Maïdan ne capitule pas !

Le 6 octobre 2019, des milliers de personnes ont protesté à Kiev contre la formule Steinmeier proposée par Poutine. Soutenue par l’Allemagne et la France, elle a été acceptée par le président ukrainien V. Zelensky. Des élections devraient définir le statut du Donbass. Kiev abandonne la Crimée, Sébastopol, la mer d’Azov et la libre navigation par le détroit de Kertch.

Andreï Illarionov © Ukrlive.tv

La réaction ne s’est pas fait attendre. Maïdan a bondi comme un seul homme en apprenant que la proposition Steinmeier, du nom du ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, a été acceptée par le président ukrainien Vladimir Zelensky. Le Donbass devrait déterminer par un vote son statut. Dans l’espace postsoviétique, la culture électorale est relativement sommaire. Le nombre de règlements de comptes, par arme à feu dans cette région surarmée où déambulent des soldats de fortune ou non, laisse douter de la sincérité de ce prochain vote. Il s’agit d’un saut dans l’inconnu.

Andreï Illarionov © Wikepidea Andreï Illarionov © Wikepidea
Andreï Illarionov est un économiste russe. En avril 2000, il fut nommé conseiller pour les affaires économiques du président Poutine. Il fera partie des libéraux. En raison de ses divergences, il finira par démissionner le 27 décembre 2005.

Invité par la chaîne ukrainienne Ukrlive.tv, il analyse quelles conséquences auraient la formule Steinmeier pour l’Ukraine. Elle entérinerait juridiquement l’abandon définitif des autres territoires annexés par la Russie : Crimée, Sébastopol, mer d’Azov et détroit de Kertch.

Le renoncement de Kiev à la Crimée rend automatiquement caduques les sanctions prises contre la Russie pour avoir annexé cette péninsule. La Russie avait été exclue du Conseil de l’Europe. Elle l’a réintégrée, annexions territoriales en poche, sans n’avoir rien restitué. Oubliées les 289 victimes du Boeing malaisien abattu par un missile russe au-dessus du Donbass, les 13.000 de la guerre de Poutine contre l’Ukraine et toutes les victimes de ses guerres précédentes.

On repart à zéro. Il n’y a plus qu’à rebondir une nouvelle fois et recommencer. Après les Tchétchénie, les Géorgiens, les Ukrainiens, les Syriens, à qui le tour ?

Le baiser de Brigitte Macron à Poutine donné à Brégançon a un prix : le sang de milliers de ses victimes, passées et futures.

 

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