Merkel et Poutine contre Tchétchènes libres.

Une descente de police allemande très médiatisée a frappé des réfugiés tchétchènes soupçonnés de préparer des attentats à caractère islamiste. Les médias ont relaté cette opération, mais ils ont « oublié » d’informer de son résultat. Il a été totalement nul.

Mansur Sadulayev © VAY FOND

Mansur Sadulayev préside l’association tchétchène de défense des droits de l’homme en Europe. Il fait le bilan des descentes de police très médiatisées menées le 14 janvier par la justice et la police allemandes contre la diaspora tchétchène.

Descente de la police allemande chez des Tchétchènes © Picture alliance @ Bratsch Descente de la police allemande chez des Tchétchènes © Picture alliance @ Bratsch
La police a oublié de mentionner que tous les détenus ont été libérés très rapidement et qu’aucune arme n’a été trouvée. Le bureau du procureur général de Berlin a refusé de délivrer des mandats d’arrêt contre les cinq présumés islamistes qui avaient été perquisitionnés.

Judiciairement, c’est un fiasco total. Mais médiatiquement, c’est une réussite pour les réseaux de Poutine en Europe. Grâce aux accords gaziers, le Kremlin manipule les politiciens, l’administration et la presse allemands.

Ces campagnes médiatiques ont pour but de préparer l’opinion publique allemande à l’adoption d’une loi d’expulsion des Tchétchènes en Russie.

Les réseaux de Poutine sévissent en Europe pour réduire au silence les opposants. Zeliman Khangoshvili a été assassiné au centre de Berlin par un agent des services secrets russes. Le tueur supposé, Vadim Krassikov, a été arrêté.

Le Kremlin utilise également Interpol pour arriver à ses fins. La journaliste Nadejda Petrova a été déclarée chef terroriste. Un mandat d’arrêt Interpol a été lancé. Par un concours de circonstances extraordinaires, elle a pu se soustraire à une arrestation en Autriche et s’est réfugiée en France où elle est toujours en danger.

Mais il semble que le moyen le plus efficace à l’encontre des réfugiés tchétchènes soit de monter l’opinion publique des pays d’accueil pour lui faire accepter une loi qui permettrait de les remettre à leurs bourreaux : Poutine et son fils adoptif Ramzan Kadyrov.

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