Les « Hommes polis » reviennent.

Ce week-end, des militaires russes travestis en Biélorusses rétabliront « l’ordre constitutionnel » en Biélorussie. Les médias russes ont préparé l’opinion publique à cette opération qui avait tant réussi en 2014, lors de l’annexion de la Crimée. Mais la Biélorussie de 2020 n’est pas l’Ukraine de 2014.

Tout ce jouera ce week-end © Pierre HAFFNER
La propagande du Kremlin avait préparé les opinions publiques à l’annexion de la Crimée survenue en 2014. Dés 2004, date de la « révolution orange », ses médias ont réussi à créer une image négative des démocrates ukrainiens en les faisant passer pour de méchants néonazis. Cet élément important de la guerre hybride a permis de saper à l’Ukraine un soutien international.


Le 10 août 2020, le pouvoir biélorusse s’est donné une image fortement négative en employant une répression débridée pour faire admettre à la population le résultat falsifié des élections présidentielles. Le président Lukachenko a ordonné de déconnecter Internet. En vain.

Lukachenko semblait éternel. Le Kremlin a été surpris. Il n’avait pas préalablement sapé l’image de l’opposition du président biélorusse comme cela fut en Ukraine pour soutenir son poulain Yanukovitch.


En catastrophe, les médias russes tentent de réimposer les schémas assénés pour combattre Maïdan, mais trop tard. Pour retourner les opinions publiques, il faut beaucoup plus de temps, et il y a urgence.


Tout se jouera ce week-end.

Margarité Simonyan de RT a soulevé l’idée : il est temps d’envoyer les « Hommes polis », ces militaires russes sans insignes distinctifs utilisés lors de l’annexion de la Crimée. Le site Informnapalm a révélé qu'un avion biélorusse a relié ces derniers jours des bases des forces aéroportées russes.


La victoire des forces démocratiques biélorusses mettra un point final aux projets de « Monde russe » de Poutine. Au même moment, de l’autre côté du continent euroasiatique la région de Khabarovsk se soulève.

Les empires s’effritent toujours tout d’abord à leur périphérie. Cette règle se confirme pour l’empire russe. La violence ne fait qu’accélérer la dislocation.

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