Des policiers, qui ont refusé de s’identifier en présentant leur plaque de police, ont arrêté et ont emmené au poste de police les veilleurs volontaires Ivan Sharavin et Karine Kovhaeva
Karine Kovhaeva décrit les événements :
J’étais de veille avec Ivan. Tout était calme.
Vers 4 heures du matin, les éboueurs de Gormost sont apparus. Ils ont nettoyé l’autre côté du pont.
À 4 h 35, ils sont venus vers le mémorial. Quelques minutes après, une voiture de police arriva. Le policier m’a demandé :
— Quel est ce scandale sur le pont ?
— Tout est calme et paisible, répondis-je.
— Nous avons reçu un appel. Nous vous conduisons au commissariat, il m’a dit.
J’ai refusé et ai dit que je voulais écrire une déposition ici même, si nécessaire. Il s’est mis à me traîner vers sa voiture. Je résistais un peu, mais je me rendis compte qu’il était vain de résister. Alors j’ai dit :
— Permettez-moi de prendre quelques affaires.
Je pris mon sac à dos et je fus immédiatement embarquée dans la voiture de police.
Alors, j’ai aperçu Ivan qui était également accompagné par deux policiers. Nous avons été emmenés dans deux voitures différentes au poste de police de « Kitaï gorod ».
Nous avions avec nous nos papiers d’identité.
J’ai essayé de téléphoner et accéder à Internet, mais le policier m’a dit que c’était interdit. J’ai compris que c’était absurde, sachant que le pont serait nettoyé dans les 10 ou 15 min suivantes et que personne n’aura le temps d’y venir.
Nous avons attendu avec Ivan une demi-heure assis sur un banc. Ensuite, le major Alexeev nous a demandé à tour de rôle de donner des explications sur ce scandale qui n’a jamais eu lieu puisqu’il ne s’est rien passé de particulier sur le pont.
Vers 5 h 45 – 5 h 50, nous avons été libérés. Nous sommes allés sur le pont. Il n’y avait plus rien. Absolument plus rien. Tout a été emporté. Non seulement, les fleurs, les lampes et les icônes, mais aussi nos sacs, les accessoires et toutes nos affaires.
Le pont était exactement comme tous les autres ponts de Moscou, c’est à dire vide.
Avec Ivan, nous sommes revenus au poste de police de « Kitaï gorod » pour faire une déclaration de vol. À 8 h, je suis enfin sortie du poste de police, suis revenue sur le pont et enfin rentrée chez moi.
Pour tenter de détruire le mémorial improvisé à Boris Nemtsov, ils ont utilisé une nouvelle tactique : arrêter les veilleurs sous un prétexte fallacieux et en leur absence, évacuer tous les objets du mémorial du pont.
Poutine tente de faire disparaître les traces de son crime de la mémoire populaire. En vain. Le peuple honorera la mémoire de ses victimes et haïra le tyran. Le matin même de sa destruction, le mémorial à Boris Nemtsov était spontanément rétabli.