répétée de la procédure pour la tenue d’actions publiques. Les infractions sont requalifiées en délit et rejugées au pénal. La peine encourue est de cinq ans de prison. La menace d’emprisonnement est bien réelle, puisque Constantin Kotov a été condamné à quatre ans et demi de prison ferme pour des faits identiques.

 La Douma d’État a adopté une loi interdisant les personnes réprimées selon cet article de se présenter aux élections législatives. Yula Galyamina ne pourra pas donc être député du parlement russe, si elle était condamnée.

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