Vive la Révolution !

La légalité n’est pas à l’Élysée. Elle est dans la rue. Hier, elle était sur les Champs-Élysées. La terre française doit brûler sous les pieds de l’occupant financier. Macron doit dégager ! Il faut rétablir les principes républicains d’égalité devant l’impôt. La révolte est sacrée. Vive la Révolution.

Vive la révolution © Gilets jaunes Vive la révolution © Gilets jaunes
Retraité, je suis taxé à 20 % de mes revenus alors que les sociétés du CAC 40 et autres financiers « optimisent » leur imposition fiscale et échappent à l’impôt en exportant leurs revenus tirés de leurs activités sur le sol national. Le terme « optimiser » a été prononcé par Macron, notre président qui devrait défendre l’intérêt national et non particulier, fut-il celui de ses amis les fraudeurs.

Macron, président du camp spolié c’est-à-dire l’État français, aurait dû employer le verbe « minimiser ». Les fraudeurs minimisent les rentrées fiscales encaissées par l’État français qu’il préside. L’ex-banquier de Rothschild mué en président n’a pas modifié son langage, sa rhétorique, ni les intérêts qu’il défend. Il continue de parler et de penser comme ses amis fraudeurs. Il se joue des victimes.

Nous, le peuple, on n’optimise pas. Au contraire ! Le président nous fait sans cesse les poches pour compenser la minimisation des rentrées fiscales accomplie par ses protégés. Cela n’est plus tolérable. Il faut se révolter. La révolte est sacrée. C’est un devoir patriotique et républicain. Elle doit conduire au renversement du régime injuste et anti-populaire.

J’ai ressenti un sentiment d’orgueil lorsque j’ai vu hier les manifestants brandir notre drapeau tricolore sur la place de la Concorde, à deux pas de l’Élysée. Ils s’apprêtaient à aller chercher le monarque républicain Macron comme il l’avait demandé. Mais sa police a repoussé violemment le peuple. Louis XVI n’avait pas envoyé ses troupes à l’encontre des Parisiens venus le chercher à Versailles. Macron l’a fait ! Macron méprise le peuple. Maintes fois, il a employé à notre égard des termes dégradants. Macron se veut au-dessus du peuple. Jupiter représente la nouvelle noblesse, les financiers et ses privilèges qui pillent notre pays.

La Liberté guide le peuple © Delacroix La Liberté guide le peuple © Delacroix
Au lieu d’optimiser la finance, Macron devrait optimiser le niveau de vie du peuple. Hélas, il le minimise. Aurait-il oublié que nous ne sommes pas un troupeau de moutons ? Le peuple français a des traditions de conquêtes sociales et républicaines. La vague « dégagiste » existait déjà au XVIIIe siècle, lorsqu’ici même sur la place de la Concorde Louis XVI a été décapité. Aujourd’hui, elle est réapparue, elle a porté Macron au pouvoir, mais va l’en sortir avec une ardeur décuplée. La voici ! Les Gilets jaunes n’ont qu’un seul cri : « Macron, démission ! »

Le peuple français se dresse à nouveau contre l’injustice. Il brandit son étendard qui représente la place que doit occuper le pouvoir dans notre république. Le pouvoir en blanc est encadré par les couleurs bleu et rouge du peuple de Paris.

La Révolution française actuelle doit triompher afin de rétablir nos principes républicains et universels : l’égalité devant l’impôt. L’optimisation fiscale protégée par le président doit être supprimée. Les fraudeurs doivent être poursuivis comme l’ont été les fermiers généraux de l’ancien régime. Les revenus tirés de l’activité économique réelle en France doivent être comptables devant le fisc français.

La Révolution doit renverser la Ve République, obsolète et inadaptée à notre société moderne. De Gaulle n’avait pas internet et ne pouvait imaginer une forme d’organisation sociale conforme à notre temps. Il faut soumettre le pouvoir au peuple et non le contraire. La Révolution est la bien venue. Notre société moderne exige une autre forme d’organisation, moins centralisée, moins autoritaire plus démocratique. Il doit y avoir des contre-pouvoirs indépendants et séparés de l’exécutif. Des formes de régulations sociales nouvelles doivent être inventées. La rue s’enflamme, car les institutions et instituts de dialogue social actuel ne fonctionnent plus. La rue est le seul contre-pouvoir qui nous reste. Voilà la signification du mouvement des gilets jaunes et du feu sacré qui a jailli hier sur les Champs-Élysées. Nous ne sommes plus en 1958. La Ve république n’a plus de ressource. Elle est condamnée. Son pouvoir est illégitime, car le deuxième tour des élections présidentielles n’est pas démocratique. C’est un parti de bonotto où le plus futé gagne.

La place de la Concorde nous appartient ! Vive la révolution !

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