Russie : Quatre ans de prison ferme pour rien.

Constantin Kotov a vu sa condamnation à 4 ans de prison ferme confirmée en appel. Il avait, sans troubler l’ordre public, participé à quatre rassemblements pacifiques de l’opposition. C’est avec de telles condamnations que Poutine entend mater la contestation qui grandit en Russie.

Kotov : 4 épisodes et 4 ans de prison. © grani.org
Constantin Kotov a été condamné en vertu de l’article 212.1 du Code pénal qui s’appelle aussi l’article Dadin. C’est le nom du premier opposant russe condamné à trois ans de prison pour participations répétées à des manifestations pacifiques. Selon cet article, trois infractions administratives, déjà jugées et dont la sentence a été exécutée, se transforment automatiquement en délit pénal si le contrevenant est arrêté une quatrième fois. Le tout est alors rejugé et passible de cinq ans de prison.

Constantin Kotov a assisté par vidéoconférence à ce procès en appel depuis sa prison enfermé dans une cage. La juge Nina Sharapova a été insensible à la plaidoirie des 12 avocats venus démontrer l’inconsistance des accusations et l’outrance de la peine encourue. Les actions de Kotov n’ont aucunement troublé l’ordre public. Kotov n’a commis aucun délit.

Constatntin Kotov avait été arrêté une quatrième fois le 10 août dernier à Moscou, alors qu’il manifestait contre le rejet des candidats de l’opposition aux élections de la Douma de cette ville par la commission électorale.

En appel, la juge Nina Sharapova a conclu que l’accusé poursuivait ses activités, « sans avoir tiré les conclusions nécessaires » des trois condamnations précédentes. Verdict final : quatre ans de prison ferme.

Le procès en première instance avait été expédié en deux jours. Le juge avait refusé d’interroger les deux tiers des témoins cités par la défense. Il a refusé de joindre à l’affaire toutes les vidéos présentées par la défense. Elles démontrent que les agissements de Kotov sont uniquement pacifiques. Tout semble indiquer que l’enquête a été faite avec une photocopieuse. Les protocoles d’interrogatoire de cinq policiers sont absolument identiques, mot pour mot, à l’exception de la partie introductive et de la date.

Une pétition a recueilli 100 000 signatures en faveur de Constantin Kotov. Une centaine de personnes est venue assister au procès en appel, dont Lev Ponomarev, dirigeant du mouvement « Pour les droits de l’homme », un représentant de l’ambassade de Suède, ainsi que Ildar Dadin et des parents de prisonniers politiques. Précédemment, des piquets de protestation avaient été tenus devant l’administration présidentielle et sur la place du Manège.

 De toute évidence, la juge avait reçu des directives du FSB. Elle est restée inflexible. À la sortie du tribunal, elle a rencontré des personnes offusquées par cette démonstration. Elles ont entouré sa voiture. La juge Nina Sharapova a été contrainte de quitter l’enceinte du tribunal à pied.

Un mouvement de solidarité avait permis de faire libérer le premier condamné selon cet article : Ildar Dadin. Le combat contre cette loi scélérate se poursuit. Il faut à présent obtenir la libération de Constantin Kotov.

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