Non à la déportation de Nadejda Petrova !

Hier, le tribunal de Nîmes a décidé de maintenir l’opposante russe Nadejda Petrova en détention. Notre pays ne doit pas seulement abriter les biens mal acquis des oligarques russes. Fidèle à sa tradition de pays des droits de l’homme, il doit accueillir Nadejda Petrova qui n’a fait que lutter pacifiquement et légalement pour la Liberté.

Non à la déportation de Nadejda Petrova ! © Pierre HAFFNER

Hier, le tribunal de Nîmes a décidé de maintenir Nadejda Petrova en détention. Il prolonge ainsi les souffrances de l’opposante russe pourchassée par le FSB depuis le 5 novembre 2017. Depuis cette date, Nadejda Petrova tente d’obtenir en vain l’asile politique en Europe. Elle n’a trouvé que des États sourds qui lui ont répondu avec leur police et avec des mandats d’expulsion. Le Kremlin a utilisé Interpol pour tenter de « récupérer » cette dissidente qualifiée par lui de terroriste dangereuse. Moscou comptait sur la collaboration d’États européens comme l’Autriche et la Tchéquie pour réussir cette opération. Nadejda Pétrova a pu rejoindre la France deux jours avant son arrestation en Autriche. Le mandat d’Interpol l’a retrouvé en France, où elle fut arrêtée, mais relaxée le jour même étant donné les inepties des accusations.

Nadejda Pétrova a 24 heures pour se pouvoir en appel. Comme pour toutes les personnes étrangères en rétention, cela est impossible en raison de la privation de liberté et de la méconnaissance de la langue française.

Lors de l’énoncé du verdict, Nadejda Pétrova est devenue toute blanche et a eu un malaise. Un policier présent s’est risqué à dire : « Elles font toutes comme cela ». On est suffoqué par l’absence d’humanisme de fonctionnaires qui ont le privilège de coucher tous les soirs dans leur lit.

Il n’est plus nécessaire de démontrer le caractère politique des persécutions dont sont victimes de la part du Kremlin les membres du mouvement d’opposition russe « Artpodgotovka ». Voilà deux ans que les services d’immigration français étudient leur dossier. Ils savent que « Artpodgotovka » est une organisation ni extrémiste ni terroriste. L’asile politique a été accordé à certains de ses membres et au premier d’entre eux, Vyacheslav Maltsev. Le FSB n’a jamais essayé de ramener ce dernier en Russie en utilisant Interpol. Il a par contre tenté cela avec Nadejda Pétrova réfugiée chez son allié d’extrême droite autrichien.

La France doit faire preuve d’humanisme. Notre pays ne doit pas être seulement un pays d’accueil pour les oligarques russes qui viennent ici mettre à l’abri leurs biens mal acquis en Russie. La France doit offrir l’asile à Nadejda Pétrova qui  n’a fait que lutter pacifiquement et légalement pour la Liberté en Russie.

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