« Pour les droits de l’homme » en Russie.

La Cour suprême russe a confirmé le 26 décembre 2019 la liquidation du mouvement « Pour les droits de l’homme ». Son infatigable dirigeant âgé de 78 ans, Lev Ponomarev, a aussitôt annoncé la création d’une nouvelle association qui portera le même nom.

Lev Ponomarev © Irina yatsenko

Le FSB n’aime pas les hommes et les associations qui combattent pour la justice et les droits de la personne.

Le 20 décembre 2016, j’ai été agressé au centre de Moscou par un agent du FSB. Lev Ponomarev et son association « Pour les droits de l’homme » ont assuré ma défense (gratuitement). Malgré ma plaine, mon agresseur Eugène Platov n’a pas été poursuivi. Il sévit toujours au FSB. Par contre, la « justice » russe a emprisonné mon défenseur Lev Ponomarev et son association a été dissoute. En décembre 2018, Lev Ponomarev a été condamné à 25 jours de prison pour avoir protesté à Lubyanka contre les provocations et tortures infligées par des agents du FSB à une série d’opposants au régime. La « justice » russe a également condamné l’association à des amendes pour avoir omis de mentionner dans son appellation « Agent de l’étranger » comme le pouvoir l’exige.

Le 1er novembre 2019, un tribunal a ordonné la dissolution de l’association, verdict confirmé par la Cour suprême le 26 décembre dernier. Dans un pays où les services de sécurités se targuent de poursuivre les traditions du KGB soviétique, la présence d’organisations ayant vocation de défendre les droits de la personne devient de plus en plus problématique, mais nécessaire plus que jamais.

La dissolution autoritaire de son organisation n’a pas abattu Lev Ponomarev. Au contraire, il poursuit la lutte en créant une nouvelle association qui portera le même nom.

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