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Hier, le tribunal de Krasnodar a rejeté l’appel de Darya Polyudova, activiste parti communiste unifié, qui avait déjà été condamnée en première instance à deux ans de prison pour avoir organisé une marche pour la fédéralisation de sa région du Kuban. La Russie peut officiellement organiser des mouvements sécessionnistes à l’étranger, mais toute tentative similaire en Russie est assimilée à de l’extrémisme et tombe sous le coup de l’article 280 du Code pénal. La fédéralisation ppourrait permettre aux régions de Russie de devenir Républiques fédérales. Cette revendication est assimilée à de l’extrémisme et passible de cinq ans de prison.
Le verdict à l’encontre de Darya Polyudova est rentré en vigueur. Elle devrait être déportée dans les prochains jours. Prenant en compte les arrêts préventifs de l’activiste, elle devrait être libérée en octobre 2017.
Son avocat pense qu’il est futile de faire appel auprès de la Cour suprême de Russie, car il est illusoire que celle-ci lui rende justice. Il fera appel auprès du tribunal européen.
Malgré cela, Darya Polyudova ne renonce pas à la lutte pour la fédéralisation de sa région. Elle affirme qu’elle reprendra son activité à sa libération. Elle dit à ses camarades : « Ne m’oubliez pas ! »
Moscou est devenu un trou noir dans lequel disparaissent les richesses des régions russes. La fédéralisation de ses dernières leur permet de contrôler mieux leurs propres ressources grâce à un budget et un parlement propre. Il est intolérable que la fédéralisation de régions de la Fédération de Russie (déjà partiellement fédéralisée) soit assimilée à de l’extrémisme. Le 21 décembre 2015, un tribunal de Krasnodar avait déjà "reconnu" Darya Polyudova coupable d’appels publics à l’extrémisme et au séparatisme au moyen d’internet. Le tribunal a de plus interdit à Darya Polyudova d’exercer une activité dans l’enseignement et de travailler dans les médias.
Ce jugement constitue une intimidation de la population afin de l’empêcher de contrôler ses propres budgets ressources et de faire accepter le pillage du pays par l’oligarchie de Poutine.
L’affaire contre Darya Polyudova a été montée en trois épisodes.
Le premier s’appuie sur l’alinéa 1 de l’article 280 du Code pénal (appels publics à l’extrémisme passible de quatre ans de prison). Le 4 avril 2014, Darya Polyudova avait fait un piquet de protestation avec une affiche « Non à la guerre avec l’Ukraine. Oui à la révolution russe ! » Elle avait publié des photos de ce piquet sur sa page « Vkontakte ».
Deuxième épisode, Darya Polyudova a été accusée selon l’alinéa 2 de l’article 280. (Appel public à l’extrémisme sur internet.) La sanction est cinq ans de prison (un an supplémentaire pour internet). La militante a été accusée d’avoir le 16 juillet 2014 republié sur sa page Vkontakt un texte qui n’était pas le sien. Ce dernier contenait ces expressions : « Réveillez-vous ! Pourquoi ne pouvez-vous pas congédier Poutine et ensuite faire une révolution socialiste ? Dormir, cela suffit ! Il est temps de descendre dans la rue et de renverser le régime ! »
Enfin, le troisième épisode a été qualifié en vertu de la partie 2 de l’article 280.1 du Code pénal (incitation publique au séparatisme sur internet), passible de cinq ans de prison fermes. Pour la première fois, cet article fut appliqué. Il a été imputé à Darya Polyudova une publication du 5 août 2014 sur sa page personnelle « Vkontakte » d’un texte sous la rubrique : « Retournons à Poutler (Poutine + Hitler) ses propres armes ».
Fin août 2014, Darya Polyudova a été arrêtée. Elle est restée six mois en prison, puis libérée à l’expiration de la période maximale d’arrestation préventive autorisée. Après sa sortie de prison, Darya Polyudova a été placé cinq fois en détention administrative de 4 à 15 jours sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces avec la participation des agents du FSB (ex-KGB)