Attaquée à l’acide, Catherine Gandziuk est décédée.

Le 31 juillet, la journaliste et militante anticorruption ukrainienne Catherine Gandziuk a été aspergée d’acide sulfurique près de son domicile. Malgré trois mois de souffrance, elle a continué son combat jusqu’à la mort. Elle est décédée le 4 novembre. Elle avait 33 ans.

Catherine Gandziuk © currenttimes
En 2012, Catherine Gandziuk avait cofondé « l’Agence pour le journalisme citoyen » et le site most.ks.ua. Il était destiné à couvrir les problèmes de politique locale de la région de Kherson. Il est devenu plus tard le seul média local axé sur le suivi des marchés publics et la dépense des finances publiques. Il effectuait des enquêtes et s’employait à lutter contre la corruption.

Catherine Gandziuk a été une militante active d’Euromaidan à Kherson et une adversaire du « Monde russe » en Ukraine. Après l’annexion de la Crimée par la Russie et dès le début de la guerre dans le Donbass, elle a organisé des collectes de fonds et de vêtements pour aider les réfugiés. Elle a assisté juridiquement le Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Elle est devenue conseillère du maire de Kherson. Elle dénonçait le meurtre des militants civils et la passivité de la police et des autorités locales qui n’ont pu découvrir un seul commanditaire des 40 dernières agressions qui se sont produites au cours de l’année écoulée.

Le 31 juillet, elle a été aspergée avec de l’acide sulfurique. Brûlée à 30 %, elle est décédée le 4 novembre après avoir subi 11 opérations.

Cet assassinat fait partie d’une longue série qui frappe régulièrement les journalistes et opposants russes en Ukraine. Parmi les victimes, on se rappelle les noms de Pavel Cheremet, Gueorgui Gongadze, Denis Voronenkov.

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