Perquisition généralisée des bureaux de Navalny en Russie.

Ce matin, la police russe a entrepris la perquisition de toutes les représentations du Fond anticorruption d’Alexey Navalny en Russie sous prétexte de « blanchiment d’argent ». Celui qui a dénoncé la corruption des plus hauts dirigeants du pays se retrouve lui-même accusé de malversations. Mais cette fois-ci les autorités judiciaires réagissent.

Selon les premières estimations, depuis ce matin la police perquisitionne les représentations du Fond anticorruption d’Alexey Navalny dans au moins 41 villes tant européennes qu'asiatiques de la Fédération de Russie. Il y a parfois plusieurs bureaux dans une même ville et ceux-ci sont tous perquisitionnés. Tout le matériel informatique et de communication est saisi. Des personnes ont été mises en garde à vue pour interrogatoire. Selon Leonid Volkov, collaborateur d’Alexey Navalny, au total, 94 ordonnances de perquisitions ont été rendues. Début septembre, des perquisitions avaient déjà été effectuées dans les bureaux moscovites et dans cinq sièges régionaux du Fond anticorruption.

Cette avalanche policière a été déclenchée par l’ouverture d’une enquête judiciaire pour blanchiment d’argent. Alexey Navalny publie régulièrement des vidéos dénonçant la corruption des dirigeants russes et de l’entourage de Poutine. Ces documents nous font visiter leurs résidences somptueuses tant en Russie que dans le reste du monde. La plus célèbre intitulée « Il n’est pas votre Dima » nous a présenté le palais du Premier ministre Dimitry Medvedev. La justice russe n’a réagi à ces occasions qu’en ordonnant le retrait de ces vidéos jugées diffamatoires.

Alexey Navalny ainsi que d’autres opposants russes ont été interdit dernièrement de se présenter aux élections de la Douma de Moscou. Pour la plupart, ils ont été emprisonnés lors de la campagne électorale. Cela n’a pas empêché le pouvoir d’essuyer pour la première fois un échec relatif par rapport aux élections précédentes. Ces opposants ont appelé au « vote intelligent », c’est-à-dire à voter pour n’importe quel autre candidat de l’opposition. Le parti du pouvoir « Russie unie » a essuyé un échec relatif, mais historique en n’emportant que 25 sièges sur 45, malgré la fraude électorale.

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