Au cours de son séjour en Russie, le président Macron a assisté au Forum économique de Saint-Pétersbourg. Il était accompagné de Pierre Gattaz et des représentants de Air Liquide, Auchan, Danone, Michelin, Société Générale, Total et d' autres entreprises. Toutes ces amabilités ont donné l’impression qu’on avait oublié la dernière escarmouche diplomatique, conséquence de l’empoisonnement à Salisbury de Serguey Skripal, transfuge des services secrets russes, et de sa fille. La délégation française au Forum économique de Saint-Pétersbourg s'est comportée comme si elle n’avait plus souvenir de l’expulsion récente du chef de « Business France », agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, et de trois autres diplomates français. La rencontre, entre Macron et Poutine, devra ouvrir une nouvelle ère radieuse entre la Russie et la France. Mais des nuages menaçants persistent dans ce ciel que l’on voudrait serein. Le seul intérêt du business pourra-t-il les chasser ?
Alors que Macron encensait Poutine dans les salons dorés, des accusations graves étaient adressées à son interlocuteur. Les Pays-Bas et l'Australie ont déclaré tenir la Russie responsable de la catastrophe du vol MH17 abattu par un missile au-dessus de l'Ukraine en 2014. Il y a eu 298 victimes. La Russie a tout fait pour maquiller les faits et esquiver sa responsabilité. Elle s’est opposée à l’ouverture d’une enquête diligentée par l’ONU en opposant son veto au Conseil de sécurité de cette organisation. Elle n’aurait pas pu contester les conclusions de cette enquête et aurait été contrainte de livrer ses ressortissants impliqués dans la tragédie. Depuis quatre ans, Moscou nie l’évidence : c’est un missile russe « Buk » de la 53e brigade de fusées basée à Koursk qui a abattu le Boeing malaisien au Donbass.
Une telle arme ne peut être transportée en pays étranger, en Ukraine, sans l’autorisation des plus hautes autorités russes. Après la tragédie, les installations n’ont pas pu être rapatriées en Russie sans l’aval de Vladimir Poutine, lui-même. Cela s'est fait discrètement. En agissant ainsi, Vladimir Poutine couvre l’acte terroriste. Il en devient le complice, sinon le commanditaire.
Le 21 décembre 1988, un attentat avait eu lieu contre un Boeing de la compagnie américaine Pan American World Airways, qui assurait la liaison Londres – New York. L’avion explosa au-dessus du village de Lockerbie en Écosse et causa la mort de 270 personnes.
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Le Conseil de sécurité de l'ONU adopta des résolutions condamnant la Libye et le gel des avoirs libyens à l'étranger. On se souvient de la diplomatie engagée par le président Sarkozy. Elle était destinée, dans « l’intérêt des affaires » à réhabiliter le régime du colonel Kadhafi.
Aujourd’hui, Macron se comporte avec Poutine comme Sarkozy avec Kadhafi. Il fréquente le terroriste Poutine.
En s’affichant avec lui de cette manière et en ces moments si cruciaux, il rehausse le dictateur d’une amitié de façade se prévalant d'une autorité présidentielle que nous lui avons, nous-mêmes, attribuée. Il nous rabaisse en lui faisant des familiarités.
On aurait cru que la diplomatie française aurait tiré des enseignements de la fréquentation déplacée de Kadhafi par Sarkozy. Il n’en est rien. Le business presse. Gattaz était avec Macron à Saint-Pétersbourg. Les affaires ne s’embarrassent pas de moralité.
PS : Sarkozy avait ramené les infirmières bulgares. Au moment, où j’écris ces lignes, Macron n’a pas fait libérer le régisseur ukrainien Oleg Sentsov.