Chassez la chienlit !

Nos représentants ne représentent que leurs propres intérêts et ceux de leurs copains. Pas les nôtres ! Dégageons la mafia représentative, Macron en tête !

Macron démission ! © Brignolles.com Macron démission ! © Brignolles.com
Ministres, députés, sénateurs, conseillers, politiciens, délégués, fonctionnaires « d’autorité » grassement payés, représentants casqués de la mafia d’État qui vous matraquent sur les Champs-Élysées ! Dégagez tout cela en commençant par Macron.

Le peuple n’a pas besoin de représentants pour s’exprimer et donner son opinion. Aujourd’hui, tout le monde sait parler, lire et écrire. On n’est plus à l’époque où seuls le maire, le curé ou l’instituteur du village étaient lettrés. Chaque personne est en état de communiquer instantanément et gratuitement avec quiconque par chat ou vidéoconférence, où qu’il soit dans le monde, quelle que soit la langue grâce aux traducteurs. L’information n’est plus un monopole d’État, elle est libre, pluraliste, accessible par vidéo, audio ou texte sur internet. Nous assistons aux événements rapportés en direct par les réseaux sociaux. Hier, j’ai assisté à la réunion du conseil de sécurité de l’ONU en direct. Nous vivons dans un seul espace mondial communicatif en temps réel.

En 1958, j’avais 10 ans. Je n’ai pas choisi cette Ve Constitution, vous non plus. Peut-être, était-elle adaptée au siècle dernier ? À la maison, nous avions un poste de radio. Il y avait la guerre en Algérie. Pour avoir une information alternative, mes parents écoutaient la radio suisse sur les ondes courtes, exercice difficile dans notre vallée encaissée des Pyrénées. Les radios libres étaient interdites. La propagande d’État était une règle. Il nous fallait des intermédiaires pour s’informer, s’exprimer, pour décider.

Aujourd’hui, ce monde est fini.

En 2018, la Ve République est pourrie. En 1958, de Gaulle disait que c’était lui ou le chaos. Il appelait chienlit l’opposition démocratique. 60 ans plus tard, la chienlit et le chaos c’est Macron. Le pouvoir personnel de la Ve République devait stabiliser la société. Sous Macron, c’est l’inverse. La gouvernance par ordonnances, panacée des Césars et des dictateurs, a fait son temps. Les ministres démissionnent l’un après l’autre, les scandales pullulent à foison. Le pouvoir est discrédité.

En 2018, la Révolution, la vraie, a déjà commencé. C’est la révolution de la vie. Les us et les coutumes précèdent les lois. La vie a été révolutionnée. Maintenant, c’est au tour des institutions à s’adapter. De nouvelles règles d’organisation de la société sont indispensables. La crise actuelle est structurelle. Elle ne fera que s’amplifier sous différentes formes, tant que nous n’aurons pas établi un nouvel ordre social adapté à notre temps.

Ce processus s’est engagé inexorablement. Le mouvement des Gilets jaunes en est une des expressions. Il n’a pas besoin de représentants pour discuter avec le pouvoir, sinon pour le fourvoyer. Cette récupération le remettrait dans un axe de dialogue officiel et le couperait de sa base révolutionnaire. Je parle avec les Gilets jaunes dans la rue. Ils sont outrés par la corruption de l’État et de ses serviteurs, par l’injustice sociale. Ils veulent y mettre fin. Daniel Cohn — Bendit était notre porte-parole en 1968. Regardez comment il s’est recyclé. Si vous voulez assurer des promotions à des politiques qui vous trahiront, désignez des représentants et des porte-paroles ! Le système les assimilera et vous ne les reconnaîtrez plus.

Les verticales du pouvoir sont inutiles. Nous sommes aussi compétents et surtout plus honnêtes que ceux qui ont la prétention de nous représenter. Nous n’avons plus besoin d’eux. Pire, ils sont nocifs et freinent notre information, notre prise de conscience. Ils cherchent à influer sur notre opinion pour pouvoir conserver leurs privilèges.

Les Gilets jaunes sortent dans la rue, parce que’ils n’ont pas et ne veulent pas de représentants. Ils veulent une nouvelle démocratie. C’est pour cela qu’ils affrontent le pouvoir en direct dans la rue. Leur affliger une étiquette politique d’un parti actuel est une erreur. Il s’agit d’un problème de société. La sphère politique est mafieuse. Le peuple ne fait pas confiance à la mafia et se détourne des élections. Il ne vote plus. Seulement 18 % du corps électoral a voté dimanche dernier aux élections législatives d’Ivry. Voulez-vous une meilleure démonstration ?

Notre civilisation que l’on doit retrouver, c’est la démocratie, la discussion publique sur l’espace public. Mais le pouvoir l’interdit. Samedi dernier, il a matraqué, arrosé et gazé le peuple chez lui en ces lieux symboliques que sont la place de la Concorde et les Champs-Élysées. Ce n’est pas là que l’air doit devenir irrespirable, mais à l’Élysée. Voilà où il faut mettre en action le canon à eau et bousculer le monarque Macron et sa Marie-Antoinette qui s’y terrent, et non le peuple.

La Révolution actuelle ne s’accomplira pas en une seule journée. Le processus révolutionnaire doit bouleverser sans retour notre société. Il s’achèvera avec sa restructuration totale. L’ancien régime avait été définitivement éliminé avec la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1871. Commencé en 1789, il a fallu 82 ans pour installer un ordre républicain stable en France. La révolution actuelle doit mettre en place des institutions permettant d’assurer un dialogue et un contrôle direct sur l’État pour le mettre au service du peuple. La science le permet.

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