Russie, le putsch de la dernière chance.

Poutine n’est pas éternel. Il pourrait emporter avec lui dans la tombe la Fédération de Russie. Une union des forces patriotiques, des monarchistes aux communistes, avec l’armée, le FSB et la police est indispensable pour s’opposer à un maintien des libéraux au pouvoir et à l’intronisation d’Alexey Navalny.

Colloque ROY-TV © ROY-TV.

En août 1991, l’armée soviétique n’a pas soutenu le putsch du KGB. Elle est restée dans ses casernes. Mal lui en a coûté. Les libéraux en la personne d’Eltine ont pris le pouvoir. L’URSS, l’armée soviétique se sont effondrées. Un sort semblable se reproduirait si l’Eltsine actuel, Navalny prenait le pouvoir.

Une alliance des forces patriotiques, des monarchistes aux communistes, avec toutes les forces armées du pays est indispensable pour éviter une ingérence étrangère représentée par Navalny. Elle serait comparable à l’intervention des puissances occidentales et du Japon lors de guerre civile russe. Elles avaient  tenté alors de modifier le cours des événements.

Ce colloque, dont je publie des extraits sous-titrés, a été organisé par Maxime Kalachnikov spécialiste du complexe militaro-industriel soviétique et futurologue.

Les participants:

  • Vladimir Kvachko, docteur en sciences militaires et colonel du renseignement militaire russe. Il vient d’être libéré après avoir purgé sept ans de prison.
  • Constantin Sivkov, docteur en sciences, expert militaire.
  • Igor Grikin, alias Igor Strelkov, colonel de réserve du FSB, a pris part aux combats en Transnistrie, puis en Bosnie en 1992 et 1993. Il a fait les deux guerres de Tchétchénie et a participé à l’annexion de la Crimée. Ancien ministre de la Défense de la république du Donets, il est impliqué dans la destruction du Boeing malaisien dans le ciel du Donbass. Cette tragédie a coûté la vie à 289 personnes.

Les participants définissent deux groupes au pouvoir depuis 1991.

  1. Avec Eltsine, la première vague, soit les libéraux qui ont pris les commandes de l’état et de son économie.
  2. La deuxième vague, constituée des serviteurs de l’État, qui occupent des forces subalternes au FSB, dans l’armée et dans la police.

Au jour J, ces derniers ne devront pas rester passifs comme en août 1991. Ils devront recevoir des ordres clairs de la part des forces patriotiques pour s’opposer aux libéraux, appelés ici les « libérastes » et représentés par Navalny. Les participants aux colloques affirment tous : « Mieux vaut un Poutine moribond, qu’un jeune Navalny ».

Quand aura lieu le jour J ? Face à une situation intérieure catastrophique, le seul faire-valoir de Poutine reste la politique extérieure, comme en son temps pour Gorbatchev. Une défaite extérieure emportera Poutine sur le champ. Ce sera le moment d’agir pour souffler le pouvoir aux libéraux. Comme avait dit Lénine : « Hier, c’était trop tôt. Demain, ce sera trop tard ».

En deux jours, la situation peut se retourner au Donbass. Igor Girkin, ancien ministre de la république du Donetsk sait de quoi il parle. Le front est dégarni. Les troupes ne sont pas motivées. Avec un blitzkrieg, l’Ukraine peut prendre les capitales Lougansk et Donetsk en un ou deux jours. Une contre-offensive de l’armée russe désignée sous nom de code « vent du Nord » ne pourrait pas renverser la situation à temps, et peut-être ne pas se produire. Une réaction occidentale pourrait transformer en camp de prisonniers et prendre en otage le contingent russe basé en Syrie. Toutes les voies de communication maritimes et aériennes sont entre les mains de l’OTAN.

Ce sera le moment d’effectuer un putsch à Moscou et de s’emparer d’un pouvoir désemparé. Non pas par un putsch d’opérette comme en 1991, mais un véritable coup d’État préparé par les forces politiques patriotiques appuyées massivement par les forces armées. Ce sera la dernière chance des militaires russes, s’ils ne veulent pas être réduits honteusement à la misère comme les soldats de l'Allemagne de l'Est, Saddam-Hussein en Irak ou de Yanoukovitch en Ukraine.

Ce sera surtout la dernière chance pour sauver la Fédération de Russie de l’effondrement, selon eux.

 

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