Il y a 50 ans, le Pacte de Varsovie intervenait en Tchécoslovaquie

Le 21 août 1968, les troupes du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchécoslovaquie. Elles mettaient fin à une vague de réformes appelées le Printemps de Prague. 50 ans plus tard, les dirigeants de l’actuelle Fédération de Russie ont-ils compris la signification de ces événements ? Un documentaire publié par la chaîne russe « Rossia 1 » permet d’en douter.

Les chars russes reviennent © Rossia 1

Diffusé il y a trois ans sur la chaîne nationale russe Rossia 1, ce film justifie l’agression militaire du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie. Toute l’argumentation soviétique d’alors est reprise. Il n’est pas fait la moindre allusion à l’aspiration démocratique représentée par les réformes Alexandre Dubček et autres réformateurs qui voulaient créer un socialisme à visage humain.

Le Printemps de Prague de 1968 a été stoppé momentanément par cette intervention militaire. 20 ans plus tard, il renaquit pour balayer sous la forme de révolutions de velours les pays intervenants membres du Pacte de Varsovie . Ces événements ont bouleversé l’Europe d’après-guerre.On ne maintient pas les peuples dans son giron par la menace militaire. C’est la leçon qu’aurait dû tirer Moscou.  Ce film  est d’autant plus incompréhensible que les autorités russes avaient présenté des excuses aux autorités slovaques et tchèques. Hélas, les hommes du passé sont revenus au Kremlin en la personne de Valdimir Poutine, ex-membre du Parti communiste de l’URSS et agent du KGB.

La politique étrangère de l'Union soviétique énonçait une souveraineté limitée des États satellites. C’était la « doctrine Brejnev ». Aujourd’hui, on l'appellera la « doctrine Poutine ».  Les interventions militaires sont toujours utilisées pour garder la périphérie dans le  giron de Moscou. On entend les mêmes arguments: « Maïdan est une junte fasciste et nazie ».  Comme à l’époque soviétique, la menace et l’intervention militaires restent un moyen pour empêcher l’indépendance et la transformation démocratique des pays « frères ».

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