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Le 28 décembre 2017, pour fêter le 100e anniversaire du KGB, il y a eu un magnifique concert à Moscou. Poutine a prononcé le discours d’ouverture. Sur la scène, il était inscrit « 1937 ». C'est l'année des terribles purges staliniennes au cours de laquelle des dizaines de milliers de personnes ont été fusillées sans jugement. En dessous, il y avait l’inscription : « En l’honneur des vétérans tchékistes ». Poutine, c’est l’année 1937 revenue aujourd’hui en Russie. À Biarritz, ville de l’immigration russe, cette terrible réalité doit être connue.
Le dimanche matin, nous soutenons la liberté en Russie à l’angle de la rue de Russie et de l’avenue de l’Impératrice à Biarritz. Le public est convivial. Des personnes s’approchent pour parler avec nous, certaines longuement. Biarrots ou touristes approuvent notre action en souriant ou en faisant un signe pour nous exprimer leur sympathie. Pas une seule fois nous avons pu constater un signe de réprobation, à l’exception de quelques rares personnes d’origine russe qui fréquentent l’Église orthodoxe située dans cette même rue. D’un ton rustre propre aux « babas russes », trois femmes m’ont déjà ordonné de partir. L’une d’elles m’a menacé d’appeler la police. Bien sûr, je ne suis pas parti et j’attends toujours la police.
Lors de notre premier piquet, deux popes sont sortis pour converser avec moi. Nous avons convenu que je me tiendrai sur le trottoir en face. Parole tenue, mais récemment un ecclésiastique en soutane m’a ordonné en russe depuis son trottoir de partir d’ici. Je lui ai dit que ma présence m’était ordonnée par mes convictions chrétiennes. Le Christ compatissait avec les malheureux. Je l’ai invité à traverser la rue et à me rejoindre sur mon trottoir pour défendre nos valeurs humanistes communes, ou à m’inviter sur son côté. Jésus-Christ fréquentait les opprimés, et non pas les pharisiens reclus dans leur temple. Ce béotien en théologie a refusé de prolonger la dispute et s’est retiré dans son temple.
Récemment, j’ai reçu une lettre de M. Serge Cheloudtchenko agissant au nom du bureau du conseil paroissial de cette église orthodoxe affiliée au Patriarcat de Constantinople.
Il m’a écrit :
« Nous avons constaté votre présence aux abords immédiats de notre église orthodoxe le dimanche matin, pendant notre liturgie dominicale, avec des panneaux contre Monsieur Poutine. La Préfecture nous a confirmé votre intention de faire de même chaque dimanche de juillet et d’août 2018. Nous souhaitons vous rencontrer à ce sujet pour mieux comprendre votre action et voir si vos valeurs laïques et républicaines rejoignent nos valeurs chrétiennes. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à une réunion au bureau de notre association... Le but de cette réunion informelle est de mieux nous connaître et d’envisager une concertation de nos actions respectives. »
Notre association « Liberté – Svoboda » a répondu :
« Nous, réfugiés politiques russes, n’avons pas oublié nos frères et sœurs restés en Russie et persécutés par le FSB (KGB). Ce dernier est revenu au pouvoir en la personne de Poutine, bourreau de notre peuple et président à vie. La terrible année 1937 est revenue en Russie : les meurtres, la torture, l’exil, la répression et les guerres incessantes ! La guerre de Poutine contre l’Ukraine libre a emporté à ce jour plus de dix mille vies. Des milliers de prisonniers politiques croupissent au Goulag. Notre humanisme nous interdit de rester indifférents devant tant de malheur. Notre devoir est de soutenir nos malheureux compatriotes.
Nous profitons de la liberté qui nous est accordée par la République française afin d’agir pour que la Russie s’engage dans une voie démocratique. Notre action “rue de Russie à Biarritz” est conforme aux lois françaises. Il s’agit d’un endroit où tous ceux qui aiment la Russie peuvent se retrouver. Les passants s’adressent à nous amicalement. Comme eux, vous pouvez venir vous entretenir avec nous à propos de notre patrie malheureuse, et examiner comment l’aider. Nous serons heureux de parler avec vous. Merci d’avance, etc. »
Des paroissiens divers fréquentent cette église orthodoxe de Biarritz.
Les vrais chrétiens, que je respecte, sont ceux qui n’ont pas oublié leurs semblables restés dans la Russie fasciste de Poutine. Ils les soutiennent d’une manière librement choisie par eux.
Malheureusement, la grande partie des Russes vivants à l’étranger sont des exilés économiques appelés « émigration saucisson ». Ils sont venus ici parce que le saucisson y est meilleur. Sans plus ! Ces transfuges, même dévots, ont abandonné leurs proches en Russie. Que la terrible année 1937 soit revenue en Russie, cela leur est égal, car ils sont ici.
Il y a aussi des oligarques que côtoient ces réfugiés économiques. Ces derniers espèrent recueillir par ruissellement des miettes des fortunes exportées de Russie . Ainsi s’explique leur mutisme concernant le château de Poutine à Biarritz acheté avec l’argent volé au peuple russe. Ils ont quitté la Russie, non pas pour défendre la Russie, mais pour l’oublier !
Les personnes, qui contestent notre action contre Poutine, ne sont pas chrétiennes. Le rôle d’un chrétien est de combattre l’antéchrist. Poutine c’est l’antéchrist.
Nous-mêmes, nous n’avons pas oublié les enseignements de Jésus-Christ. Pour cette raison, nous défendons la liberté en Russie, où que nous soyons. La Russie est multiconfessionnelle. Il y a des chrétiens, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des chamanistes et des athées. La République française est laïque. La rue de Russie à Biarritz appartient à tous. La Russie sera libre!