Errance en Europe pour fuir Poutine.

L’opposante russe Nadezhda Pétrova est arrivée en France où elle a rédigé une demande d’asile politique. Son parcours est une course éperdue en Europe pour fuir le FSB et l’extrême droite. La France doit lui accorder l'asile.

Nadezhda Pétrova auprès du mémorial Boris Nemtsov © Nadezhda Pétrova Nadezhda Pétrova auprès du mémorial Boris Nemtsov © Nadezhda Pétrova
Nadezhda Pétrova a rédigé ainsi sa demande d’asile en France : « Les harcèlements que j’ai subis en Russie en raison de mes activités humanitaires et politiques m’ont contrainte à quitter précipitamment mon pays. La totalité de mes camarades restés en Russie est actuellement emprisonnée. Leur nombre est estimé à 50 personnes. Certains ont déjà été condamnés à de lourdes peines. Les autres attendent un jugement. Ils sont passibles de 20 ans de prison.

Le 3 août 2018, le tribunal de régional « Méchansky » à Moscou m’a déclaré « terroriste » et m’a arrêtée par contumace. Je suis passible de la prison à vie.

Le 7 août 2018, l’agence TASS a communiqué : « Le coordinateur du mouvement “Artpodgotovka” (interdit en Russie), Nadezhda Petrova, est accusé d’avoir organisé des activités terroristes ». Déclaration faite par la porte-parole du tribunal, Youla Kotomina. Un mandat d’arrêt international a été lancé à l’encontre de Nadezhda Petrova. L’agence TASS poursuit : « En juin 2017, le leader de « Artpodgotovka », Viasheslav Maltsev, a été inculpé pour avoir incité publiquement à commettre des actes extrémistes. Il a été arrêté par contumace. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre Viasheslav Maltsev.

Le 10 novembre 2017, le tribunal de régional « Méchansky » à Moscou a confirmé les inculpations de André Tolkatchev, Youri Korny, André Keptia, Alexandre Svishtchev, Viasheslav Maltsev et Nadezhda Pétrova. Les trois premières personnes de cette liste sont actuellement emprisonnées en Russie. Alexandre Svishtchev s’est réfugié en Lettonie et Viasheslav Maltsev en France.

Le 5 novembre 2017, j’ai été arrêtée avec mon mari Gennadi Esaulov sur la place du Manège à Moscou. Mon époux a été conduit au commissariat central et moi j’ai été amenée à Lubyanka. Il m’a été interdit de prévenir mon avocat. J’ai été interrogée en l’absence de ce dernier par les « agents de prévention du terrorisme ». J’ai subi une fouille. Ces derniers m’ont relâchée vers 21 heures, mais leurs collègues du « centre de lutte contre l’extrémisme » m’attendaient dehors. Je n’ai pu franchir plus de 200 mètres hors de Lubyanka et j’ai été arrêtée de nouveau sans explication par les agents de « centre de lutte contre l’extrémisme ». Ils m’ont conduite dans un commissariat périphérique. Une personne des services secrets se tenait en permanence à côté de moi pour observer chacun de mes mouvements et conversations. Sans accusation et sans explication, j’ai été emprisonnée 48 heures.

Le 8 novembre à 9 heures du matin, alors que je n’avais pas encore été jugée, mon avocat Dmitry Zahvatov a lu une dépêche du ministère de l’Intérieur relatée par le site « OVD info ». Elle informait que je venais d’être condamnée à deux mois de prison. Vers 11 heures, j’ai été extraite de prison et placée dans un fourgon cellulaire. J’ai été trimballée de tribunal en tribunal (trois) dans l’espoir que mon avocat ne pourrait se présenter à celui où je serai finalement jugée. Une jeune policière sympathisante avec notre cause a informé discrètement ce dernier par téléphone de l’adresse où je serai enfin jugée. Grâce à elle, mon avocat a assisté à mon procès. J’ai été faussement accusée de gêner la circulation des piétons sur un trottoir et de n’avoir pas obtempéré aux injections de la police. Mon avocat a demandé d’entendre des témoins. La juge a refusé. Mon avocat a demandé le visionnage des caméras de surveillance. La juge a refusé. La magistrate s’est ensuite retirée dans une alcôve pour téléphoner. La conversation téléphonique était audible de la salle d’audience. La juge a dit à son interlocuteur : « Vous m’ennuyez, je ne sais pas ce qu’il faut faire. L’avocat de Nadezhda Pétrova m’a menacé de porter plainte contre moi pour falsification ». En définitive, la juge a condamné Nadezhda Pétrova à une amende de 2.000 roubles pour avoir crié dans la rue.

Dès la proclamation du verdict, les agents des services secrets se sont agités dans la salle d’audience, dans les couloirs et à l’extérieur du tribunal. Ils ont bloqué l’accès aux véhicules de tourisme, mais la voiture de l’avocat stationnait à proximité du tribunal. L’avocat de Nadezhda Pétrova s’est adressé discrètement à la policière qui l’avait prévenu le matin. Cette dernière avec ses collègues a encadré Nadezda Pétrova révolver au poing mimant une nouvelle arrestation. Ils l’ont conduite sous escorte à l’extérieur du tribunal. Les policiers se sont approchés de la voiture de l’avocat et ont littéralement bousculé Nadezhda Pétrova dans ce véhicule. La portière s’est refermée et Nadezda Pétrova a disparu au nez des agents des services secrets qui s’apprêtaient à l’arrêter à nouveau.

Nadezda Pétrova a été transportée par ses sauveteurs à 60 kilomètres hors de Moscou, non sans avoir éteint préalablement les téléphones portables. Nadezda Pétrova est restée cachée jusqu’au 16 novembre. Par une autre ligne, elle a pu contacter Zelenin Kostantin (Kostia), déjà réfugié en France. Ce dernier lui a fortement conseillé de fuir de Russie. Sans visa pour rejoindre l’Europe, Nadezhda Pétrova a décidé sur-le-champ de quitter la Russie. Des amis l’ont transportée en voiture jusqu’à la frontière biélorusse où un routier l’a invitée à prendre place dans la cabine de son camion jusqu’à Gomel. Nous reprendrons plus bas le fil de l’exode de Nadezda Pétrova qui la mènera de Russie en France en passant par l’Autriche.

Déjà, le 6 octobre 2017, le domicile de Nadezhda Pétrova avait déjà été perquisitionné par le FSB. Tous ses ordinateurs et téléphones avaient été saisis. Elle avait subi un premier interrogatoire.

Le 8 octobre 2017, Nadezhda Pétrova avait été arrêtée par le FSB et conduite à Lubyanka avec son époux Gennadii Esaulov. Ils y ont été interrogés séparément sans avocat. Ce dernier s’est présenté à Lubyanka, mais a été refoulé.

Le mari de Nadezhda Pétrova, Genadii Esaoulov, est pompier. Le couple vivait dans la caserne de pompiers. Sitôt libéré de Lubyanka, il a été interdit à Nadezhda Pétrova de vivre dans l’appartement de son mari. Genadii Esaoulov a été contraint de signer une lettre de démission. Dès lors, le couple a vécu chez des amis, changeant souvent de domicile. Pour cette raison, lorsque les rafles policières préventives ont commencé aux alentours du 5 novembre 2017, date de la manifestation nationale prévue par Viasheslav Maltsev, le FSB n’a pas pu mettre la main sur Nadezhda Pétrova et son mari. Ils les ont donc arrêtés sur la place du Manège lors de la manifestation. Ce jour-là, 500 personnes ont été arrêtées à Moscou et près de 1.500 dans toute la Russie.

Nadezhda Pétrova a participé à toutes les manifestations de l’opposition russe, à celles organisées par Alexey Navalny et son organisation « Fonds de lutte contre la corruption », aux veilles du mémorial dressé sur le pont face au Kremlin où a été assassiné le leader de l’opposition démocratique russe « Boris Nemtsov », aux marches hebdomadaires sur l’avenue Tverskoy organisées par la « Nouvelle opposition » de Marc Galpérin, aux lectures publiques de la Constitution russe organisées par le « mouvement 14 % » et aux émissions TV sur le canal « Artpodgotovka » de Viasheslav Maltsev. Selon le FSB, Nadezhda Pétrova était adjointe directe de Viasheslav Maltsev. C’est elle qui administrait la « Maison populaire » à Lokhino en banlieue de Moscou lorsque Maltsev était en prison.

Nadezhda Pétrova tenait son propre canal TV sur Youtube : « Artpodgotovka régional ». Elle effectuait des tournées et menait des reportages en Sibérie, dans l’Oural, au Caucase, sur la Volga et en Russie centrale. Le but de ces voyages était de mettre en évidence la réalité de la province totalement oubliée par le pouvoir central. L’émission était très populaire et déplaisait fortement au Kremlin. Nadezha Pétrova a été arrêtée à Omsk par des hommes armés et masqués dans un appartement après avoir effectué un reportage dans la ville. Un agent venu spécialement de Lubyanka était présent. Le même agent l’arrêtera et l’interrogera à Moscou le 8 octobre. De toute évidence, un groupe spécial du FSB épiait Nadezhda Pétrova. Elle fut libérée 12 heurs plus tard à 5 heures du matin sans explication. Par contre le militant de Navalny, Ruslan Alekhine, avec qui elle a été arrêtée à Omsk, fut condamné quelques mois plus tard à 15 ans de prison.

Nadezhda et son fils Géorgy emprisonné en Russie. © Nadezhda Pétrova Nadezhda et son fils Géorgy emprisonné en Russie. © Nadezhda Pétrova
Après le départ de Viasheslav Maltsev en France, Nadezhda Pétrova était pour le FSB la deuxième personne à abattre. Le fils de Nadezhda Pétrova âgé de 16 ans a été condamné à trois ans de prison suite à une grossière provocation. Il purge cette peine actuellement dans un camp en Udmoutrie. Un policier, comme le démontre la vidéo prise par une caméra disposée sur l’appareil bancaire, a viré 10.000 roubles sur la carte bancaire du fils de Nadezhda Pétrova. Les enquêteurs ont affirmé que cette somme était le prix d’une vente de drogue, bien que les enquêteurs n’ont pas découvert la moindre trace de drogue nulle part.

Mais reprenons le fil de la fugue de Nadezhda Pétrova. Arrivée à bord d’un poids lourd à Gomel, en Biélorussie, elle a pris un autocar pour l’Ukraine. Elle est arrivée à Kiev d’où elle a pris un avion pour la Géorgie. Ces deux pays sont certes accessibles sans visa aux citoyens russes, mais aussi aux agents du FSB. Afin de semer ces derniers, Nadezhda Pétrova a décidé de rejoindre l’Europe en prenant un billet pour Belgrade avec transit à Vienne. À Vienne, elle a refusé de monter dans l’avion pour Belgrade et est restée dans la zone de transfert de l’aéroport. Elle s’est présentée aux autorités frontalières autrichiennes et leur a demandé l’asile politique. Des policiers sont arrivés. Ils lui ont confisqué son passeport. Ils ont placé Nadezhda Pétrova dans un centre de rétention, où elle est restée trois jours. Le 21 novembre 2017, un officier des services d’émigration autrichien a interrogé Nadezhda Pétrova. Ce dernier lui a avoué n’avoir jamais vu une femme si courageuse. Il lui a assuré qu’elle sera protégée en Autriche. Hélas, cette promesse ne sera pas tenue, particulièrement après l’arrivée du nouveau président autrichien Sébastian Kurz.

Nadezha Pétrova a été transféré dans un camp de réfugiées. Entendant son histoire, tous ses compagnons d’infortune lui ont affirmé que les autorités autrichiennes donneront une réponse positive à sa demande d’asile. Au bout de dix jours, Nadezhda Pétrova a déménagé dans une pension de la Croix rouge où on lui a offert une chambre particulière. Elle y a séjourné huit mois. Elle avait accès à un petit jardin où elle a planté des tomates. Elle touchait 42 euros par semaine pour se nourrir.

Mais Nadezhda Pétrova avait fui la Russie pour poursuivre la lutte contre Poutine et son régime depuis l’étranger. Une partie de cet argent (30 euros) lui a servi à payer sa connexion à internet. Des sympathisants lui ont offert un ordinateur portable. Nadezhda Pétrova a repris à partir de mi-décembre ses émissions journalières contre Poutine sur son nouveau canal YouTube « Nadezhda Constitution ». Elle a particulièrement critiqué les aventures guerrières de Poutine en Tchétchénie, en Ukraine et en Syrie. Elle a entretenu des liens étroits avec la diaspora tchétchène, plus particulièrement avec Saïd Emin Ibragimov, ancien ministre des Communications d’Itchkérie (Tchétchénie). Ce dernier a déposé une plainte contre Poutine et le président tchétchène Ramzan Kadyrov auprès du tribunal pénal international à La Hague. Nadezhda Pétrova a continué à critiquer le Kremlin sur canal YouTube « Nadezhda constitution ». Elle a aidé la diaspora tchétchène. Ces derniers l’ont mis en garde des menaces qui pesaient sur elle de la part des hommes de Kadyrov  vivant en Autriche. Ils lui ont fortement conseillé de ne pas sortir seule. Nadezhda Pétrova a cessé à partir de cet instant de sortir seule, jusqu’à l’arrivée de son mari qui a été contraint de s’exiler de Russie quelques semaines après le départ de son épouse.

Le 5 juin 2018, Poutine a été reçu en grande pompe à Vienne. Nadezhda Pétrova est allé à Vienne protester contre cette visite. Elle a pris cette décision toute seule, ne sachant qui elle rencontrera lors de cette manifestation. Elle fut surprise de voir y participer des réfugiés syriens, ukrainiens, tchétchènes, soit des victimes de la guerre de Poutine. Il y avait une quarantaine des personnes. Nadezhda Pétrova était la seule russe. Elle portait sur elle une affiche « Poutine, c’est la guerre » écrite en trois langues : russe, allemand et anglais. Tout d’abord, elle a stationné deux heures à la gare et ensuite sur la place centrale devant l’immeuble gouvernemental. Nadezhda Pétrova n’avait pas alors encore reçu de réponse à sa demande d’asile. Elle a eu le pressentiment que cette action pourrait lui être néfaste, mais elle n’a pu s’empêcher d’agir ainsi connaissant l’état dramatique dans lequel est sa patrie : la Russie.

Rapidement, elle a constaté une détérioration des rapports qu’elle avait avec les services d’émigration autrichiens.

Le lendemain même, le 6 juin 2018, un officier lui a signifié qu’elle devait partir pour la Tchéquie avec son mari. Un entretien a été fixé pour le 9 juin. Au cours de celui-ci, il lui a été sommé de partir pour la Tchéquie. Le premier pays européen rencontré par Nadezhda Pétrova est l’Autriche. Elle a demandé à l’Autriche de la protéger et celle-ci se débarrasse d’elle en la transférant en Tchéquie. Il est notoire que la Tchéquie expulse les opposants russes en Russie. Devant sa protestation, un officier a fait irruption dans le bureau et lui a dit : « Si tu ne pars pas en Tchéquie, je t’emprisonnerai ici ! » Nadezhda Pétrova lui a répondu qu’elle préférerait s’immoler ici, plutôt que de partir. L’opération d’intimidation n’ayant pas réussi, les autorités autrichiennes ont été contraintes de s’adresser à la justice pour obtenir l’expulsion de Nadezhda Pétrova et de son mari en Tchéquie. Quittant la pièce, l’officier d’émigration a dit d’un ton menaçant à Nadezhda Pétrova : « De toute manière tu iras en Tchéquie ».

Quelques jours plus tard, le refus d’asile en première instance a été signifié officiellement à Nadezhda Pétrova. Elle a fait appel de cette décision avec l’aide d’un avocat désigné d’office. Ce dernier a rédigé cet appel d’une manière tout à fait fantaisiste et incomplète. Lorsque Nadezhda Pétrova est allé demander des explications, elle s’est fait éconduire. Toute l’histoire de Nadezhda Pétrova, que vous avez lue plus haut dans cet article et qui aurait dû se trouver dans la demande d’appel, était absente du document rédigé par l’avocat commis d’office. Les protestations de Nadezhda Pétrova ont été vaines. Le verdict d’appel était à prévoir. Les autorités autrichiennes ont fait tout leur possible pour se débarrasser de Nadezhda Pétrova. Le 2 août 2018, Nadezhda Pétrova était informé de son arrêt d’expulsion d’Autriche en Tchéquie. Par un curieux hasard, le lendemain, le 3 août 2018, un tribunal de Moscou déclarait Nadezhda Pétrova « terroriste ». Elle était désormais passible de la prison à vie.

Le 15 août, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karen Kneissl, a invité Vladimir Poutine à ses noces. Le dictateur russe a fait valser la mariée dans ses bras. Il est bienvenu en Autriche ! Pas l’opposante Nadezhda Pétrova.

Le 3 septembre 2018, il s’est produit deux événements : l’un en Autriche, l’autre à Moscou. La police autrichienne convoquait Nadezhda Pétrova sur demande du FSB russe. Elle lui a posé des questions concernant son rôle dans l’organisation terroriste « Artpodgotovka » et ses rapports avec son dirigeant Viasheslav Maltsev. À la fin de l’entretien, le policier a dit à Nadezhda Pétrova : « C’est certain que vous n’êtes pas une terroriste, mais il est évident que le FSB désire fortement vous “récupérer”. Après cet entretien, Nadezhda Pétrova est rentrée chez elle. Ses voisins de Moscou l’ont appelée sur la messagerie WhatsApp. Ils ont informé Nadezhda Pétrova que des enquêteurs sont venus les interroger. Ils leur ont posé des questions la concernant, elle et son mari. Les voisins ont été intrigués, car Nadezhda Pétrova et son mari ne vivent plus ici depuis un an. Les enquêteurs leur ont répondu : “Nous le savons, mais ils sont actuellement en Tchéquie. Nous les ferons extrader rapidement et les jugerons ici”.

Le 12 septembre 2018, la direction du foyer autrichien a informé Nadezhda Pétrova que le 21 septembre elle serait expulsée de son logement et que l’aide pécuniaire lui serait supprimée. Effectivement, deux jours plus tôt, le 10 septembre, la cour d’appel confirmait l’expulsion d’Autriche de Nadezhda Pétrova et de son mari.

Deux jours avant d’être expulsé d’Autriche en Tchéquie, Nadezhda Pétrova et son mari ont quitté préventivement l’Autriche. Ils se sont réfugiés en France où ils demandent l’asile politique.

La France doit accorder l’asile politique à Nadezhda Pétrova et à son mari. Les combattants de la liberté doivent être bienvenus en France ! Pas les tyrans !

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