Désoviétisation sociale à la guillotine.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a abrogé le décret adopté en 1917 par le Conseil des commissaires du peuple introduisant la journée de travail de huit heures. 220.000 autres documents, déclarés « nocifs », sont également annulés. Ainsi, vient d’être définitivement enterré en Fédération de Russie le dernier héritage social de l’URSS : son Code du travail.

Medvedev, premier ministre russe © Russia Today
Le premier ministre russe, Dmitri Medvedev simplifie le code du travail à la guillotine. Il l’ampute de 220 000 documents datant de l’époque soviétique, parmi ceux-ci, la loi fixant la journée de travail à huit heures.

Le 11 novembre 1917, quatre jours seulement après la victoire de la Révolution d’octobre, le Conseil des commissaires du peuple de Russie avait adopté un décret introduisant la journée de travail de huit heures. Son contrôle incombait à l’État. Les contrevenants étaient passibles d’un an de prison. Cette décision a acquis le mouvement ouvrier et syndical international à la cause révolutionnaire russe. Elle a inspiré les travailleurs du monde entier à lutter pour obtenir la journée de huit heures dans leur pays respectif. En 1919, la France adoptait la journée de huit heures.

En 1992, l’actuelle Fédération de Russie a hérité du code du travail soviétique. La journée de travail de huit heures semblait aussi inamovible dans la conscience ouvrière que Lénine et son mausolée de la Place rouge. Avec l’élimination actuelle de cette loi sur l’espace postsoviétique, on peut affirmer : « L’URSS est définitivement morte ».

La chronologie des simplifications des codes du travail russe et français, par Medvedev et Macron, démontre la tendance antisociale de notre époque. Il y a 100 ans, c’était le contraire. La journée de huit heures était adoptée en Russie (1917) et en France (1919).

Ceci doit nous convaincre qu’il faut absolument reconstruire un mouvement syndical et progressiste dans chaque pays et surtout nous unir, car le progrès est universel, la régression également. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.