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Sujets fédéraux de la Fédération de Russie © Wikipidea Sujets fédéraux de la Fédération de Russie © Wikipidea

 

Comment sera la Russie de demain ? Aujourd’hui, l’État russe a été totalement accaparé par une organisation mafieuse. Poutine la dirige. La constitution, tous les pouvoirs, c’est lui. Le pillage du pays se poursuit d’une manière effrénée. Propagande et répression s’imposent. Tchétchénie, Géorgie, Crimée, Donbass et à présent Syrie, les guerres se succèdent. Le rouble, symbole de l’économie, s’effondre et le pays avec lui. Tous les scientifiques sont d’accord sur un point. La Fédération de Russie, dans son état actuel, va disparaître. Certains tentent d’élaborer des scénarios possibles de cette décomposition structurelle. Certes, il s’agit d’une gageure ardue étant donné les réactions inopinées inhérentes au pouvoir personnel. Il est impossible de déterminer avec précision tous les détails et péripéties futurs. Néanmoins, tous sont d’accord sur deux formes de variantes possibles : mauvaise ou très mauvaises. Plus explicitement, il est difficile de déterminer avec précision le nombre de morts que cette désarticulation bicontinentale provoquera.

L’analogie avec des événements passés est souvent utilisée pour tenter d’appréhender le futur. La dislocation de la Fédération de Russie sera-t-elle une répétition de la déconfiture de l’URSS, du fiasco de l’empire tsariste ou de la débâcle de l’empire mongol tatar ? L’empire russe se démembrera-t-il comme l’empire colonial français, portugais ? Poutine finira-t-il comme Kadhafi, Moubarak ou Ben Ali ? Cet État multiracial, multinational, multiconfessionnel, croulera-t-il sur lui même ? Comme certains mécanismes, se démontera-t-il selon l’ordre inverse de son assemblage, en commençant par la fin, c’est-à-dire par sa périphérie ? Incapable de se réformer, de se moderniser et surtout de se démocratiser, la Russie actuelle est condamnée à disparaître. La seule issue est la désagrégation.

Le 7 janvier 2016, la revue Business Views a publié cet article. Il prévoit comment sera la Russie future. Certes, il ne s’agit que d’une première étude qu’historiens, économistes, politologues et ethnologues devront affiner.

Les conséquences économiques de l’effondrement de la Fédération de Russie.  Que des faits sans émotion.

 L’effondrement de la Fédération de Russie ne conduira pas au chaos des régions. Au contraire, le potentiel économique de la plupart des nouveaux États sera capable d’assurer une vie décente à leur population. La possibilité des élites régionales actuelles de contrôler le territoire assurera l’ordre.

 Ces deux dernières années, blogueurs et publications sérieuses traitent souvent de l’effondrement imminent de la Russie. Mais la majorité de ces articles sont avant tout émotionnels et pour la plupart railleurs. Même l’organisme respecté « Stratfor » expose  ​ ​les causes de l’effondrement prochain de la Fédération de Russie avec des termes utilisés dans la presse sentimentale : « La déliquescence de Moscou à pouvoir maintenir et contrôler les régions crée un vide... pour cette raison « il est peu probable que la Fédération de Russie puisse survivre dans sa forme actuelle. »

Pour la majorité des régions de la Fédération de Russie, l’indépendance renforcera probablement l’économie des régions et le bien-être de leurs résidents, quoique les indicateurs économiques actuels pourraient faire douter de cela. 

Moscou rejette les régions

Le pouvoir russe actuel est principalement préoccupé par l’enrichissement de ses « élites ». Tous ses efforts sont destinés à se maintenir en place. Peut-être que pour cette raison, un jour, les composantes de la Fédération de Russie se poseront cette question : « Est-il utile de continuer à vivre avec Moscou la démente ? »

Cette question a fréquemment surgi depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Les tentatives séparatistes de la Tchétchénie se sont transformées en deux guerres sanglantes. Maintenant, en Russie il existe les partisans du prétendu « Émirat caucasien », État autoproclamé qui revendique le Caucase du Nord et qui agit selon des méthodes terroristes.

Le Tatarstan a tenté par des voies pacifiques d’être indépendant. Durant quelques années, cette République fédérale moderne a estimé être un État indépendant.

On a essayé aussi d’améliorer le statut des sujets fédéraux afin qu’ils obtiennent plus de pouvoirs au sein de la Fédération. Mais Moscou n’a pas accepté ces propositions et leurs initiateurs ont été limogés. 

Actuellement, la Fédération de Russie est composée de 83 sujets fédéraux, Crimée et Sébastopol occupées non comprises. Ils sont à la base de l’apparition de futurs États.

Il y a 3 raisons théoriques selon lesquelles un État peut faire sécession avec la Fédération de Russie :

  • -  La volonté de gérer lui-même ses propres ressources naturelles ;
  • -  Un sentiment national ;
  • — Des liens économiques étroits avec d’autres pays.

Certes, il est possible que des États aient des motivations multiples, mais dans cet article la classification se fera en fonction de la raison la plus probable de sécession.

1 — Les États qui feront sécession en raison de leurs richesses naturelles.

Bashkortostan

En 1917, le Bashkortostan a été la première autonomie nationale territoriale au sein de la Fédération de Russie. Il y a légèrement plus de Russes que de Bachkirs (36 % contre 29 %, respectivement, et encore 25 % de Tatars), mais le Bashkortostan est une région pétrolifère. Le pétrole y est extrait, raffiné et utilisé dans l’industrie. Le Bachkortostan, pour la quantité de pétrole extrait par tête d’habitant, occupe la 21e place dans le monde avec la Libye.

 La république d’Astrakhan

Maintenant, Astrakhan est une ville russe. La région d’Astrakhan est principalement russe, mais Kazakhs et Tatars y vivent aussi. Dans le passé, ces terres faisaient partie de l’empire de la Horde d’Or et du khanat d’Astrakhan qui fut annexé en 1556 au royaume de Russie par Ivan le Terrible.

La région d’Astrakhan  pourrait devenir la République Astrakhan. Elle serait la deuxième région au monde pour l’extraction de pétrole par tête d’habitant.

 Le gouvernement russe régional actuel ne dispose pas de cet argent et Astrakhan est l’une des cinq villes ayant la population la plus pauvre de Russie. Peut-être que le gouvernement de la prochaine république pétrolière indépendante aura accès à ces ressources ? Comparez avec le Quatar le niveau de vie actuel de cette région qui occupe le deuxième rang dans le monde en termes de production de pétrole par habitant.

Bouriatie

La République actuelle de Bouriatie formera un seul État avec la Transbaïkalie apparue dernièrement en 2008 après l’unification de la région de Tchita et le district autonome bouriate d’Agin. Bien que la Bouriatie actuelle soit la République des Bouriates, la majorité de sa population est russe comme dans le territoire de Transbaïkalie.

Dans ce nouvel état est concentrée à 90 % de l’exploitation minière de l’uranium russe actuel.

 Komi

Vous avez certainement entendu parler de la Bouriatie, mais il est peu probable que l’on vous ait parlé de Komi. Il y a pourtant une république Komi en Fédération de Russie. 65 % de la population est russe, 2 % Komis et, surprise, 4 % sont des Ukrainiens. Elle possède une forêt vierge unique. C’est la plus grande forêt intacte d’Europe, classée par l’UNESCO, car nous sommes toujours en Europe.

Le district autonome des Nenets possède une population de 42.000 personnes, dont 18 % sont Nenets. Pour autant que ses chemins de fer et routes sont connectés avec la République de Komi, le district des Nenets s’unifiera avec cette dernière, bien qu’actuellement il y a des liaisons avec la région d’Arkhangelsk.

De plus, l’archipel de la Nouvelle Zemble s’associera avec la région de Komi. Actuellemement, il fait partie de la région d’Arkhangelsk. C’est un territoire interdit. Pour y entrer, il faut un laissez-passer. Dans le passé, il y avait un site d’essai nucléaire soviétique. De 1955 à 1990, il y a été fait 135 explosions nucléaires. Il y a également des stockages de déchets radioactifs.

Don et Kuban

Historiquement, le Don et le Kuban, c’est-à-dire les régions de Volgograd, Rostov, Krasnodar et le territoire de Stavropol, sont destinés à s’unir en un seul État qui occupera la première place mondiale pour la production de céréales par tête d’habitant.

 Yakoutie

La République de Sakha (Yakoutie) est la plus grande région de la Fédération de Russie et l’unité administrative et territoriale la plus grande dans le monde. Après l’effondrement de la Fédération de Russie, elle rejoindra le district autonome de Tchoukotka, car la Yakoutie a besoin d’un accès à l’océan Pacifique.

En Yakoutie, on extrait 90 % des diamants russes, de l’or, pétrole, gaz et charbon.

République de Sibérie

En Sibérie, il y a des précédents historiques pour une revendication de souveraineté. Au cours des années 1850, parmi l’intelligentsia sibérienne, était né le « régionalisme », un mouvement contre l’autocratie et pour la démocratie. Ces idées n’ont pas été réalisées et leurs partisans ont été arrêtés par la police tsariste.  Mais en août 1917, à Tomsk, une conférence a adopté une résolution « sur le statut autonome de la Sibérie » au sein de la Fédération de Russie avec pouvoir d’autodétermination des régions et des nations. Et en septembre de la même année, le premier Congrès régional sibérien a décidé que la Sibérie devait disposer pleinement d’un pouvoir législatif, exécutif et judiciaire, d’une Douma régionale sibérienne et d’un cabinet de ministres. Un certain temps, le Gouvernement provisoire de Sibérie a existé.

La Sibérie possède d’énormes gisements de minéraux.

L’État sibérien futur, dont le cœur est la région de Krasnoïarsk, englobera les régions d’Irkoutsk, Khakassia, le territoire de l’Altaï, Kemerovo, Tomsk, Omsk et Novossibirsk.

Fait intéressant, les territoires de Sibérie et de Yakoutie sont égaux en surface, mais la population de la Sibérie est 16 fois plus importante que celle de la Yakoutie.

Tatarstan

En 1990, le Soviet suprême de la République soviétique du Tatarstan a adopté une déclaration de souveraineté nationale et en 1991, une décision d’indépendance de l’État du Tatarstan. Le nouvel État a souhaité adhérer à la CEI.  En 1994, le Tatarstan a signé un accord sur la délimitation des compétences entre les autorités de l’État de la Fédération de Russie et celles de la République du Tatarstan. Cette dernière a seulement alors définitivement confirmé faire partie de la Fédération de Russie.

En outre, le Tatarstan est la troisième région de Russie pour le volume de production de pétrole.

Voici un autre détail intéressant : selon une loi récente, les chefs des sujets fédéraux russes ne peuvent plus être appelés « président ». Ce mot est exclusivement réservé au président de la Fédération de Russie. Toutes les républiques, dont le dirigeant est nommé « président », ont dû modifier leur constitution et son appellation en conséquence. Il ne restait plus que le Tatarstan non obtempérant à la règle. Mais, ni son gouvernement ni sa population ne veulent appeler autrement le président.

République de l’Oural

L’Oural serait la frontière entre l’Europe et l’Asie. Son cœur est la région de Sverdlovsk dont les dirigeants ont tenté en 1993 de rehausser le profil en proclamant la République de l’Oural. Elle a vécu six mois. Quoique la décision de faire un référendum était soutenue par la population, le pouvoir fédéral n’a pas accepté. Il s’est soumis au décret du président Eltsine qui a dissous le Conseil régional de Sverdlovsk et destitué le chef de l’administration.

La future République de l’Oural sera composée des régions de Sverdlovsk, Tcheliabinsk, Kourgan, Kirov et de Perm. Dans ces régions, il y a l’infrastructure de la métallurgie russe.

Yugra

Yugra est le nom officiel de la région autonome de Khanty-Mansiysk en Sibérie. Avec le district autonome de Yamalo-Nenets, elle fait partie de la région administrative de Tioumen, même s’il s’agit en tout de trois régions administratives distinctes de la Fédération de Russie.

La région de Tioumen avec ses régions autonomes constitue un seul État, qui sera appelé simplement Yugra.

Déjà, elle extrait les 2/3 du pétrole et 85 % du gaz russes. Elle se situe au premier rang dans le monde pour l’extraction de ces ressources par tête d’habitant.

BusinessViews conseille à la future république indépendante d’Ugra d’organiser un fond qui serait chargé de gérer les bénéfices issus de l’extraction de ses ressources comme en Alaska. Alaska Permanent Fund perçoit 25 % des revenus du pétrole, et la moitié de ceux-ci sont distribués directement aux habitants par le biais de dividendes.

 République d’Orenburg

La majorité de sa population, soit 76 %, est russe. La région produit 3 % du gaz russe. Pour la production de gaz par tête d’habitant, elle occupe le 10e rang mondial.

 

2 — États, qui se sépareront de la Russie pour une raison nationale

Il y a en Russie de nombreuses républiques minoritairement peuplées par des Russes. Même si ces derniers constituent une majorité, la proportion des non-Russes augmente rapidement. Au fil du temps, les peuples autochtones pourront devenir plus influents et réclamer leur indépendance. Surtout, si la Russie s’est imposée par la force sur ces territoires par le passé.

Altaï

En Russie, il y a deux sujets fédéraux dénommés Altaï : la République de l’Altaï et le territoire de l’Altaï. Le premier fera partie de la République de Sibérie pour des raisons économiques, le deuxième devient un État indépendant. La part des Altaïens est de 34 %. Elle ne cesse de croître.

 Adyguée

Un quart de la population du pays est composée d’Adygues dénommé aussi Tcherkesses et Kabardins. La plupart d’entre eux sont musulmans. L’Adyguée va probablement devenir un État indépendant. Mais sa particularité est d’être entourée par la région de Krasnodar, qui fera partie de la République du Don-Kuban. Pour cette raison, l’Adyguée devra rentrer dans la composition de cette dernière.

Kalmoukie

Au début des années 1600, la Russie a étendu son pouvoir sur les nomades kalmouks qui se sont installés sur la basse Volga. Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités soviétiques ont déporté les Kalmouks en Sibérie. La moitié de la population n’a pas survécu à cette déportation. En 1956, les Kalmouks ont été enfin réhabilités.

Mari El

Les Maris sont un peuple finno-ougrien, qui jusqu’au début du XXe siècle, ne disposaient pas de leur propre état et ont vécu dans différentes provinces de la Russie tsariste. Aujourd’hui encore, la moitié des Maris vivent à l’extérieur de Mari El. Dans le cas d’indépendance, une partie de ceux-ci se déplacera pour vivre dans le nouvel État. Cela devrait augmenter leur proportion.

 Mordovie

La Mordovie surtout est connue pour ses camps de prisonniers politiques à l’époque soviétique.

 Touva

Aux frontières de la Mongolie, dans la Touva lointaine il y a le centre théorique de l’Asie. Le bouddhisme tibétain et le chamanisme y sont pratiqués en sus du christianisme orthodoxe.

Tchouvachie

Dans les années 1980-1990, la région se révèle être l’une des plus riches du monde et de l’Union soviétique en pétrole, métaux rares et or. Malgré cela, le manque d’infrastructures l’enferme encore dans un isolement quasi total.

 Daghestan

Ce territoire est revendiqué par « Émirat du Caucase », qui organise régulièrement des actes de terrorisme. La deuxième guerre de Tchétchénie a commencé au Daghestan où il y a sans cesse des affrontements armés.

Tchétchénie

C’est la région la plus tourmentée de la Fédération de Russie. Après deux guerres sanglantes, le Kremlin a écrasé l’opposition tchétchène pour remettre le pouvoir au dictateur Kadyrov. Une plaisanterie affirme que c’est la Russie qui a perdu la guerre, car elle paye à présent un tribut à la Tchétchénie pour lui rendre hommage. Cette idée a été exprimée par le journaliste russe Alexander Nevzorov et l’analyste politique Andreï Piontkovski.

L’Ingouchie

État frontalier avec la Tchétchénie.

 Kabardino-Balkarie et Karatchaïévo-Tcherkessie

Ce sont des petits États montagnards du Caucase du Nord. En Kabardino-Balkarie se trouve le point le plus élevé d’Europe : le mont Elbrouz.

 Ossétie du Nord ou Alania

L’Ossétie du Nord est l’un des premiers territoires que la Russie a annexés au Caucase du Nord. La première forteresse russe dans la région a été construite à Vladikavkaz, capitale de l’Ossétie du Nord. 

Actuellement, les Ossètes vivent dans deux pays différents : en Ossétie du Nord en Fédération de Russie et en « l’Ossétie du Sud ». Ce dernier est légalement situé en Géorgie, mais soutenu par la Russie. Il est géré par un régime pro-Kremlin.

 

3 — États qui quitteront la Russie en raison des liens économiques étroits avec d’autres pays

République d’Extrême-Orient

Les Russes désignent par Extrême-Orient les territoires où les fleuves s’écoulent vers l’océan Pacifique, ainsi que quelques îles voisines. Ils sont peu peuplés, mais immenses.  5 % de la population russe y vit alors qu’ils représentent 36 % de la surface de l’actuelle Fédération de Russie.

La structure de l’Extrême-Orient comprend l’Amour, Magadan, la région de Sakhaline, la Région autonome juive, le district autonome de Tchoukotka, le Kamtchatka, Khabarovsk, la région côtière Primorsk Krai, la République de Sakha (Yakoutie). Cependant, la Yakoutie deviendra un État indépendant auquel se rattachera le district autonome de Tchoukotka, car la Yakoutie a besoin d’une sortie sur l’océan Pacifique.

La Chine envisage de récupérer les territoires d’Extrême-Orient perdus dans la deuxième moitié de XIXe. Ce pourrait ne pas être le résultat d’une simple annexion, mais d’un peuplement de la région par de nombreux travailleurs migrants venus de Chine. Les dernières innovations de la législation russe favorisent fortement cet afflux. Le vice-président du gouvernement chinois a même proposé de créer une seule et même zone économique avec l’Extrême-Orient russe et le nord de la Chine.

 

La République Kaliningrad

Anciennement Koenigsberg, en 1945 la vieille ville allemande a été rebaptisée Kaliningrad et annexée par l’URSS. L’ancienne Prusse orientale est devenue la région russe de Kaliningrad.  

Avant la guerre, 370.000 Allemands peuplaient la ville. De ceux-ci, seulement 20.000 sont restés. En 1947, certains d’eux furent déportés en Allemagne par l’Union soviétique. Actuellement, la majorité de la population de la région de Kaliningrad est russe. Parmi eux, il n’y a pas de descendants de la population autochtone. Il n’y a pas de risque d’annexion de Kaliningrad par l’Allemagne, d’autant plus qu’il n’y a pas de frontière commune. La Pologne les sépare.

Mais la région de Kaliningrad est soumise à l’influence économique de la Pologne et de la Lituanie voisine. Ses habitants vont faire du shopping en Pologne. Ils sont désormais économiquement liés avec ces pays.

 La Carélie

Vous avez probablement entendu dire que les Finlandais veulent récupérer la Carélie. Il ne s’agit pas de la république russe de Carélie, mais seulement de l’isthme carélien, de Petsamo, Salla-Kuusamo et de certaines îles du golfe de Finlande, qui à la fin de la guerre soviéto-finlandaise ont été annexés par l’URSSS.

Mais dans le cas d’un effondrement de la Fédération de Russie, l’ensemble de la Carélie russe se trouvera sous la seule influence finlandaise, car il n’y a pas d’autre pays frontalier. En Finlande, le niveau de vie et l’économie sont beaucoup plus élevés. Comparer les villes russes, anciennement finlandaises, et leurs voisines toujours finlandaises est tout à fait convaincant. 

 Îles Kouriles

Les Kouriles sont une chaîne de 56 îles entre la péninsule russe du Kamtchatka et l’île japonaise de Hokkaido. Après la guerre, toutes les îles Kouriles ont été transmises à l’Union soviétique, mais le Japon n’a pas reconnu la juridiction soviétique, et à présent russe, sur les îles Etorofu, Shikotan, Kounachir et sur le groupe des îles Habomai. Selon le Japon, ces îles ne sont pas incluses dans la chaîne des Kouriles. C’est-à-dire qu’elles n’appartiendraient pas à la Russie.

Après l’effondrement de la Fédération de Russie, le Japon dominera économiquement ces îles, ou même les annexera. Sur l’île Iturup se trouve le plus riche gisement de rhénium au monde. Il y a également de l’or, de l’argent, du titane et du fer.

 La nouvelle République russe

Après cette nouvelle « parade de souverainetés », semblable à celle qui a emporté l’URSS en 1991, que restera-t-il de la Russie actuelle ? La prochaine Russie occupera seulement 12 % de son territoire actuel. Sa population sera divisée par deux. Cependant, son PIB par habitant sera le même que celui de la Slovénie, pays européen décent.

Mais la nouvelle Russie devra importer de l’énergie, les biens industriels et des produits agricoles.

L’effondrement de la Russie n’est pas une catastrophe, mais une bénédiction. Il contribuera à l’amélioration de sa situation politique. Il impulsera les réformes qui sont aujourd’hui si nécessaires, mais, semble-t-il, que la Russie d’aujourd’hui est incapable d’entreprendre et qu’elle ne verra jamais dans son état actuel. Ni la nouvelle République russe ni tout autre État post-russe ne pourra influer en Europe comme naguère « feu Fédération de Russie ».

http://businessviews.com.ua/ru/studies/id/ekonomicheskie-posledstvija-raspada-rossii-tolko-fakty-bez-emocij-970/

 

 

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