Le lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice familiale

Le champ d’application de ce billet ne concerne que les sujets de la parentalité, des séparations parentales et donc aussi les besoins de l’enfant en matière de parentalité.

 1) Avertissement

Le champ d’application de ce billet ne concerne que les sujets de la parentalité, des séparations parentales et donc aussi les besoins de l’enfant en matière de parentalité.

En pré-requis, il est préférable d’avoir pris connaissance du contenu de cet autre article de Pierre Laroche : La parentalité en psychanalyse.

2) Résumé

En France, sur 14000 psychiatres, environ 9500 sont de pratique psychanalytique. Les magistrats sont majoritairement formés et conseillés par de tels psychiatres-psychanalystes dont certains vont même jusqu’à se prétendre « scientifiques ». La psychanalyse, contrairement à la psychologie scientifique n’est pas scientifique. Ainsi au sein de notre justice, les questions de parentalité et « d’intérêt de l’enfant » se trouvent majoritairement placées sous l’influence des croyances et des préjugés freudiens ou lacaniens.

Cet article a pour finalité de montrer qu’une virulente frange de la psychanalyse exerce un lobbying destiné à convaincre les magistrats de prendre des décisions conformes aux dogmes antiques de la psychanalyse qui revendiquent, à tort, une hiérarchie des rôles parentaux [1].

En cas de séparation parentale, les psychanalystes dogmatiques (c'est-à-dire exagérément ancrés sur les dogmes ancestraux des fondateurs) se réunissent sous forme de collectifs ou d’associations, font un usage abusif de termes pompeux comme « scientifique », « recherche », etc. Quand ils ont le titre de médecin, ils le mettent en avant. Le contenu de leurs publications relève souvent de l’escroquerie intellectuelle [2]. Ils suggèrent aux magistrats de prioriser les relations de l’enfant avec le parent dit « supérieur » sous de fallacieux prétextes d’âge de l’enfant, d’éventuels conflits entre les parents et autres… Et ils suggèrent aux élus de voter des lois allant dans le sens de leurs préjugés !

Ces opérations de lobbying sont de 3 sortes :

  • Lobbying sur les magistrats,
  • Lobbying sur le législateur,
  • Lobbying sur l’opinion publique.

Au final, au regard de la souffrance que génère le lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice familiale, entre autres, on ne devrait plus pouvoir s’empêcher de remarquer certaines similitudes avec les affaires du sang contaminé et de l’amiante dans la mesure où les ministres Dominique Bertinotti, Marisol Touraine, Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem ne peuvent prétendre qu’elles ignorent que ce lobbying conduit au suicide plusieurs centaines de personnes chaque année et qu’elles le laissent faire.

3) Lobbying sur les magistrats

Sur son blog, Franck Méjean (avocat à la cours spécialisé dans le divorce et la séparation parentale) relate certains constats [3] : « Depuis l'entrée en vigueur de la Loi du 4 mars 2002, je me heurte, assez régulièrement, et je vous en ai déjà parlé, à des jurisprudences hostiles qui, se fondant sur des travaux de pédopsychiatres discutables, rejettent la résidence alternée et la voue aux gémonies. Certes, le Juge est libre et c'est d'ailleurs son devoir de statuer, dans l'intérêt de l'enfant, en son âme et conscience. Encore faut-il que sa réflexion, sur ce point, apparaisse nettement et son refus ne peut pas être uniquement fondé sur l'opinion de tel ou tel psychiatre ou psychologue. Pourtant, bon nombre de décisions nous ont renvoyé à nos chères études sans autre motivation. La Présidente de la Chambre de la Famille du Tribunal de Grande Instance de PERPIGNAN avait amorcé, il y a quelque temps, une jurisprudence intéressante sur ce point. Elle devait, dans une ordonnance, clairement indiquer que si certains pédopsychiatres, dont le Professeur BERGER, étaient fondés à se prononcer contre la résidence alternée, d'autres, tout aussi éminent, la reconnaissaient comme une alternative crédible. Cependant, autant de Juge aux Affaires Familiales, autant de jurisprudences. ».

Dans le cadre des affaires de divorce, souvent sur le fondement d’accusations mensongères ou erronées d’un des parents, une expertise psychiatrique est couramment demandée par les magistrats. Les juges, qui ne sont pas experts en psychologie, se conforment souvent aveuglément aux résultats de ces expertises [4]. Généralement, dans le cadre des affaires de séparation parentale, l’expertise psychiatrique porte sur une ou plusieurs personnes de la famille. Une telle prestation d’expertise se limite à un entretien plus ou moins long et en la rédaction d’un mémorandum où le fondement théorique du psy n’est jamais indiqué, ni a fortiori une quelconque méthodologie. Souvent, l’« expert » ne se borne pas à délivrer son diagnostic sur les individus qui lui sont présentés, mais va jusqu'à suggérer en clair la décision familiale qu’est censé prendre le juge, car il sait que cela « libère » le juge de cette responsabilité [4].

Il est a priori impensable qu’on puisse trouver dans une expertise psychiatrique, un règlement de compte entre confrères et encore moins des prises de positions idéologiques « pour » ou « contre la résidence alternée ». Un rapport d’expertise n’est pas une tribune et son contenu se doit de rester éloigné de toute forme de lobbying, même psychanalytique... Pourtant, le psychanalyste dogmatique et expert pour les tribunaux Maurice Berger (farouchement engagé, à grands coups de livres [2] et de conférences, dans une campagne anti-résidence alternée) affiche sans vergogne son sectarisme et son militantisme dans cette expertise [5] : « Je demande à Monsieur pourquoi il a choisi le Dr K., psychiatre à L., pour obtenir un certificat. Il me répond que ce sont des amis qui lui ont donné ce nom. Il faut savoir que le Dr K. a pris des positions très peu étayées cliniquement en faveur de la résidence alternée, et surtout que dans un article paru dans un hebdomadaire l., il a tenu des propos très inexacts pour démontrer le bien-fondé de ses idées, déformant grossièrement les idées contenues dans un article de Mme Louisiane Gauthier, psychologue qui tenait alors une place très importante dans le dispositif de protection de l'enfance du Québec…/... ».

Le 8 avril 2013 dans le cadre d’un pseudo « débat » organisé par l’APPEA [6] et le COPES [7] contre la résidence alternée, sans tenir compte des arguments, ni des preuves avancées par la seule scientifique de cette assemblée (Madame Chantal Zaouche-Gaudron), le psychanalyste Golse a proposé de rédiger un « cahier provisoire » destiné à aider les magistrats… ! On se doute, qu’avant d’être favorable à l’intérêt des enfants, ce texte sera surtout en conformité avec les dogmes psychanalytiques qui, sur la base de stéréotypes sexistes (exemples : le père porteur de la Loi, le père « castrateur », etc.), prétendent à tort [1] une hiérarchie des rôles parentaux.

Par ailleurs, il est à noter que le COPES, majoritairement composés de psychanalystes, propose aussi des formations (ou des stages) aux magistrats, entre autres. Ces formations étant majoritairement animées par des psychanalystes, on se doute qu’il ne s’agit pas de formations à concepts objectifs et validés, mais plutôt à de l’endoctrinement…

Concernant la formation des magistrats des affaires familiales à la psychanalyse, je vous propose d’écouter le témoignage d'Evelyne Sullerot dans la vidéo ci-dessous à partir de 50' et 40"...

Entretien avec Evelyne Sullerot : parcours d'une féministe authentique © agenceinfolibre

4) Lobbying sur le législateur

Le lobbying exacerbé des psychanalystes dogmatiques contre la résidence alternée ne date pas d’hier ! Déjà en 2001, dans un rapport de l’Assemblée Nationale daté du 7 juin 2001, on en trouve la trace [8] : « Les réticences d'ordre sociologique s'appuient sur l'analyse de certains spécialistes de l'enfance, pour lesquels la résidence alternée serait une formule déstructurante pour l'enfant. Ainsi, Françoise Dolto …/… estimait que « jusqu'à douze ou treize ans, la garde alternée est très néfaste pour les enfants. Cette analyse repose cependant sur l'hypothèse, extrêmement rare en pratique, dans laquelle la résidence alternée implique la fréquentation de deux écoles. Ces jugements critiques ne s'appuient, en fait, sur aucune étude objective. Des travaux récents ont, au contraire, démontré que le système de la résidence alternée, en permettant aux parents de mieux profiter de leur temps de présence auprès de l'enfant, était bénéfique pour ce dernier. Une étude menée en 1995-1996 par le psychologue Gérard Poussin, professeur à l'université Pierre Mendès-France de Grenoble, auprès d'enfants en classe de sixième dans le département de l'Isère montre que les enfants résidant alternativement chez l'un ou l'autre de leurs parents avaient une meilleure estime de soi (test de Coopersmith) que les enfants de parents séparés ayant un lieu de résidence unique».

Pour information, l’étude de Gérard Poussin et d’Elisabeth Martin-Lebrun, mentionnée dans ce rapport de l’Assemblée Nationale, est la seule, en France, à avoir été menée scientifiquement et à avoir pu faire l’objet d’une publication dans une revue internationale renommée [9] ce qui lui octroie le privilège d’être fiable. Cette fiabilité est d’ailleurs aujourd’hui confirmée par les observations de Laurette Crétin [10] de la DEPP [11].

Lors du pseudo-débat APPEA-COPES survenu le 8 avril 2013, le psychanalyste Maurice Berger a reconnu exercer lui-même un lobbying sur le législateur. A ce titre, il s’est exprimé sensiblement en ces termes : « On a cette loi sur la résidence alternée obligatoire par défaut qui revient tous les ans à l’Assemblée Nationale et tous les ans, il faut écrire à tous les députés pour leur rappeler les choses quel que soit leur bord. ». D’une part, le psychanalyste Berger reconnaît qu’il écrit tous les ans aux élus pour les empêcher de débattre du contenu d’une proposition de loi suggérant d’instaurer une présomption de résidence alternée (en lieu et place de l’actuelle présomption implicite de garde monoparentale). Et d’autre part, on notera que cet instant correspond aussi à celui du début de la fausse rumeur qui est parvenue à tromper certaines ministres, comme Mesdames Dominique Bertinotti et Najat Vallaud-Belkacem, en leur faisant croire qu’il était question de « résidence alternée systématique » alors que cela n’a jamais été le cas…

Bien que les débats parlementaires préalables à la loi de 2002 sur la résidence alternée, ainsi que les débats de la commission d’évaluation au Sénat en 2005 aient tous les deux conclu (malgré les préjugés des psychanalystes les plus dogmatiques du moment) que la résidence alternée se conforme bien à l’intérêt de l’enfant en situation de séparation parentale, deux associations toujours orientées « psychanalyse » : la SFPEADA [12] et la FNEPE [13] ont récemment déposé une motion dans laquelle elles écrivent : « La SFPEADA et la FNEPE …/… sont disponibles pour apporter leur contribution à la réflexion sur les modes de garde dans leur ensemble. Ces deux associations sont prêtes à participer à toutes les réflexions et aux élaborations de propositions dont l’objectif principal serait d’aider à construire un cadre législatif permettant des réponses individualisées et construites « sur mesure » pour des situations potentiellement déstabilisantes. Ces deux associations peuvent s’appuyer sur les travaux scientifiques qui restent certes partiels et non généralisés à l’ensemble des modes de garde mais permettent cependant une aide à une réflexion. ».

La SFPEADA et la FNEPE souhaiteraient qu’on leur fasse confiance sur leurs éventuelles « capacités » à mener un travail destiné à élaborer une série de propositions destinées à construire un cadre législatif… Notons que ces associations n’apportent aucune garantie sur leur éventuelle scientificité. Par ailleurs, nous n’avons pu trouver aucune publication scientifique signée d’elles ! La SFPEADA et la FNEPE qui prétendent quand même être en mesure de s’appuyer sur des travaux scientifiques… ne précisent pas lesquels seront sélectionnés, lesquels seront occultés, ni les motifs (ou idéologie) suivant les quels elles établiront leur sélection ! Comment d’ailleurs pourraient-elles élaborer une méthodologie, puisqu’elles ne sont pas scientifiques… ? !

5) Lobbying sur l’opinion publique

Dans un livre intitulé : « Le livre noir de la garde alternée », le psychanalyste Maurice Berger suggère de mener une recherche sur la résidence alternée bien qu’il en existe déjà énormément (90% d’entre elles sont favorables à la résidence alternée). A ce titre, il écrit qu’une recherche fiable est une recherche qui fait appel à [14] : « …une référence à la théorie et à la clinique psychanalytique…./… Ceci nécessite donc qu'un pédopsychiatre ou psychologue de formation psychanalytique spécialisé dans les processus psychiques mis en jeu au cours d'une séparation s'implique dans un tel protocole. ». Par cette affirmation, le psychanalyste Berger fait bien entendu du protectionnisme en faveur de sa doctrine. Mais cela prouve aussi que dès 2005, bien avant tout le monde, Monsieur Berger avait compris que les dogmes psychanalytiques sont battus en brèche par les progrès de la science [1].

Lors du pseudo-débat APPEA-COPES survenu le 8 avril 2013, les psychanalystes du COPES ont invité un juriste. Il devait expliquer aux auditeurs le cadre législatif entourant la séparation parentale et le choix du mode de garde des enfants. Il s’agissait de Pierre Murat (Juriste de droit de la famille, Professeur à l’Université Pierre Mendès-France à Grenoble). Monsieur Murat a prétendu sensiblement en ces termes : « …/…ce n’est pas parce que la résidence alternée est citée en premier dans la loi que c’est un principe ou qu’il y a une préférence… ». Pourtant, les débats parlementaires de 2001 ont bien précisé [8] : « La Commission a souhaité qu'en cas de désaccord des parents sur la résidence de l'enfant, la priorité soit donnée à la formule de la garde alternée, qui constitue une application pratique du principe d'exercice conjoint de l'autorité parentale. ».

Monsieur Murat a finalement conclu son discours sensiblement en ces termes : « Je me demande si quand même la meilleure voie ne serait pas une diffusion des savoirs et des bonnes pratiques. Il n’y a pas longtemps j’entendais Bernard Golse beaucoup parler du calendrier de Brazelton. J’ai parlé chez les avocats, y compris d’ailleurs chez mes collègues professeurs, du cahier de Brazelton ou des calendriers revisités. Ma grande surprise a été que quasiment personne ne connaît ce mode qui permet au moins d’approcher ou de prendre conscience de certains rythmes(…). ». Nous doutons qu’il ait parlé du calendrier de Brazelton à son collègue Gérard Poussin (professeur émérite de psychologie clinique et chercheur lui aussi à l’Université Pierre Mendès-France à Grenoble) ! C’est très regrettable d’ailleurs puisque Monsieur Poussin est co-auteur de la seule étude française à avoir été menée scientifiquement sur la résidence alternée et à avoir fait l’objet d’une publication dans une revue internationale (ce qui est un gage de fiabilité)... Notons également que lors de ce pseudo-débat le psychanalyste dogmatique Maurice Berger a bien pris soin d’occulter cette étude [15], entre autres, de sa présentation.

Monsieur Murat qui n’est pourtant que juriste, estime être en mesure de dire publiquement ce qui est bon ou mauvais pour les enfants ! Sans doute nourrit-il un vieux rêve refoulé d’être lui-même psychanalyste, un peu d’ailleurs comme le psychanalyste dogmatique Berger qui lors de sa tentative de lobbying ratée au Sénat [16] en 2005 s’est vu reprocher par Monsieur Nicolas About : « Si vous me le permettez, monsieur le président de la commission des lois, je souhaiterais réagir aux propos de mon confrère le Dr Berger et lui dire que je n’ai pas très bien compris son attaque dirigée contre le législateur. Je sais qu’il est psychiatre et psychanalyste, et je me demande s’il ne nourrirait pas un vieux rêve refoulé : être lui-même législateur ! (Sourires.) » !

Dans un communiqué daté du 1er octobre 2012, la branche francophone de la WAIMH [17] écrit : « La loi de 2002 doit être amendée, comme elle l’a été en Suède, au Danemark, et en Californie, pour y intégrer à titre de principes minimaux de précaution, l’âge, le développement psychoaffectif de l’enfant, et le conflit parental comme des éléments déterminants à prendre en compte dans toute décision portant sur la garde d’un enfant . La philosophie proposée aux juges appelés à prendre ces 3 décisions découle de l’importance du besoin de stabilité de l’enfant, d’autant plus vitale qu’il est petit. ». Encore une fois, on constate qu’il est viscéral pour ces psychanalystes dogmatiques que les magistrats se rangent du coté des dogmes freudiens ou lacaniens. Notons au passage que si la loi a été amendée dans certains pays afin de réduire le champ de mise en œuvre de la résidence alternée, c’est toujours sous l’effet du lobbying de groupuscules de psychanalystes dogmatiques, d’arguments biaisés et d’études non fiables ayant majoritairement pour auteurs des psychologues de la même trempe, c’est à dire de pratique psychanalytique.

 

6) Des dégâts considérables

En France, via un lobbying permanent sur le législateur et sur les magistrats, la psychanalyse dogmatique impose à la société toute entière sa propre perception des besoins de l’enfant en matière de parentalité. Pour mémoire les indicateurs de souffrance de la garde classique (prônée par les dogmatiques) sont les suivants :

  • Près d'un enfant de parents séparés sur 5 ne voit jamais son père [18],
  • 71 % des élèves qui décrochent au secondaire n'ont pas de père [19],
  • 90 % des enfants qui font une fugue n'ont pas de père [19],
  • Chaque année plusieurs centaines de pères de famille se suicident du fait qu'ils n'ont plus de lien avec leurs enfants [20],
  • Niveau élevé de dépression chez l'enfant, Abus de substance illicites et licites, Toxicomanie plus fréquente, idem pour l’alcool, TDAH (Trouble Déficit de l'Attention Hyperactivité) [21] [22].
  • Moins bons résultats scolaires qu'en résidence alternée [10].

Sans être exhaustif sur l’ensemble des condamnations faites à la psychanalyse dans les nombreux états dans le monde, rappelons succinctement celles-ci :

  • En 1980, la majorité des références freudiennes sont retirées du DSM notamment pour absence de scientificité (voir les changements entre le DSM2 et le DSM3).
  • En 2004, l’INSERM a produit un épais rapport démontrant l’inefficacité thérapeutique de la psychanalyse pour la majorité de troubles mentaux (Psychothérapie. Trois approches évaluées. Paris : Éditions de l’Inserm, 568 pages).
  • En 2010, un rapport de la HAS (Haute Autorité de la Santé) conclut que la psychanalyse n’est pas à recommander pour traiter l’autisme.

Soulignons également qu’une bonne partie de ces dogmatiques farouchement opposés à l’instauration d’un principe de présomption de résidence alternée dans le code civil (en lieu et place de celle qui est actuellement en pratique) est aussi largement impliquée dans le scandale du traitement de l’autisme.

D’ailleurs, comment Mesdames les ministres Dominique Bertinotti, Marisol Touraine, Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem pourraient-elles ne pas être au fait de ces opérations de lobbying et de leurs conséquences néfastes sur les familles et les enfants ? Comment pourraient-elles ignorer que chaque année, les souffrances générées par ce lobbying permanent conduisent plusieurs centaines de pères de famille au suicide ?

Comment ne pas remarquer les similitudes frappantes entre les affaires du sang contaminé, de l’amiante et ces faits ?

 

7) Conclusions

La WAIMH, l’APPEA, le COPES, etc. sont des groupuscules essentiellement composés de psychanalystes dogmatiques anti-résidence alternée. Sous couvert de l’emploi abusif des termes « Scientifique » ou « Recherche »… sous couvert de leur titre de médecin (lorsqu’ils en ont), ces psychanalystes dogmatiques tentent de convaincre les élus ou les inquiéter. C’est ainsi que Marie Derain (Défenseure des Enfants) s’est laissée piéger en accordant son haut patronage à ce pseudo-débat organisé par l’APPEA et le COPES qui était pourtant affiché d’emblée anti-résidence alternée. Elle aurait dû rester neutre.

Soulignons aussi l’évolution des discours de la ministre Dominique Bertinotti. Cette dame avait déclaré dans la presse [23] : « On ne peut pas vouloir l’égalité femme-homme, et en même temps ne pas entendre les pères qui entendent assumer à part égale leurs responsabilités de parent. ». Puis dans le journal « La Croix », tout en se félicitant de la légère progression de la résidence alternée, elle précise que « Systématiser la garde alternée est une fausse bonne idée » [24] !

Cette fausse rumeur sur une éventuelle systématisation de la résidence alternée est en fait l’œuvre de certains psychanalystes dogmatiques, notamment le jour de ce fameux faux-débat APPEA-COPES du 8 avril 2013 : « On a cette loi sur la résidence alternée obligatoire par défaut qui revient tous les ans à l’Assemblée Nationale. ». Bien évidemment, il n’a jamais été question de systématiser la résidence alternée dans le cadre des affaires de séparation parentales car le meilleur mode de résidence pour les enfants est avant tout celui autour duquel les deux parents s’accordent ensemble.

La question de la résidence alternée ne se pose que lorsqu’il y a désaccord entre les parents… Actuellement, il existe une présomption implicite de garde principale à la mère. C'est-à-dire que si le père n’est pas en mesure de démontrer que la mère est gravement défaillante, la garde des enfants sera accordée à la mère (si la mère est opposée à la résidence alternée). La demande des trèsnombreux pères et mères est donc d’inverser cette présomption favorable à la garde monoparentale pour qu’elle devienne plutôt favorable à l’hébergement paritaire des enfants lorsque cela est possible. Ainsi, c’est le parent opposé à la résidence alternée qui devra démontrer la défaillance de celui qui demande la résidence alternée. Et de toute façon, le juge qui reste indépendant, continuera de juger en fonction de l’intérêt de l’enfant.

Pour le moment, le problème est que les magistrats ne sont pas intellectuellement indépendants, mais massivement conditionnés par ces psychanalystes dogmatiques qui leurs prodiguent des « formations » ou des rapports d’expertises tels que celui vu plus haut. En conséquence, dans 75% des cas où le père demande la résidence alternée, celle-ci est refusée lorsque la mère s’y oppose. Elle est « toujours » acceptée (0,2% de refus seulement) lorsque la mère donne son accord.

Rappelons enfin, et c’est important, que TOUS les prétendus « spécialistes de l’enfance », farouchement opposés à la résidence alternée, sont tous de pratique psychanalytique.

 

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[1] Pierre Laroche – La parentalité en psychanalyse – Médiapart - 1er janvier 2014 : Lien

[2] Pierre Laroche – Faux et usage de psychanalyse – Médiapart – 14 décembre 2013 : Lien

[3] Franck Méjean : Lien

[4] Paul Bensussan - pédopsychiatre – Expert pour les tribunaux – 2011 : Lien

[5] Le père concerné par cette expertise (Monsieur D.) nous a donné son accord pour que cet extrait soit diffusé publiquement. A des fins de confidentialité, les noms et les lieux ont été remplacés par une lettre.

[6] APPEA : Association francophone de Psychologie et Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent.

[7] COPES : Centre d’Ouverture Psychologique et Sociale.

[8] Assemblée Nationale - Rapport N° 3117 - Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 7 juin 2001. Rapport fait au nom de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république sur la proposition de loi (n° 3074) de M. Jean-Marc Ayrault et les membres du groupe socialiste et apparentés, relative à l'autorité parentale.

[9] Poussin, G. ; Lebrun-Martin, E. 2002. « A french study of children’s self-esteem after parental separation », International Journal of Law, Policy and the Family, 16, 313-326.

[10] Laurette Crétin – « Les familles monoparentales et l’école : un plus grand risque d’échec au collège ? » : Lien

[11] DEPP : Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère chargé de l’Education Nationale.

[12] SFPEADA : Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et Disciplines Associées.

[13] FNEPE : Fédération Nationale des Écoles des Parents et des Educateurs.

[14] Jacqueline Phélip – Intervention de Maurice Berger - Le livre noir de la garde alternée – Pages 153 et 154.

[15] Poussin, G. ; Lebrun-Martin, E. 2002. « A french study of children’s self-esteem after parental separation », International Journal of Law, Policy and the Family, 16, 313-326.

[16] SÉNAT - Rapport n°349 - Session Ordinaire de 2006-2007 - Annexe au procès-verbal de la séance du 26 juin 2007 Rapport d’Information fait au nom de la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’Administration Générale et de la commission des Affaires sociales sur la résidence alternée – Page 40.

[17] WAIMH : World Association for Mental Infant Health

[18] Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant : Lien

[19] Child Custody, Access and Parental Responsibility : the search for a just and equitable standard - Edward Kruk, M.S.W., Ph.D. The University of British Columbia December, 2008 : Lien

[20] Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 (Docteur Anne Tursz - Mai 2005 - approuvé le Ministère de la Santé et des Solidarités - voir la page 71 entre autres) : Lien

[21] Etude de Strohschein - 2007 : Lien

[22] La relation père-enfant et l’ouverture au monde - Daniel Paquette – 2004 : Lien

[23] Libération - Droit de garde : pour le meilleur et pour le père - Anne-Claire Genthialon - 10 septembre 2013 : Lien

[24] Dominique Bertinotti - « Systématiser la garde alternée est une fausse bonne idée », La Croix : Lien

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