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Absolument tous les membres de la coalition comprennent que le changement de pouvoir ne peut avoir lieu que dans la rue, au moyen d’actions de résistance civiles, à savoir la « Révolution démocratique ». Maintenant, tous les militants ne prononcent pas le mot « révolution », mais de plus en plus se rendent compte que celle-ci est inévitable. Ils comprennent que pour préparer le changement de pouvoir, il est nécessaire d’organiser des groupes de protestation dans toutes les villes et d’unir celles-ci en une seule structure. Elle permettra de réunir les personnes participantes aux « marches » de l’opposition, aux rassemblements et aux conférences. Une autre forme de protestation est en cours d’élaboration : « Occupation ».
La nouvelle opposition a un bureau à Moscou et un bureau de représentation à Kiev. L’épine dorsale de l’organisation se compose de 15 militants et d’une centaine de militants qui participent aux manifestations.
Présentation sommaire de ces manifestations :
Actuellement, la forme majeure de nos activités est : la « Marche de l’opposition ». La première Marche a eu lieu le 9 octobre 2016. Son format a été adopté par notre communauté et n’a pas changé depuis plusieurs mois. Le rassemblement des participants a lieu sur la place Trioumfalnaïa à Moscou à 14 h. Ensuite, les gens, sans aucun attirail et insigne, vont sur le trottoir de la rue Tverskaya jusqu’à la Place Rouge. En fin de parcours, sur la Place Rouge ou sur la place Manege il est organisé une action appelée : « Microphone libre ». Au cours de celle-ci, tout le monde peut parler aux journalistes et blogueurs présents. La Marche a lieu tous les dimanches. À Moscou, environ une centaine de personnes y participe. Quoique l’action déplaît aux autorités, il y a peu d’arrestations. Grâce à la promotion de cette manifestation faite par le mouvement « Préparation d’artillerie », dirigé par Vyacheslav Maltsev, aujourd’hui des « Marches de l’opposition » sont organisées dans des dizaines de villes russes.
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Il y a une autre forme d’activité. Il s’agit des meetings. Si le bureau du maire interdit ceux-ci, il est organisé des piquets de protestations. Il y a eu trois rassemblements populaires, plusieurs piquets de protestation et un meeting. Il convient de noter qu’un meeting a pu avoir lieu seulement après six mois d’interdiction continue de la part des autorités. Le pouvoir a systématiquement rejeté toutes nos demandes et a donné enfin son autorisation après notre 30e tentative. Cependant, au plus fort du refus illégal des autorités d’autoriser leur rassemblement, les militants de la nouvelle opposition ont organisé des piquets de protestation et des rassemblements, qui se sont accompagnés, malheureusement, presque toujours d’arrestations. Mais, la persévérance des militants a porté ses fruits. Le gouvernement a été contraint d’accepter enfin un meeting qui a eu lieu le 8 avril 2017.
Il existe une autre forme d’activité de la nouvelle opposition. Il s’agit des conférences. Il y en a eu trois dans le bureau du parti Parnas, dans le centre de conférence de presse « Sakharov », et à la Maison des journalistes. Les conférences sont réalisées en ligne. Elles sont ainsi accessibles aux militants des autres villes.
À l’heure actuelle, il est mis au point un type d’engagement civique : « Occupation ». Le premier s’est tenu le 8 juillet, 2017 sur la place du Manège à Moscou. Il a duré 24 heures. Les militants, comme lors des « Marches » de l’opposition, n’ont ni insigne ni attribut. Ils se remplacent par équipe à tour de rôle pour occuper la place centrale de la ville. Si ce type de protestation parvient à installer, il deviendra une forme clé de l’activité et un précurseur de la révolution démocratique.
La nouvelle opposition représente structurellement une coalition qui comprend trois courants de militants : les démocrates, les nationalistes et les partisans de « Barrage d’artillerie ». L’organisation professe la coalition comme style d’action. Cela signifie l’égalité en droit des participants, l’absence de plate-forme idéologique et de dictat. À l’heure actuelle, le pouvoir exerce une pression considérable sur la coalition, car il pressent la force ascendante des manifestations de rue.
Programme de la nouvelle opposition après le changement de pouvoir
En Russie, après le changement du pouvoir, il sera nécessaire d’effectuer une épuration pour pouvoir mettre en œuvre les réformes clés. L’épuration implique le limogeage du pouvoir de ceux qui ont servi le régime actuel à des positions subalternes. Les dirigeants doivent être condamnés et emprisonnés conformément aux articles du Code pénal. L’épuration implique l’interdiction de présenter sa candidature aux élections et l’interdiction de travailler dans les structures étatiques, en d’autres termes : éloigner ces personnes des finances publiques.
Les principales réformes sont des élections honnêtes, un pouvoir judiciaire indépendant et des médias libres. Ceci est la base de la démocratie. Les leaders de la révolution démocratique doivent mener mener ces réformes. Ils devront mener le peuple en période de changement. Ces personnes seront membres du gouvernement de transition. Elles mèneront des réformes.
Maintenant, il est impossible de dire qui rentrera dans ce gouvernement. Les compétences d’un seul homme sont insuffisantes pour diriger l’État dans n’importe quel domaine. La personne doit faire preuve de courage, de capacité à diriger, à gagner la confiance du peuple. Et seulement après, il pourra lui être confié la mise en œuvre des réformes. Si les réformes sont menées par un homme n’ayant pas fait ses preuves, il apparaîtra le risque qu’il subisse des pressions extérieures sous forme de menaces, corruption ou chantage.
Détails des réformes clés.
Les élections doivent avoir lieu dans environ six mois après le changement de pouvoir. Il doit être accordé aux candidats le temps nécessaire pour avoir le temps de mener leur campagne électorale. Les électeurs auront également besoin de temps pour assimiler la grande quantité d’information. Les changements fondamentaux dans la société feront apparaître de nouveaux visages, partis et mouvements.
Il n’y aura aucune autorité administrative susceptible d’influer en faveur d’un choix prédéterminé, sinon un débat et une véritable lutte politique. Les élections seront à tous les niveaux : conseillers municipaux, maires, gouverneurs, députés de la Douma d’État et président. Il est également souhaitable d’élire les préfets, les chefs de police des villes et les responsables du pouvoir judiciaire.
Il est nécessaire d’apporter des modifications à la procédure électorale. Il ne devrait pas y avoir de liste de parti. Le principe électoral doit être à mandat unique. Cela ne signifie pas l’abolition des partis. Une fois élu à la Douma ou dans un autre organe, chacun pourra adhérer à la faction de son choix, mais chaque candidat doit être élu individuellement pour son travail, et en répondre que devant les électeurs et non devant son parti.
La réforme judiciaire devra libérer les juges de la dictature de l’État. Cela est indispensable pour juger indépendamment. Les barreaux d’avocats sont de bons exemples d’autorégulation et d’indépendance de la profession juridique qui fonctionne de façon autonome sans aucun contrôle externe. Les juges ainsi que les avocats devraient être égaux entre eux. Ils devront être égaux en statut. Il ne doit pas y avoir de présidents-juges, qui actuellement sont en fait des employeurs et peuvent influencer les décisions des juges serviles à leur disposition.
La réforme des médias semble la plus simple de toutes les réformes. Toute censure politique doit être abolie. Maintenant, les journalistes ont un code de conduite qu’ils sont prêts à observer, mais ne peuvent pas en raison de la propagande de l’État. Cette dernière sera immédiatement supprimée après le changement de pouvoir.
Il est nécessaire de procéder à d’autres réformes qui auront une incidence sur toutes les institutions du pouvoir : ministère de l’Intérieur, police judiciaire, armée, marine, Service pénitentiaire, Santé, Éducation, ministère responsable de l’utilisation ressource minérale, sécurité sociale, Politique monétaire, etc.
Un travail particulier sera fait pour émanciper les entrepreneurs. La libre entreprise sera le fondement de l’état de l’économie. Les fonctionnaires doivent donner à l’entreprise le feu vert. Les extorsions de fonds par pots de vin de la part des agents publics et de racket de la part des criminels doivent être traitées comme des crimes graves non seulement envers les entrepreneurs spécifiques, mais aussi à l’encontre de la société dans son ensemble.
Des changements devront affecter la Constitution. En général, elle est appropriée. Il suffit de la respecter pour garantir au pays une voie démocratique de développement, mais il faut modifier une série d’articles. Tout d’abord, ramener à quatre ans le mandat des députés et du président. En second lieu, il faut exclure la possibilité d’être élu président plus de deux mandats (le mot « en suivant » doit être exclu du texte de la Constitution). Troisièmement, il est nécessaire d’éliminer la concentration des pouvoirs entre les mêmes mains. Actuellement, toutes les forces de sécurité, la justice et la Banque centrale sont soumises au président. Les gouverneurs lui sont subordonnés. La forme de gouvernement du pays devrait être plus parlementaire que présidentielle.
À l’heure actuelle, soit avant la réalisation de la révolution démocratique, avant la mise en œuvre des réformes, il est inutile d’écrire les programmes politiques, économiques et sociaux. Sur le plan politique, chaque candidat individuel et parti politique a des textes ajustés. Le problème est que les partis et les hommes au pouvoir sont compromis avec celui-ci. Ils ne réalisent pas ces programmes et empêchent les candidats et partis d’opposition d’accéder au pouvoir pour réaliser leurs plans. Par conséquent, les opposants actuels n’ont pas pour tâche d’offrir des programmes alléchants, mais de résoudre le problème technique : comment mener à bien le changement de pouvoir et réaliser les réformes mentionnées ci-dessus ? En conséquence, une des réformes les plus importantes est en particulier que les électeurs puissent choisir les meilleurs programmes parmi les dizaines qui leur seront présentés lors d’élections honnêtes.