Le Cheval de Troie russe en France.

Que font des paramilitaires Russes dans les manifestations parisiennes des Gilets jaunes ? Nos médias, notre renseignement, nos autorités ne veulent pas les voir, pourtant ces hommes ont un rôle bien défini. Ils mènent une guerre hybride. La guerre hybride, c’est la guerre !

Их там нет. © Pierre HAFFNER Их там нет. © Pierre HAFFNER
Que peuvent bien faire des paramilitaires Russes dans les manifestations parisiennes des Gilets jaunes ? Nos médias, Médiapart inclus, notre renseignement, nos autorités ne veulent pas les voir, pourtant ces hommes ont un rôle bien défini dans ces actions turbulentes qu’ils fréquentent depuis 2018, selon mes informations.

Nous irons chercher la réponse à la « Table ronde » organisée par l’Académie militaire de l’État-major russe qui s’est déroulée dans le cadre du forum international « ARMY-2020 » du 22 au 28 octobre dans la banlieue de Moscou. Un participant, Konstatin Sivkov

Konstantin Sivkov © by.24.org Konstantin Sivkov © by.24.org
, docteur en sciences militaires, membre de l’académie militaire russe, a exposé dans «Observateur politico militaire», le type de guerre en cours, palliatif à la guerre nucléaire jugée impossible aujourd’hui : la « guerre hybride » ou « soft power » selon son appellation anglo-saxonne.

Konstantin Sivkov affirme que les généraux se préparent toujours à la guerre précédente. Cette remarque ne concerne pas l’armée russe, selon lui.

« Se préparer à une guerre hybride »

Les représentants de l’Académie militaire de l’état-major russe ont pris une part active à cette table ronde. Le terme « guerre hybride » (G H) a été activement utilisé par les hommes en uniforme, en particulier par les représentants de l’académie militaire malgré les réticences antérieures. Le terme « guerre hybride » est maintenant reconnu par notre science militaire officielle (russe), au moins pour être utilisée dans des matériaux non classés secrets.

Les guerres traditionnelles et hybrides sont qualitativement différentes par leur essence.

 La guerre traditionnelle a pour but d’écraser les troupes et les forces ennemies par la force des armées régulières, puis de le forcer à la paix aux conditions du vainqueur ou à se rendre et à contraindre le pays vaincu à changer de pouvoir, d’occuper partiellement ou totalement son territoire.

 © Boris, lutte! © Boris, lutte!
La guerre hybride (G H) est différente : créer préalablement sur le territoire ennemi sa propre « armée », constituée en réseaux, puis utiliser ces derniers directement, sans toutefois obtenir la défaite préalable des forces armées du pays, mais avec le but de destituer son régime, de prendre prendre le contrôle de son pouvoir. Ensuite il sera possible de désorganiser et affaiblir le système de sécurité (forces armées, services spéciaux et forces de l’ordre) des vaincus jusqu’à un niveau acceptable ou dissolution complète, pour en prendre le contrôle, et si nécessaire, occuper le territoire du pays vaincu sous couvert d’une opération de maintien de la paix. En cas de guerre civile, si l’opposition politique et ses formations paramilitaires échouent à renverser le pouvoir en place, le conflit interne qui a éclaté peut légitimer une agression extérieure ouverte pour « protéger la population civile d’un régime dictatorial qui viole les droits de l’homme ».

Konstantin Sivkov cite pour exemple l’intervention de la France en Libye qui devait protéger du dictateur Kadhafi les populations civiles ».

Ces déclarations inquiètent les pays limitrophes avec la Russie. Konstantin Sivkov expose une stratégie qui a été appliquée à la Géorgie, à l’Ukraine et à la Moldavie. Elle a permis à la Russie d’occuper une partie de leur territoire et de maintenir un contrôle sur les pouvoirs en place. Cette stratégie menace d’autres pays d’Europe orientale, Biélorussie, trois pays baltes et Pologne. Ces quatre derniers sont protégés par l’OTAN nucléaire. Plus loin, Konstantin Sivkov nous explique comment neutraliser la solidarité de l’OTAN envers ces pays, sans risquer une guerre nucléaire.

La guerre hybride, palliatif à la guerre nucléaire.

« Les intervenants à la table ronde du forum “ARMY 2020” ont noté que les guerres hybrides (G H) sont dues à des facteurs actuels qui limitent sérieusement l’utilisation de guerres classiques. Il s’agit essentiellement des armes nucléaires. Leur apparition a considérablement réduit le “champ d’applicabilité” des armes traditionnelles. En conséquence, il reste aux agresseurs potentiels une seule possibilité : utiliser le “soft power” ou la “guerre hybride”.

Autre facteur important limitant le recours aux forces armées régulières : la prise de conscience dans les pays développés dont les populations ne sont pas prêtes moralement à accepter des pertes humaines inévitables en cas d’hostilités. La propagation de sentiments pacifistes dans ces sociétés amplifie le fossé entre l’élite et la majeure partie de la population.

Un autre élément dissuasif important est le droit international, qui condamne fermement l’agression militaire. Le Tribunal de Nuremberg en est un exemple. Dans ces conditions, le seul instrument efficace d’agression qui permettrait d’atteindre de véritables objectifs géopolitiques et politiques est uniquement la guerre hybride... »

Le Cheval de Troie du XXIe siècle.

« Konstantin Sivkov  poursuit : “Dans le cadre de guerre civile, l’utilisation des forces armées traditionnelles est parfois inefficace. Cela est démontré dans les guerres locales et conflits armés déclenchés par les États-Unis au XXIe siècle. Pour cette raison, les Américains ont commencé à développer une stratégie, désignée ‘Cheval de Troie’ en Fédération de Russie. De l’avis des orateurs du forum, elle consiste à utiliser des Forces d’opérations spéciales déployées sur le territoire du pays devant être agressé, bien avant le début des hostilités. Cette stratégie ne peut être appliquée que dans le cadre d’une guerre hybride.

GRU place Wagram © Pierre HAFFNER GRU place Wagram © Pierre HAFFNER
Avec le début de l’explosion sociale sur le territoire de l’ennemi, les forces spéciales déployées dans ce pays entreprennent des hostilités actives en se faisant passer pour des ‘volontaires’ ou des ‘migrants pacifiques’. C’est l’étape principale de la stratégie du cheval de Troie. Les forces spéciales peuvent alors désorganiser l’administration étatique et militaire, aider à créer des problèmes économiques, à organiser et contrôler les actions de l’opposition, ainsi que collecter des informations sur la situation dans le pays. Parmi les tâches les plus importantes des forces spéciales : l’élimination de certaines personnalités politiques, militaires et hommes d’État les plus dangereux (ex. : élimination de Kadhafi par les forces spéciales françaises en Libye), la destruction de structures et infrastructures militaires et étatiques importantes. Lors d’une agression contre des pays possédant des armes nucléaires, la tâche principale est de capturer et de détruire les systèmes et les sites contrôlés par les forces stratégiques. Tout cela sous couvert de protestations massives de la population civile.... »

Commentaires : Chacun a reconnu les objectifs fixés par les stratèges russes pour la France, seule puissance nucléaire sur le continent européen. Il ne s’agit pas évidemment d’une probable invasion de la France par la Russie, mais de sa neutralisation en cas de conflit de la Russie avec un pays membre de l’OTAN, Pologne, Pays baltes, pour les priver de notre solidarité. Français, êtes-vous prêts à mourir pour un pays balte ? Konstantin Sivkov vient de vous dire que non !

Les Russes que j’ai rencontrés et photographiés le 12 septembre 2020 à la manifestation des Gilets jaunes, place Wagram à Paris, sont des agents des services secrets militaires russes, GRU, en France dans le cadre de cette stratégie.

La guerre hybride de Poutine déclenchée comme notre pays a débuté il y a bien longtemps. Les réseaux du Kremlin en France ont pénétré la quasi-totalité des médias, du monde politique, religieux, syndical, des affaires, étatique jusqu’au plus haut niveau. L’excellent ouvrage paru en 2016 de l’universitaire Cécile Vaissié, "Les réseaux du Kremlin en France" devrait être complété, aujourd’hui à mon avis, de centaines de pages. Deux noms devraient y apparaître : Alexandre Benalla et Emmanuel Macron.

Le pouvoir actuel français est de trahison nationale. Non seulement il liquide nos libertés, notre démocratie, nos biens, notre indépendance, mais aussi notre Défense nationale face à une Russie de Poutine qui a déclenché contre notre pays une guerre des temps modernes : la guerre hybride.

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