Cette action avait le même caractère que celle de l’artiste Pierre Pavlensky intitulée « Menace ». Il avait posé devant la porte de ce bâtiment après l’avoir incendiée. N'ayez pas peur ! Voilà leur message.
Les militantes ont déployé le drapeau ukrainien ainsi qu’une affiche « Liberté pour Savchenko, Sentsova et Koltchenko ». Parmi les slogans scandés : « Mort aux occupants du Kremlin ! », « Poutine doit être condamné », « Russie, retire tes chars », « La Crimée est ukrainienne ! », « Donetsk, c’est l’Ukraine ».
Véra Lavreshina et Elisabeth Nikitina ont exigé non seulement la libération de la pilote ukrainienne Nadejda Savchenko, d’Oleg Sentsova et d’Alexandre Koltchenko, mais aussi des tatars de Crimée, Ahtem Chiygoz, Ali Assanov et Mustafa Degermendzhi.
La police a réagi rapidement. Les deux militantes ont été arrêtées et jetées à terre. La police a essayé de leur arracher le drapeau ukrainien qu’elles ont retenu.
Véra Lavreshina a été libérée après avoir été inculpée pour violation de la loi réglementant les manifestations publiques. Elle risque une amende de 20.000 roubles. Elisabeth Nikitina a été écrouée en attente de son procés. Les chefs d’accusation sont inconnus pour le moment. Les deux militantes ont refusé de signer les actes d’accusation.
Déjà le lundi 7 mars, Véra Lavreshina avec huit autres militants avait fait au même endroit un piquet de protestation pour soutenir Nadejda Savtchenko en grève de la faim. Les manifestants avaient déployé le drapeau ukrainien et chanté l’hymne national ukrainien avant d’être arrêtés par la police.
« Aujourd’hui, nous brandissons la bannière de l’Ukraine indépendante pour exiger la libération de Nadejda Savtchenko, jeune femme héroïque, militaire et un membre du Parlement ukrainien. Elle a été enlevée en Ukraine par les agents du FSB russe et transférée sur le territoire de la Fédération de Russie pour être utilisée en tant qu’otage. Elle a été maltraitée » affirme les deux manifestantes.
« Nous exigeons la liberté pour tous les prisonniers politiques de la Fédération de Russie, dont le nombre ne cesse d’augmenter chaque jour. Les personnes sont mises en prison pour avoir simplement reposté une caricature sur internet, pour avoir participé à un piquet pacifique et silencieux. La Russie est devenue un pays épouvantail pour le reste du monde et même pour ses propres citoyens. Loubianka, comme la Bastille, doit être détruite ! » ont clamé les deux activistes.
Le 7 mars, la police avait alors réagi immédiatement. Cinq des piquets, Véra Lavreshina comprise, avaient été arrêtés et convoyés au poste de police. Les autres militants avaient réussi à s’échapper. Les arrestations avaient été brutales avec utilisation de prises douloureuses, dont la torsion des poignets. Les quatre militants avaient alors été accusés de violation de l’article 20.2 du Code administratif concernant les manifestations publiques. Le cinquième détenu, Alexandre Makarov a été accusé de désobéissance aux injonctions policière.