Danger : GRU au Pays basque et en France.

Il est nécessaire de démanteler les réseaux du « GRU », services militaires secrets russes. C’est une question de sécurité nationale. Les Gilets jaunes veulent mieux vivre. Ils ne sont pas l’ennemi. L’ennemi, c’est la taupe russe, Alexandre Bennala, tapie à Élysée au cœur du secret « Défense » et les centres de formation paramilitaire « Systema » du GRU.

Le drapeau basque au Donbass. © http://www.confusionnisme.info Le drapeau basque au Donbass. © http://www.confusionnisme.info
Dans les forêts slovaques, d’anciens commandos russes formaient des jeunes d’un groupe paramilitaire d’extrême droit « Conscrits slovaques ». En 2014, lorsque la Russie a envahi le territoire ukrainien, Crimée et Donbass, certaines de ces unités se sont rendues au Donbass pour combattre contre l’Ukraine. Leurs camarades restés en Slovaquie les ont soutenus en relayant la propagande de Poutine dans leur pays.

Il s’est produit alors au Donbass le « miracle Poutine ». Les extrémistes des droites de tout poil sont devenus frères d’armes de leurs ennemis d’extrême gauche, des anarchistes, des communistes, des indépendantistes accourus de tous les coins de l’Europe pour faire le djihad du « Monde russe » contre l’Ukraine.

Résidant à Moscou et lecteur assidu du seul journal en langue basque Berria, j’ai pu lire des diatribes de soutien à toutes ces têtes brûlées parties combattre les armes à la main dans un pays inconnu, pour une cause tout aussi énigmatique pour elles. Elles ont été manipulées et trompées. Les Basques ont été trompés par le journal Berria, que son directeur, Martxelo Otamendi, a réduit à une traduction en basque de la propagande du Kremlin. Le judas basque Berria a alors trahi les peuples minoritaires ukrainien, tchétchène, tatar de Crimée, bachkir, bouriate et de beaucoup d’autres, en prenant le parti de l’impérialisme russe revanchard depuis sa défaite de 1992

Bien que lecteur de Berria depuis huit ans, sa direction a bloqué mon compte afin que je ne puisse plus commenter les articles que je contestais. À mon grand regret, car j’aime la langue basque, j’ai interrompu mon abonnement à Berria. Le sujet est suffisamment grave : à ce jour, 13 000 personnes ont été tuées dans une guerre de frontière provoquée par la Russie contre l’Ukraine. Côté russe, les pertes ne sont pas comptabilisées, car Poutine a déclaré secrètes les pertes militaires en temps de paix.

En 2017, j’ai été contraint de quitter la Russie après avoir été agressé par le FSB au centre de Moscou. Dès lors, j’ai cessé de Russie de faire avec mon modeste smartphone des reportages, si désagréables pour le Kremlin. L’asymétrie dans les moyens non militaires, en premier lieu d’information, assure à Poutine la suprématie dans sa guerre hybride contre l’Europe. Mon canal s’est tu. Par contre, Russian Today reste une tribune de Poutine en France. L’agression dont j’ai été victime a aggravé cette asymétrie. Elle concerne également le domaine judiciaire. La chercheuse Cécile Vaissié a été poursuivie en justice en France par des agents de Poutine pour son livre « Les réseaux du Kremlin ». Mon agresseur du FSB, Eugène Platov, contre qui j’ai déposé plainte, ne sera jamais inquiété et jugé en Russie. Le comble est que l’organisation « Pour les droits de l’Homme » et son directeur Lev Ponomarev, qui ont assuré ma défense juridique gratuitement, sont actuellement sous le coup d’une procédure devant les déclarer « agents de l’étranger » en Russie. Mais rien ne semble pouvoir arrêter Poutine dans son offensive asymétrique depuis que Macron l’appelle « Cher Vladimir », qu’il lui serre la main et que Brigitte Macron lui fait la bise.

Depuis l’annexion de la Crimée et l’invasion du Donbass, les services spéciaux russes ont renforcé les « mesures actives » (dans l’argot des services spéciaux russes, il s'agit 'un large éventail d’actions secrètes pour exercer une influence et/ou des opérations subversives) en direction de groupes radicaux pour les contrôler. Et ce sont ces mêmes forces politiques, aussi extravagantes et diverses qui ont servi Poutine au Donbass, qui pourraient être réactivées à présent paramilitairement sur leur propre territoire.

C’est ainsi que j’ai vu apparaître sur le bord de l’Adour, au Pays basque, des écoles d’art martial russe « Systema ». Fondées par d’anciens agents russes et des forces spéciales Spetsnaz (Systema” de Ryabko-Vasiliev, Kadochnikov, Talanov, Starov, Soloviev, etc), elles ont surgi dans le monde entier avec une forte concentration en Europe.

Systema n’est pas un sport. C’est une arme conçue pour éliminer un adversaire en lui infligeant le maximum de douleur et la mort.  Elle suscite de l’intérêt de la part d’individus susceptibles de se faire enjôler par un discours adapté à leur sensibilité. Aux Basques, en leur faisant miroiter une idéologie indépendantiste, la même qui les a envoyés au Donbass en 2014. Aux adeptes du front national, on parlera de nationalisme, aux communistes de lutte contre l’OTAN, etc. Selon l’expert allemand Boris Reitschuster, en Allemagne seulement, au travers des clubs pratiquant les arts martiaux « système », le GRU a réussi à recruter 250 à 300 combattants potentiels. La plupart d’entre’eux n’ont pas accès aux informations classifiées, et ne sont pas conscients de leur manipulation par un service de renseignement étranger.

 Le GRU dispose dès lors d’une force d’intervention paramilitaire dans les pays où ses centres de formation de combattants sont installés. Il faut apprécier le danger qui pourrait survenir en cas de crise pour le prévenir. C’est à l’État et à ses services d’enquêter et de nous protéger, et non du seul ressort d'initiatives individuelles ou de la presse, comme ce fut le cas pour élucider la taupe Bennala.      

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