Le Kremlin a infiltré l’Élysée.

Les réseaux de Poutine en France infiltrent des organisations politiques diverses, syndicats, milieux d’affaires, etc. Les services secrets russes ont hérité de l’époque soviétique des méthodes de recrutements capables de débaucher des taupes dans les plus hautes sphères de l’État. Leur derniere recrue : Alexandre Benalla.

De quoi parlent-ils ?J-L Haguenauer représentant de I. Makhmudov et A. Banalla © Document Médiapart. De quoi parlent-ils ?J-L Haguenauer représentant de I. Makhmudov et A. Banalla © Document Médiapart.
Poutine est le parrain d’Iskander (Kakhramonovich) Makhmudov, membre du groupe criminel Izmaïlosky. Il s’appelle lui-même « le soldat fidèle de Poutine ». Ses affaires fleurissent grâce au président russe lui-même, Vladimir Poutine.

Emmanuel Macron est le parrain d’Alexandre Benalla et du gendarme Vincent Crase. Le président français leur procure une immunité totale et des passe-droits exceptionnels publiés dernièrement par la presse.

Les protégés de l’Élysée ont sous-traité à Iskander Makhmudov  leur relation avec Emmanuel Macron en concluant avec l’homme d’affaires russe un contrat de « protection ». L’oligarque Iskander Makhmudov  possède des intérêts considérables en France et en Europe en général. Il a besoin de protection au plus haut niveau. Makhmudov  peut appeler son obligé Benalla qui est à l’oreille du président Macron. Pouvait-on trouver un meilleur intermédiaire avec le président français ?

Le coup de maître d’Iskander Makhmudov  est d’avoir recruté un sous-marin dans l’intimité du couple présidentiel. Macron est prêt au suicide politique et moral pour protéger son ami que l’on dit intime. « Qu’ils viennent me chercher », il a déclaré après avoir demandé de l’indulgence pour lui. Peut-être que Macron est l’otage de Benalla. Ce dernier sait tant de choses. Adieu l’État de droit ! Bonjour la mafia !

En Russie, on dit que tout peut être obtenu sous réserve de pouvoir répondre à deux questions : « Combien, et à qui faut-il payer ? » Pour le multimilliardaire russe, la première question « combien ? » n’est pas la plus importante ! Makhmudov peut payer. On peut sacrifier quelques centaines de milliers d’euros pour sauver des milliards. La question principale est « à qui ? » Il faut « intéresser » des personnalités de premier rang. La mafia utilise un langage aseptisé. Par « interesser », comprenez « corrompre ». En Russie, on parle de « toit », c’est à dire d’une autorité administrative, politique, judiciaire qui permet de s’affranchir en toute impunité de la loi. Un mot a été inventé pour cela : « Krychévanie », c’est-à-dire fournir un toit « Krycha ». Le succès des affaires dépend de cette houlette et surtout de son autorité.

Alexandre Benalla et le gendarme Vincent Crase, parallèlement à leurs activités élyséennes, ont conclu secrètement dans un but mercantile un contrat avec le groupe Izmaïlovosky représenté en personne par Iskander Makhmudov.

Le Kremlin contrôle les activités mafieuses tant en Russie avec le FSB, qu’à l’étranger avec le GRU. Macron a déclaré craindre des manipulations par la russosphère en France. Il s’inquiète des informations répandues par Russian Today et Spoutnik dans notre pays. Mais les services spéciaux français et lui-même ne sont pas intéressés par les relations pour le moins troublantes de Vincent Crase et d’Alexandre Benalla avec ces mêmes réseaux russes en France. Il sera difficile de justifier des rémunérations de 300.000 euros pour une d’activité hypothétique temporaire de protection. D’autres services ou informations auraient-ils été la contrepartie de ce contrat ? Alexandre Benalla partageait l’intimité élyséenne. Il était habilité au secret « défense ». Il a possédé jusqu’au 11 janvier 2019 sans fonction officielle un téléphone ultra-sécurisé Thales, utilisé par les militaires pour rentrer en contact avec le président Macron et ses proches. Quel négoce a fait Benalla des secrets dont il disposait ? Sont-ils contrepartie des émoluments offerts si généreusement par les employeurs parallèles et étrangers des deux hommes ? Et pourquoi le pouvoir les autorise-t-il à se rencontrer pour organiser la disparition des indices compromettants ?  

De quoi parlent-ils ?Jean-Louis Haguenauer représentant de Izkander Makhmudov joue au baby-foot avec et Alexandre Banalla © Document Médiapart. De quoi parlent-ils ?Jean-Louis Haguenauer représentant de Izkander Makhmudov joue au baby-foot avec et Alexandre Banalla © Document Médiapart.
Il est notoire que le GRU russe suit avec le plus grand intérêt l’évolution de la situation dans notre pays. Le samedi 1er décembre, j’étais avec un ami russe à la manifestation des gilets jaunes à Paris. Ce dernier ne parle pas français. Depuis des années, il est poursuivi pour ses activités politiques par les agents des services secrets russes, et il est capable de les reconnaître au premier coup d’œil. Nous étions ensemble sur les Champs Élysées lorsque je l’ai perdu de vue. Il a voulu retourner à l’hôtel tout seul. Ne connaissant pas Paris, il a demandé en anglais, mais avec un fort accent russe, son chemin aux manifestants. Il s’est adressé à quatre hommes, dont trois avaient une apparence slave et une allure sportive particulière aux militaires d’active. Le quatrième, plus frêle, ressemblait à un Français. Il lui a semblé que ce dernier avait la tâche d’accompagner ce groupe. Ces personnes lui ont répondu en anglais, mais comme lui même avec un fort accent russe. Lorsque mon ami a compris que ses interlocuteurs étaient des Russes, il a reposé la question en russe. Cela a provoqué immédiatement la disparition de ces quatre personnages qui de toute vraisemblance ne voulaient pas être identifiés en tant que Russes à cette manifestation de gilets jaunes.
Emmanuel Macron accuse Russian Today France et Spoutnik d’intervenir dans les affaires françaises. Mais, il accepte que la mafia russe débauche son collaborateur au palais de l’Élysée ?

L’examen de la personne de Iskander Makhmudov nous aidera peut-être à expliquer le comportement du président français. Tout cela ne serait que des questions de grosses finances en définitive.

Iskander Makhmudov ne se destinait pas au business des matières premières russes, qui ont fait sa fortune par la suite. En 1984, il a obtenu un diplôme de traducteur militaire au département d’arabe de la faculté d’études orientales de l’université d’État de Tachkent. Sous l’ère soviétique, il a travaillé comme traducteur en Libye, en Irak et dans des sociétés de commerce extérieur Ouzbèke.

1990 fut une année décisive pour Iskander Makhmudov. Il s’est installé à Moscou, où il a rencontré les frères Cherny, deux caïds du groupe criminel Izmaïlovsky. Cette mafia est une des plus anciennes de Russie. Elle tient son nom du complexe hôtelier construit dans le parc Izmaïlovo en périphérie de Moscou pour les Jeux olympiques de 1980. Il s’agit d’un ensemble de milliers de chambres. La mafia Izmaïlovsky contrôle les centaines de prostituées qui y exercent. Les revenus du proxénétisme et du racket sont exportés sur des comptes situés principalement en Europe. L’organisation exporte également la revente des matières premières russes de Iskander Makhmudov et de ses partenaires, les frères Cherny. À cette occasion, l’imposition fiscale en Russie est « optimisée », selon une expression chère à notre président Macron. Dès le début de la privation des biens soviétiques, Iskander Makhmudov a participé à la privatisation de l’usine d’aluminium de Pavlodar au Kazakhstan et d’une série de combinats miniers, métallurgiques et de métaux non ferreux en Russie dont il est devenu actionnaire et/ou directeur. Cette privatisation a été le résultat d’une bataille sans pitié entre les oligarques et souvent contre le personnel qui défendait son entreprise. Iskander Makhmudov a arrosé les groupes de travailleurs protestataires qui lui bloquaient l’entrée de leur usine avec des pompes à incendie par des températures de moins 20 degrés pour les chasser. Les oligarchies chaperonnées par le pouvoir ont été les bénéficiaires du pillage sans pitié des biens de l’État.

Des 1995 Makhmudov et les frères Cherny ont pris ainsi le contrôle d’une partie de l’industrie minière russe en Sibérie, dans l’Oural et en Russie centrale. Il s’agit de gisements charbonniers, d’usines d’enrichissement de minerais, de production d’aluminium, de cuivre, de nickel et de cobalt. L’extraction et la transformation s’effectuent dans des conditions catastrophiques pour l’écologie locale. À Voronej, l’extraction du nickel a provoqué une pollution définitive des terres agricoles « Chernoziom », les plus fertiles au monde. La population s’est soulevée pour exiger la cessation de ces activités minières, dont la production est exportée à prix coûtant, et parfois à perte afin d’esquiver une imposition fiscale en Russie. Le lessivage de la fraude, « optimisation » fiscale, est effectuée en Europe. Au cours de la première moitié des années 2000, les exportations de cuivre de la Société minérale et métallurgique de l’Oural (SMMO) de Iskander Makhumov ont finalement abouti entre les mains d’un acheteur offshore, Glencore International, qui a lui-même revendu ce cuivre à London Metal Exchange à des prix proches des cours mondiaux. Il en est de même avec les exportations de charbon de Makhmudov et de sa société Kuzbassrazrezugol. Le charbon de cette société a été fourni au négociant autrichien Krutrade et à Glencore Corporation.

Cette fraude n’inquiète nullement tant les autorités russes qu’Européenne. Iskander Makhmudov a acheté de l’immobilier en France, un yacht « Prédator » pour un prix de 70 millions d’euros. Il avait besoin de protection pour sécuriser ses biens et sa personne dans notre pays, c’est a dire d’établir une relation au plus haut sommet de l’État en embauchant Alexandre Benalla et le gendarme Vincent Crase. Le coût de cette corruption : 300.000 euros. Une avance seulement. La mafia russe tisse ses liens secrètement. Médiapart a rompu le silence. La justice française poursuit le lanceur d’alerte, Médiapart, et non le corrompu Benalla. Le réseau occulte établi avec la présidence française fonctionne. Iskander Makhmudov a bien choisi sa protection.

Izkander Makhmudov entretient des relations étroites avec toute la mafia russe en général. Il a été impliqué avec Oleg Deripaska dans des affaires de blanchiment d’argent par la police espagnole pour ses relations avec Gennady Petrov. Ce dernier est membre de la mafia Tambovskaya, accusée de racket, de commerce, de stupéfiants, de trafic d’influence. Vladimir Poutine est le parrain de cette mafia, de Gennady Petrov et de Izkander Makhmudov.

L’État français n’est pas la propriété exclusive de Macron ni de sa seule discrétion. Nous voulons la vérité sur l'enrôlement d'Alexandre Benalla, ami de Macron,  par la mafia russe.

 

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