Russie : le FSB gère les élections.

Au centre de Moscou, des militants ont dénoncé l’inconstitutionnalité de la candidature de Poutine aux élections présidentielles. Ils ont été arrêtés.

Arrestation de constitutionnalistes © Mouvement 14%

Les militants du « Mouvement 14 % » font tous les 12 du mois une lecture publique de la Constitution russe. Ils lisent les articles de ce texte adopté par référendum le 12 décembre 1993. Ces lectures se veulent pédagogiques. Ce mouvement s’intitule 14 % par dérision, car la propagande officielle chiffre à 86 % l’opinion favorable à Poutine dans le pays. Ses militants s’efforcent de rappeler que les lignes inscrites dans le marbre de ce nouvel État naissant qu’était alors la Fédération de Russie garantissaient les libertés de pensée, d’expression et de réunion. Le peuple sera la source du pouvoir. Hélas, la lecture publique de ce texte sacré se termine régulièrement au poste de police et se prolonge devant les tribunaux où les militants sont condamnés immanquablement à des amendes, dans le meilleur des cas.

La véritable source du pouvoir en Russie, ce n’est pas son peuple multinational, mais l’ex-directeur du FSB, Vladimir Vladimirovitch Poutine, devenu président à vie. Voilà une réalité qu'il faut bien constater.

Le 5 novembre 1998, la Cour constitutionnelle avait arrêté que deux mandats présidentiels consécutifs constituent la limite extrême autorisée par la constitution (Конституционный предел). Cela n’a pas empêché Poutine d’effectuer un troisième mandat, qui était en réalité un quatrième, puisqu’il avait rocqué avec son ami Medvedev lors du tour précédent. Il s’apprête à présent à briguer un quatrième, qui sera en réalité un cinquième.

Après avoir déclaré sur la place publique que la candidature de Poutine aux élections présidentielles n’était pas admissible, les militants du « Mouvement 14 % » ont été tous arrêtés. Le FSB a utilisé, selon son habitude, des provocateurs qui n’ont pas été inquiétés. Des élections libres ne peuvent avoir lieu que dans un pays libre.

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