La Sibérie s’agite, le Kremlin s’inquiète.

Les esprits de la steppe, de la taïga et de la toundra rugissent. Les incendies, inondations et autres cataclysmes naturels ne sont que l’expression de leur colère contre Poutine. Un chaman tire son chariot, sur ces vastes étendues richissimes et aux peuples si pauvres, avec l’intention de rejoindre Moscou. Dieu lui a ordonné de chasser le démon qui siège au Kremlin.

Un chaman pour Poutine © Radio Svoboda

La capitale russe a été maintes fois sauvée ou menacée par des forces inattendues qui sommeillaient au-delà de la Volga et de l’Oural. Les peuples oubliés du Kremlin se réveillent à nouveau. C’est l’injustice sociale qui avait déclenché ces soulèvements de la province russe. Elle tempête à nouveau.

Comme Jeanne d’Arc, le chaman Alexandre Gabyshev a entendu dans la taïga la voie de Dieu qui lui a ordonné d’aller à Moscou pour bouter Poutine hors du Kremlin.

Les Sibériens sont effrayés : Poutine cède la Sibérie au dragon chinois. Dans les steppes, on se rappelle cet adage : « Les Russes bastonnent, les Chinois décapitent ».

Après avoir parcouru les 2 000 premiers kilomètres, le chaman Alexandre Gabyshev est arrivé à Tchita où 700 personnes l’ont acclamé au cours d’un meeting intitulé « La Russie sans Poutine ». Sur sa route, on le salue, on se fait photographier avec lui. Une dizaine de personnes l’escorte depuis la Transkaïkalie, ils étaient une vingtaine en arrivant en Bouriatie. Le pouvoir a tenté de lui barrer la route avant Oulan-Oudé. IL a envoyée à sa rencontre des chamans prokremlin. Ces derniers avaient immolé six chameaux à la gloire de Poutine et pour la prospérité de la Russie. Le clergé orthodoxe a menacé d’excommunier ses partisans. Ce fut vain ! Les communistes athées ont décidé de soutenir le sorcier sibérien dans la capitale bouriate. Là où les théologiens du FSB ont échoué, d’autres spécialistes de Lubyanka interviendront certainement, car l’ex-colonel du KGB n’a pas besoin de ce chaman contestataire dans la capitale. Aux élections de la Douma de Moscou, son parti a essuyé une chute historique en obtenant seulement 25 sièges sur 45.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.