Répression des mères de Beslan.

En ce jour de douzième anniversaire du massacre de Beslan en Russie, des personnes ont tenté de rendre hommage aux 334 victimes. Elles ont toutes été arrêtées par la police de Poutine. Parmi elles cinq mères d’otages, dont certains ont péri dans cette tragédie.

Arrestations pour commémoration de victimes © B l,

Le 1er septembre 2004, des terroristes avaient pris en otage un millier de personnes dans une école de Beslan au Caucase du Nord. Les autorités russes ont pris la décision de cesser les négociations et de prendre d’assaut le bâtiment. L’attaque a tué 334 personnes, dont 186 enfants. Au cours de celle-ci, les forces de fédérales ont fait usage de lances coquettes « Chmel ». Une telle décision avait été prise également deux ans plus tôt lors de la prise d’otages au théâtre Nord-Ost à Moscou. La police avait alors tué 150 otages en les asphyxiant avec un gaz dont la composition n’a pas encore été dévoilée. Personne ne doute que l’ordre de ces assauts a été donné par le président Vladimir Poutine lui même. Les responsables de ces massacres n’ont pas encore été inquiétés.

Massacre de Beslan © Russian calls Massacre de Beslan © Russian calls

Le 1er septembre 2016, des mères d’enfants morts à Beslan ont organisé une manifestation afin de commémorer cette tragédie. Elles sont venues à l’école vêtue de T-shirts portant l’inscription « Poutine, bourreau de Beslan ».

 

  • ·         Ella Kesaeva, fille de 12 ans otage,

    ·         Emma Betrozova, toute sa famille a péri : mari Ruslan, fils Alan16 ans, et Aslan 14 ans,

    ·         Jeanne Tsirihova était otage avec ses deux filles, l’une d’elles âgée de 8 ans a été tuée,

    ·         Svetlana Margieva était otage avec sa fille Elvira qui est morte dans ses bras,

    ·         Émilia Bazarova, otage avec son mari, sa belle-mère et ses deux fils. L’un d’eux, Aslan, âgée de 9 a été tué.

Alors qu’elles pénétraient dans l’école, des agents en civil les ont éloignées d’une délégation officielle dirigée par Vyacheslav Bitarová, président d’Ossétie du Nord. Accompagnées par une dizaine d’autres femmes en pleurs, elles exigeaient une enquête impartiale.

Elles ont toutes les cinq été arrêtées violemment, ainsi que Helena Kostyuchenko, journaliste de « Novaïa Gazeta », et Diana Khachatryan, correspondante d’une publication internet. Ces deux derniéres, Kostyuchenko et Khachatryan, ont été les seules qui ont photographié ces femmes vêtues de T-shirts. Elena Kostyuchenko témoigne : « Plusieurs fois des hommes m’ont demandé d’arrêter de filmer. J’ai refusé ». Les autres journalistes ont délibérément détourné leur caméra.

Elles ont été accusées d’avoir tenu une réunion illégale, de violation de l’ordre public et de désobéissance à la police. Des procès-verbaux d’infraction ont été dressés à leur encontre. Elles seront jugées. Les deux journalistes ont été libérés sans procès verbal, mais tout de même sans excuses.

Mères violentées par la police © Novaya gazeta Mères violentées par la police © Novaya gazeta
Mères de Beslan © Méduza Mères de Beslan © Méduza

Dans d’autres villes de Russie, des personnes ont tenté d’honorer les victimes du massacre de Beslan. La réponse des autorités a été l’arrestation des participants à ces manifestations. À Moscou, Viktor Kapitonov et Dmitri Jdanov ont voulu effectuer cette commémoration devant le bâtiment de l’administration présidentielle. Victor Kapitonov et Vladimir Malo, aide de Dmitri Jdanov invalide, ont été arrêtés. Dmitri Jdanov n’a pas pu être embarqué dans le fourgon cellulaire. La police l’a abandonné, privé d’aide dans son chariot d’invalide sur le trottoir. Voir la vidéo.

Dernières nouvelles.

Les mères ont été condamnées séance tenante au cours d’un procès qui s’est terminé à trois heures du matin :

  •  Ella Kesaeva, Svetlana Margieva et Emilia Bazarova à 20 heures de travail obligatoire, car trop pauvres pour payer d’amende.
  • Jeanne Tsirihova et Zime Pétrozova ont été condamnées à 20.000 roubles. Cela correspond à deux salaires mensuels minimums russes environ.

 

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