Le blocage de Google a débuté en Russie.

Les principaux services proposés par le colosse des moteurs de recherche, Google, deviennent inaccessibles en Russie. Après la décision de bloquer la messagerie Telegram et l’interdiction programmée de Watsapp, Viber et Facebook, l’internet russe se déconnecte progressivement du réseau mondial pour devenir le « Rosnet ».

Google inaccessible en Russie © AKKet.com Google inaccessible en Russie © AKKet.com
La décision de bloquer Google a été prise par le procureur général de Russie. On ne connaît que le numéro et la date de cet ukase, 27-31-2018, 16 avril 2018. Les détails n’ont pas été publiés.

 Dans la nuit de samedi à dimanche, les Moscovites ont commencé à se plaindre de n’avoir plus accès à Google. Des problèmes sont apparus également à Saint-Pétersbourg, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg, Kazan, Krasnoïarsk et dans d’autres villes. Les utilisateurs ont des problèmes d’accès aux services de Google, dont https://translate.google.fr/, et au courrier Gmail. Le blocage concerne plus de 60 adresses IP sur Google.

 Roskomnadzor, l’agence du Kremlin pour le contrôle d’internet, avait tenté de verrouiller Telegram, cette messagerie rebelle qui refuse de lui livrer ses codes de déchiffrage qui permettraient la lecture des correspondances par les services secrets russes. Incapable d’amputer avec précision Télégram du net russe, Roskomnadzor a procédé pendant une semaine à un blocage désordonné de services sur le cloud de Google et Amazon. En définitive, ce sont des dizaines de millions d’adresses IP qui ont cessé de fonctionner et des dizaines de milliers de sites, dont le site de Roskomnadzor lui-même. Par contre, Telegram continue de fonctionner en Russie, et cela sans utilisation de VPN.

Dégâts collatéraux  de la tentative de blocage de Telegram. © Inforesist Dégâts collatéraux de la tentative de blocage de Telegram. © Inforesist
Faute de pouvoir opérer une frappe chirurgicale, Roskomnadzor a effectué un bombardement en tapis. Il y a beaucoup d’effets collatéraux certes, mais cette préparation d’artillerie est le prélude à une offensive générale qui devrait se conclure par l’interdiction de Whatsapp, Viber, Facebook et du géant Google. Cette dernière mesure handicapera particulièrement les sociétés russes en les isolant du net mondial.  

À présent, WhatsApp, Viber, Instagram, Facebook et d’autres services étrangers sont menacés de blocage si deux exigences légales ne sont pas respectées : stockage des données personnelles des Russes en Russie et remise des codes de décryptage au FSB.

Sergei Boyarsky, député du parti « Russie unie » à la Douma d’État, a déclaré que tous les réseaux sociaux devront ouvrir des bureaux de représentation en Russie. En cas de refus, l’accès au Rosnet leur sera interdit.

Le 7 mai 2018, après 18 ans de pouvoir absolu, Poutine sera pour un nième mandat intronisé président de Russie. De toute évidence, il entend régner ces six prochaines années avec un internet docile.

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