Il y a quatre ans, Boeing abattu au Donbass.

Le 17 juillet 2014, un Boeing de « Malaysian Airlines » avec 289 personnes à bord a été abattu par un missile russe « Buk » au-dessus du Donbass. Il n’y a eu aucun rescapé. À ce jour, les responsables de cette hécatombe n’ont pas encore été inquiétés. Les grands de ce monde continuent de serrer la main du principal responsable : Vladimir Poutine.

Destruction du Boeing malaisien au Donbass. © Elisa Espouy
En 1866, l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski publiait le roman « Crime et châtiment ». L’œuvre décrit les troubles émotionnels et mentaux d’un meurtrier. Le massacre survenu en 2014 ne semble pas encore avoir perturbé psychiquement ses auteurs ni offusqué les dirigeants de notre monde civilisé.

Le 22 mai 2018, les gouvernements de l’Australie et des Pays-Bas ont officiellement accusé la Fédération de Russie de cette catastrophe. Deux jours plus tard, le président français Emmanuel Macron a rencontré Vladimir Poutine. Il l’a tutoyé et l’a appelé ostensiblement « Cher Vladimir ».

Nous savons, grâce à Médiapart, comment le président Sarkozy avait détourné le faste régalien de notre république pour réhabiliter le régime terroriste de Kadhafi, auteur d’une catastrophe aérienne. Emmanuel Macron a compris que Poutine, dans une situation semblable, avait besoin d’aide. Un moment opportun se présentait pour négocier avec lui. Macron est allé à la rencontre de Poutine en Russie. Il s’est prêté à une rencontre médiatisée pour prouver que Poutine était fréquentable. L’opération a été répétée lors des finales du Mondial de football à Moscou. Des crédules pensaient que Macron ramènerait avec lui l’otage ukrainien Oleg Sentsov en grève de la faim. Ils se sont mis le doigt dans l’œil.

Il existe un moyen de faire des affaires. On appelle cela « faire des coups ». C’est le propre d’affairistes au bas goût. Le président d’un grand pays qui tutoie une personne dont la réputation est entachée, cela se monnaye. Macron était à Saint-Pétersbourg avec des hommes d’affaires et 50 contrats prêts à signer. C’était le moment. Tant pis pour le prestige de la fonction et du qu’en-dira-t-on. Les commentaires des observateurs étrangers sont des plus critiques. Ils disent que notre président s’est rabaissé. Ils parlent de honte. Ces propos ne seront pas répercutés sur nos médias nationaux, et la côte du président n’en sera pas entachée, ou presque en cette époque d’information globalisée.

Mais, il faut en revenir aux faits que l’on semble avoir oubliés. Ce missile « Buk », qui a abattu le Boeing malaisien et occasionné tant de victimes civiles, appartient à la 53e brigade de fusées basée à Koursk en Russie. Violant la réglementation russe elle-même en la matière, un colonne militaire russe, dotée de cet armement et de tout l’équipement et personnel nécessaire, a franchi la frontière ukrainienne. L’opération était sous le contrôle de GRU, le renseignement militaire russe.

Dès que le Boeing a été abattu, toutes les chaînes d’information du Donbass et les grands médias russes ont crié victoire, pensant qu’il s’agissait d’un avion ukrainien. Lorsqu’il est devenu clair que l’avion abattu était un Boeing civil malaisien, une série d’informations contradictoires a été publiée. Le complexe, dépourvu du missile tiré, a été rapatrié en cati mini en Russie. Cette opération n’a pu se faire sans l’approbation du président Vladimir Poutine.

298 chaises vides devant l’ambassade de Russie à La Haye © Polit.ru 298 chaises vides devant l’ambassade de Russie à La Haye © Polit.ru
La Russie nie toutes les accusations. En même temps, elle bloque la création d’un tribunal international à l’ONU qui aurait pu enquêter sur cette tragédie et interroger les témoins clés.

Aujourd’hui, à l’occasion du quatrième anniversaire de ces événements, une manifestation silencieuse a eu lieu à La Haye. 298 chaises ont été disposées devant l’ambassade de Russie . Elles représentent 298 meurtres.

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