En 1989, la chute du mur de Berlin avait été le prélude à des bouleversements démocratiques en Europe orientale. Il s’agit des révolutions de velours qui ont mis fin aux régimes prosoviétiques dans les pays satellites et des révolutions colorées dans des républiques de l’ex-URSS : la révolution des roses en Géorgie en 2003, puis en Ukraine la révolution orange en 2004 et en 2014 l’insurrection de Maïdan.
En 1991, les Moscovites avaient aussi manifesté leur volonté de changement démocratique. Ils avaient fait échec au coup d’État organisé par le directeur du KGB de l’époque, Vladimir Kritckov. Or, le changement démocratique espéré a été de courte durée. En 2000, son successeur, l’ex-directeur et agent du KGB, Vladimir Poutine, est devenu président du pays, puis progressivement président à vie. La contre-révolution du KGB a déçu les espoirs démocratiques. Poutine a rétabli le système autoritaire de gestion du pays au travers des services secrets. Tous les pouvoirs et instituts lui sont soumis. La fraude électorale a assuré au président une Douma qualifiée de chambre introuvable. Elle édite les lois liberticides à une telle cadence qu’on la dénomme « l’imprimante affolée ». En 2011, la fraude électorale massive avait provoqué de massives manifestations à Moscou. La dernière de l’opposition unie russe a été écrasée par Poutine le 6 mai 2012 sur la Place Bolotnaya. Ses leaders ont été emprisonnés. Certains se sont exilés. D’autres se sont rangés ou se sont fait oublier. Dernièrement, il a été interdit au populaire Alexey Navalny, de se présenter aux élections présidentielles.
L’expérience des révolutions de velours et colorées qui ont bouleversé l’Europe orientale et celles du printemps arabe permet aux opposants russes de repenser leur stratégie. Seul un mouvement populaire massif et déterminé permettra de renverser la dictature de Poutine. Nombre d’entre’eux le disent et l’écrivent.
Marc Galpérin est allé le déclarer sur la Place Rouge, devant le mur du Kremlin. Arrêté, il a été assigné à domicile jusqu’au 5 août. Il risque cinq ans de prison.
L’Europe entière, qui a salué les révolutions de velours ces dernières décennies, doit prendre la défense de Marc Galpérin. Elle doit exiger l’arrêt immédiat des poursuites contre le démocrate et sa libération immédiate.