Casimir est invalide. Reclus depuis 2011 dans une pièce de 25 min 2 s à Penza en Russie, il a relié son appartement à internet. Il a créé une chaîne YouTube sur laquelle il décrit les malheurs de sa région soumise à la toute-puissance du pouvoir local.
Le sort de Casimir est semblable à celui de tous les invalides provinciaux russes. Sa pension est de 15 000 roubles/mois (200 euros) dont les trois quarts servent à payer le loyer et les médicaments. Casimir ne reçoit aucune visite de médecin ou de travailleur social. Toutes les questions sont traitées par téléphone ou internet. Elles restent pour la plupart sans réponse. Une connaissance s’occupe de lui et lui fait les courses.
En 2013, Casimir a commencé à demander à l’administration un fauteuil roulant qu’il n’a obtenu qu’en 2018 grâce à une émission diffusée sur la chaîne YouTube « Zakon et Poriadok » de Valery Antonov. Depuis, ce canal a été fermé par les services de censure du Kremlin.
Les portes intérieures de l’appartement de Casimir sont plus étroites que son fauteuil roulant. Il est donc confiné dans une seule pièce sans pouvoir aller à la cuisine et aux toilettes. Le pouvoir refuse d’effectuer des travaux pour élargir les portes et ne lui repropose pas un autre appartement. Casimir est donc contraint de vivre jusqu’à la fin de ses jours dans cette unique pièce. Il a cessé totalement de sortir à l’air libre en 2012, car son appartement est au 2e étage. Son fauteuil roulant ne peut pas emprunter l’escalier. Il a envoyé à l’administration la documentation des équipements nécessaires pour permettre le passage de son fauteuil dans l’escalier. En vain ! L’administration refuse de le reloger dans un appartement situé au rez-de-chaussée ou qui posséderait un ascenseur.
Casimir s’est lui-même bricolé une potence qui lui permet de se lever le matin et de faire les exercices indispensables pour ralentir l’atrophie de ses jambes.
Il dénonce les hommes du pouvoir, les voleurs qui pillent le pays. Les fonds sociaux détournés manquent cruellement aux indigents. Casimir regrette de ne pouvoir sortir pour effectuer des reportages et des interviews qui documenteraient ses vidéos.
L’administration a déposé plainte contre Casimir, car elle considère que ses questions pertinentes portent atteinte à son honneur et à sa dignité. Les questions de casimir peuvent se résumer en une seule : « Où est passé notre argent ? »