Faux et usage de psychanalyse

Le psychanalyste Maurice Berger a rédigé avec une sage-femme à la retraite (et présidente d'une association prétendument féministe) un ouvrage anti-résidence alternée intitulé « Divorce, séparation : les enfants sont-ils protégés ? » que l’éditeur DUNOD s’est risqué à décrire comme « scientifique ». Nous avons réalisé quelques sondages dans ce livre afin de vérifier cette soi-disant scientificité…

Contexte

Le psychanalyste Maurice Berger a co-rédigé avec Jacqueline Phélip (sage-femme à la retraite et présidente d'une association prétendument féministe) un ouvrage anti-résidence alternée intitulé « Divorce, séparation : les enfants sont-ils protégés ? » que l’éditeur DUNOD s’est risqué à décrire comme « scientifique » (Lien). La psychanalyste Eugénie Izard est l’auteure de deux chapitres dont un partagé avec le psychanalyste Albert Ciccone. La préface a été rédigée par le psychanalyste Bernard Golse.

Essentiellement, rédigé par des psychanalystes dogmatiques (c'est-à-dire exagérément ancrés sur les concepts ancestraux des fondateurs), le contenu de ce livre ne pouvait pas entrer en contradiction avec les vieilles théories de la psychanalyse dogmatique : sexistes et surtout largement rendues obsolètes par la psychologie scientifique, comme : l’existence « des trois pères : le fonctionnel, l’affectif et le géniteur », celle du « père séparateur » et entre autres celle du « père figure d’autorité ». A ce titre, il se devait d'être anti-résidence alternée.

Nous avons réalisé quelques sondages dans ce livre afin de vérifier cette soi-disant scientificité… Au passage, notons que la psychanalyse n’est pas réellement une discipline scientifique notamment lorsqu’il est question des besoins de l’enfant en matière de parentalité. Notons également que les psychologues comportementalistes, ceux du développement, ceux de la psychologie scientifique ou contemporaine et même certains psychanalystes sont plutôt favorables à l’introduction dans le code civil d’un principe de présomption de résidence alternée pour les enfants de parents séparés. Cependant, tous les vifs opposants à ce principe sont tous psychanalystes dogmatiques ou de cette pratique.

Il peut exister des difficultés quant à la résidence alternée et il convient de les nommer mais la bonne foi et surtout l’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on n’occulte pas les nombreux travaux sérieux qui prouvent que la résidence alternée est en fait la moins pire des solutions pour les enfants de parents séparés. Les travaux occultés par ce livre représentent environ les 9/10ème des recherches portant sur le sujet et réfutent notamment que la résidence alternée est productrice de pathologie [1].

Pour mémoire la psychanalyse a déjà fait l’objet de diverses condamnations sérieuses :

  • En 1980, la majorité des concepts freudiens ont été retirées du DSM notamment pour absence de scientificité (voir les écarts entre le DSM2 et le DSM3). 
  • En 2004, l’INSERM a produit un épais rapport démontrant l’inefficacité thérapeutique de la psychanalyse pour la majorité des troubles (Psychothérapie. Trois approches évaluées. Paris: Éditions de l’Inserm, p568).
  • En 2010, un rapport de la HAS (Haute Autorité de la Santé) conclut que la psychanalyse n’est pas à recommander pour traiter l’autisme !

Alors comment peut-on encore croire aujourd’hui en une éventuelle scientificité de la psychanalyse concernant les besoins de l’enfant en matière de parentalité ?

Traduction biaisée et détournement d’idée

A la page 249 du livre, il est écrit que Joan Kelly, qui est Psychologue, Chercheuse et Directrice en Chef du Centre de Médiation de Californie du Nord, serait l’auteure de cette formulation : « Il existe une interaction évidente entre le type de résidence et les relations qu'entretiennent les parents. Ainsi, les gardes alternées provoquent des dégâts plus importants qu'une résidence fixe lorsque les parents sont en conflit. Par contre, les adolescents vivant en garde alternée mais dont les parents s'entendent bien, se sentent mieux que les adolescents ayant une résidence fixe chez l'un de leurs parents. »

Sans la sourcer, les auteurs se servent en fait d’une ancienne publication de Joan B. Kelly (1993). Le texte d’origine en anglais précise : « Dual residence arrangements appeared to be more harmful when parents were in high discord than were sole residence arrangements. ». Il aurait fallu traduire par : « Les gardes alternées sont apparues nuire davantage qu'une résidence fixe lorsque les parents étaient à haut niveau de conflit. ».

Pour la suite, il est important de retenir qu’à la page 164, les auteurs du livre écrivent que Joan B. Kelly est connue comme « référence internationale en tant que spécialiste des conséquences du divorce sur les enfants et des divorces hautement conflictuel ». Cette publication de 1993 de Kelly [2] choisie par les auteurs est ancienne, ne reflète pas la pensée générale de Kelly et suite à ses compléments d’investigations, Joan B. Kelly, a plusieurs fois amendé sa recherche. Dans une de ses dernières publications [3] (2007), elle écrit : « When parent conict remains intense following divorce, frequent transitions and contact may be detrimental to children if the children are exposed to and embroiled in their parents’ conict. In such cases, because children typically love both parents, reduced contact may not be the most benecial solution. Instead, one searches for arrangements and interventions that will reduce the conict and its impact on children. ».

Cela signifie : « Lorsque le conflit parental reste important après le divorce, le passage fréquent des enfants et les contacts peuvent être préjudiciables aux enfants si ceux ci sont exposés et empêtrés dans le conflit de leurs parents. Dans de tels cas, parce que les enfants aiment généralement les deux parents, un contact réduit n'est peut-être pas la solution la plus avantageuse. Au lieu de cela, il vaut mieux rechercher des arrangements et des interventions qui permettront de réduire le conflit et son impact sur les enfants. ».

Dans l’ancienne publication de Kelly, celle de 1993, la plus récente recherche référencée par Joan B. Kelly est celle du Professeur Kruk (1992). Cependant, aujourd’hui, la plus récente recherche du Professeur Kruk date du mois de décembre 2008 [4]. Ce dernier rapport précise : « Research is clear that children fare best in post-separation relationships in which they maintain meaningful routine parental relationships with both of their parents beyond the constraints of a “visiting” or “access” relationship, in which they are shielded from destructive parental conflict, and in which they are protected, to the highest degree possible, from a marked decline in their standard of living. Contrary to current practice and dominant socio-legal discourse in Canada, when parents disagree over the living arrangements of their children after separation, new evidence suggests that these conditions are best achieved by means of a legal shared parental responsibility presumption, defined as children spending at least 40 per cent of their time with each parent, rebuttable only when a child is in need of protection from a parent. The current framework of sole physical custody in contested cases is associated with high rates of father (and sometimes mother) absence, increased inter-parental conflict, and a marked reduction in children’s standard of living. ».

Cela signifie : « La recherche montre clairement que les enfants s’en sortent mieux s’il y a des relations post-séparation où ils gardent des relations régulières et utiles avec leurs deux parents, loin des contraintes d’une relation de « visite » ou d’ « accès », et où ils sont à l’abri d’un conflit destructeur entre les parents et protégés du mieux possible contre une baisse marquée de leur niveau de vie. Contrairement à la pratique actuelle et au discours sociojuridique dominant au Canada, lorsque les parents ne s’entendent pas sur les dispositions prises à l’égard de la résidence de leurs enfants après la séparation, il est permis de croire, selon de nouveaux éléments de preuve, que ces conditions sont mieux réalisées avec la présomption de responsabilité juridique partagée, dans ce cas-là, les enfants doivent passer au moins 40 pour cent de leur temps avec chacun de leurs parents, et le régime ne peut être remis en cause que si l’enfant a besoin d’être protégé contre un parent. Le cadre actuel de la garde physique classique dans les cas contestés est synonyme de taux élevés d’absence du père (et parfois de la mère), de durcissement du conflit entre les parents et d’une réduction marquée du niveau de vie des enfants. ».

Le « récit » de la psychanalyste Eugénie Izard

La psychanalyste Eugénie Izard est l’auteure d’un « récit » qu’elle qualifie elle-même de « travail » et d’« étude » en page 77. Le 8 avril 2012, lors d’un pseudo-débat organisé par l’APPEA et le COPES (ultra-majoritairement composé de psychanalystes dogmatiques et affiché d’emblée anti-résidence alternée), le psychanalyste Maurice Berger avait d’ailleurs repris ce qualificatif d’étude, en ajoutant que selon lui, il n’existe qu’une seule étude fiable en France sur la résidence alternée : celle d’Eugénie Izard ! Dans ce livre, Maurice Berger utilise le terme de « recherche »…

Au chapitre 4, Madame Izard critique les études des autres. Au chapitre 3, elle relate son propre « récit » qui ne donne pourtant aucune garantie scientifique puisqu'elle se contente de citer des patients qui sont venus la voir. Madame Izard ne fait pas état dans son « récit » personnel d'un quelconque instrument validé. Dans l'article qu'elle a proposé à « Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence », son « récit » s’est vu imposé en marge la mention de : « expérience personnelle » et non pas : « étude », ni : « travail », ni : « recherche ». On peut supposer que les rédacteurs de cette revue scientifique ont préféré prendre leur distance avec le contenu de la publication de Madame Izard.

Dans son « récit » d’expérience personnelle, la psychanalyste Eugénie Izard fait état de onze cas d’enfants en résidence alternée, devenus seize dans le livre. Madame Izard ne s’intéresse qu’aux enfants en résidence alternée. Elle considère probablement que les enfants en garde classique vont nécessairement bien…

Pour information, voici quelques indicateurs de souffrance liés à la garde classique :

  • Près d'un enfant de parents séparés sur 5 ne voit jamais son père [5],
  • 71 % des décrocheurs au secondaire n'ont pas de père [4],
  • 90 % des enfants qui font une fugue n'ont pas de père [4],
  • Chaque année plusieurs centaines de pères de famille se suicident du fait qu'ils n'ont plus de lien avec leurs enfants [6],
  • Niveau élevé de dépression chez l'enfant, Abus de substance illicites et licites, Toxicomanie plus fréquente, idem pour l’alcool, TDAH (Trouble Déficit de l'Attention Hyperactivité) [7] [8].
  • Moins bons résultats scolaires qu'en résidence alternée [9].

L’attachement

A la page 33, l’auteur du livre écrit : « Rygaard, psychologue danois qui s'occupe, depuis près de trente ans, d'enfants ayant des troubles graves de l'attachement, explique combien le changement radical mais aussi brutal du fonctionnement de nos sociétés modernes, engendre un nombre toujours croissant d'enfants en insécurité interne profonde (Rygaard, 2005). ».

Ce psychologue ne s’intéresse qu’aux parents d’accueil ou adoptifs. Sur le site de ce psychologue (Lien), il est effectivement écrit : « Si vous êtes un parent d'accueil, un parent adoptif ou un professionnel (enseignant, pédagogue, infirmière, médecin, psychologue) qui rencontre pour la première fois un enfant avec des TA, ce livre est facile à lire et ses conseils très pratiques ont été testés et mis au point dans la vie de tous les jours. ».

Il y a une nette différence entre une figure d’attachement définitivement perdue et une figure d’attachement qui s’est temporairement éloignée ! Il n’est donc pas pertinent de citer Rygaard dans un livre sur le divorce pour invoquer les effets d’une résidence alternée sur un enfant surtout si la périodicité de l’alternance est adaptée à l’âge, c'est-à-dire : une journée d’alternance par année d’âge (Lien).

Dans la préface entre autres, à la page VII, il est écrit : « le jeune enfant a d'abord et essentiellement besoin d'un sentiment de sécurité interne qu'il se forge petit à petit auprès d'une figure d'attachement dite principale ou « base de sécurité ». La figure d'attachement principale est la personne qui s'est le plus occupée de l'enfant dans les premiers mois, c'est-à-dire la mère dans la majorité des cas. ».

Les auteurs du livre évoquent la dangerosité de la perte de la figure d’attachement mais beaucoup de psychologues précisent qu’il est risqué de n’entourer l’enfant que d’une seule figure d’attachement. L’exclusivité à une figure d’attachement a autant de conséquences néfastes que la perte de celle-ci et « éloignement » ne signifie pas « perte » !

Jan Piet H. de Man, entre autres, qui est pédopsychologue et psychologue de la famille précise [10] : « Dans la pratique juridique actuelle, certains pensent qu’il faut chercher le «parent psychologique». «Nous ne trouvons pas de preuves pour l’existence d’un seul «parent psychologique» avec lequel le lien est significativement plus important qu’avec le reste du système (familial). Les recherches scientifiques citées (...) montrent les effets négatifs quand on coupe l’enfant d’un de ses parents psychologiques. L’enfant a besoin de ses deux parents. ».

L’aliénation parentale

A la page IX, le psychanalyste Bernard Golse écrit : « Quant au « syndrome d'aliénation parentale» appelé également« aliénation parentale », son invocation de plus en plus fréquente n'est pas sans poser des problèmes sérieux. Comme le démontre le chapitre qui y est consacré, ce concept ne repose encore sur aucune base scientifique concernant non seulement sa définition, mais plus encore son étiologie et ses critères de diagnostic. ».

Seuls les psychanalystes dogmatiques « anti-résidence alternée » confondent les notions de SAP et d’aliénation parentale. Cela leur permet sans doute de nier le tout plus facilement… L’aliénation parentale, c’est quand l’esprit de l’enfant est « lavé » par un parent (le plus généralement le parent gardien) afin que celui-ci rejette son autre parent (généralement le père)… Ce fléau (l’aliénation parentale) infligé aux enfants est bien inscrit dans le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), même si les mots exacts n’y sont pas, sous les intitulés suivants [11] :

  • problème relationnel parent-enfant,
  • trouble factice imposé à un autre,
  • abus psychologique sur enfant,
  • enfant affecté par une relation parentale en détresse,
  • symptômes délirants chez un individu partenaire d’un individu avec un trouble délirant.

Violences et fausses accusations

A la page 2, les auteurs écrivent : « Étonnant aussi que les conséquences des violences conjugales sur les enfants ne soient que rarement prises en compte dans les décisions concernant les droits de visite et d'hébergement. ». A la page 151, il est écrit : « Une fois que le juge admet le SAP, il est facile de conclure que les allégations d'agressions sont mensongères et les tribunaux attribuent la garde des enfants à des agresseurs présumés ou avérés… », etc.

Les statistiques du 119, entre autres, disponibles sur internet montrent que les mères sont autant responsables de faits de maltraitance sur les enfants que les pères (Lien). Il est par ailleurs démontré que les enfants en résidence alternée sont moins maltraités.

Dans ce livre, il apparaît que certaines études mises en référence ne sont pas exclusives au divorce, alors que c’est pourtant son centre de gravité ! Globalement, nous remarquons que les études citées sont anciennes et qu’il en manque beaucoup, notamment celles qui ont pour but de faire la synthèse entre toutes. Martin S. Fiebert entre autres (chercheur du département de psychologie de la California State University) a compilé plus de 282 études dont 218 enquêtes empiriques qui démontrent que les femmes seraient autant, sinon plus violentes physiquement que les hommes…

Dans le rapport de la Défenseure des enfants de 2008, les mères sont pointées du doigt pour les accusations d’attouchement sur enfant, souvent mensongères [12].

Sur le site de la Police Nationale au Pays-Bas, on peut télécharger l’analyse statistique des plaintes commises pour agressions sexuelles dans ce pays. Compte tenu de l’augmentation des divorces au fil des ans, les experts de la Police Nationale de ce pays se sont intéressés aux fausses accusations dans les affaires de divorce ou de séparation. Ce rapport peut être téléchargé aisément (Lien).

Pour ceux qui ne lisent pas le néerlandais : « Misbruik, Misleiding en Misverstanden », signifie : « Abus, Tromperies et malentendus ». Dans ce document, il est écrit à la page 53 : « In de periode 2003-2007 heeft de Expertisegroep 42 zaken beoordeeld waarbij sprake is van echtscheiding met een conflict over de kinderen. Opmerkelijk is dat de Expertisegroep vrijwel altijd adviseert het onderzoek te stoppen, namelijk in 95% van de voorgelegde zaken. Ofwel omdat er ernstige tekortkomingen zijn (86%) ofwel omdat het dossier onvoldoende informatie bevat maar nader onderzoek zinloos is (9%). In deze paragraaf worden enkele patronen besproken die in echtscheidingszaken kunnen worden onderscheiden. ». Cela signifie : « Dans la période 2003-2007, le Groupe d'Experts a examiné 42 cas impliquant un conflit sur le divorce avec les enfants. Il est notoire que le groupe d'experts conseille presque toujours d'arrêter la recherche, à savoir dans 95% des cas présentés. Soit parce qu'il y a des lacunes graves (86%) ou parce que le fichier contient des renseignements insuffisants, mais des recherches plus poussées sont inutiles (9%). Cette section examine certaines tendances dans les cas de divorce qui peuvent être distinguées. ».

Ce rapport ne précise pas qu’il s’agit systématiquement de fausses accusations volontaires, mais qu’elles sont parfois basées sur une fausse perception de la réalité. Au final, il faut retenir qu’environ 95% des plaintes pour agression sexuelle sont classées sans suite dans le cadre des affaires de divorce.

Les auteurs du livre ont visiblement pris le parti des mères contre les pères et tentent de déresponsabiliser les mères qui sont à l’origine de certaines fausses accusations. Contrairement à eux, notre première inquiétude ne s’adresse ni à l’un ou l’autre des deux parents, mais aux enfants. Que certaines de ces fausses plaintes soient excusables ou non, ce sont les enfants qui en sont les premières victimes. Comment un enfant peut-il grandir sereinement lorsqu’on lui a répété inlassablement pendant des années qu’un de ses parents est pédophile, qu’il en a été victime et surtout si suite à cela on lui a fait subir plusieurs années de psychanalyse pour l’en soigner ?

Témoignages dans le livre

Les témoignages figurant dans ce livre ne sont que le reflet de situations vécues par un seul des deux parents (généralement la mère) :

  • Pourquoi, les pères ne viennent-ils pas, dans ce livre, confirmer ou infirmer les propos des mères ?
  • Faut-il en déduire qu’il y avait conflit entre les parents dans tous ces témoignages ?
  • Si oui, à quoi doit-on rattacher le sentiment de mal-être vécu par l’enfant : une instrumentalisation de l’enfant dans le conflit parental, un conflit de loyauté ou le mode de garde ?

M. Jan Piet H. de Man, pédopsychologue et psychologue de la famille précise [13], entre autres : « Beaucoup de «spécialistes» (magistrats et autres juristes, experts et autres psychanalystes, même certains médiateurs familiaux, ...) croient qu’un hébergement alterné égalitaire n’est possible que lorsque les parents sont d’accord à ce propos, voire s’entendent bien. C’est en effet une condition nécessaire pour que les enfants évoluent bien dans cet hébergement alterné égalitaire. C’est cependant aussi… la condition principale pour que le système traditionnel de l’hébergement principal inégal ne nuise pas aux enfants. Les constatations et conclusions des recherches scientifiques empiriques citées ci-dessus montrent suffisamment clairement que même lorsque les parents ne sont pas d’accord sur leur choix du règlement de l’hébergement de leurs enfants, une préférence pour l’hébergement alterné égalitaire, même imposée par un juge ou par un régime légal de séparation, favorise mieux une bonne évolution des enfants. Une bonne entente entre les parents n’est donc pas nécessaire ; une relation neutre de collègues éducateurs, un respect mutuel suffit. ».

Avis des enfants vis à vis de la résidence alternée

Dans ce livre on prétend que les enfants sont opposés à la résidence alternée (page 15 entre autres). Encore une fois, il convient de rétablir la vérité. Ce que pensent réellement les enfants :

  • 70% des enfants désirent passer autant de temps avec chacun de ses deux parents séparés [4],
  • 93% des enfants pensent que la résidence alternée est dans leur intérêt supérieur [14],
  • Meilleurs résultats scolaires pour les enfants en résidence alternée [4] [9].

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[1]  Gérard Poussin, psychologue, professeur de psychologie clinique et pathologique à l'université de sciences sociales de Grenoble, Rapport n° 2832 enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 25 janvier 2006 (Tome I), p223 : http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-info/i2832.pdf

[2] Kelly, J.B. 1993. "Current research on children's post-divorce adjustment: No simple answers." Family and Conciliation Courts Review 31:29-49. : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.174-1617.1993.tb00281.x/abstract

[3] Joan B. Kelly - Children’s Living Arrangements Following - Separation and Divorce : Insights From Empirical and Clinical Research - (Family Process, Vol. 46, No. 1, 2006) – Pages 46 et 47 : http://users.wfu.edu/nielsen/kelly%20review%202007.pdf

 [4]Child Custody, Access and Parental Responsibility : the search for a just and equitable standard - Edward Kruk, M.S.W., Ph.D. The University of British Columbia December, 2008 : http://www.fira.ca/cms/documents/181/April7_Kruk.pdf

[5] Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant : http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1644/publi_pdf1_population_societes_2013_500_peres_enfants.pdf

[6] Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 (Docteur Anne Tursz - Mai 2005 - approuvé le Ministère de la Santé et des Solidarités - voir la page 71 entre autres) : http://www.helene-romano.fr/ressources/plan_violence_sante2005.pdf

[7] Etude de Strohschein - 2007 - référencée dans le Rapport de Peter Tromp – 2009 : http://www.cmaj.ca/content/176/12/1711.full

[8] La relation père-enfant et l’ouverture au monde - Daniel Paquette – 2004 : http://www.cairn.info/revue-enfance-2004-2-page-205.htm

[9] Laurette Crétin – « Les familles monoparentales et l’école : un plus grand risque d’échec au collège ? » : http://cache.media.education.gouv.fr/file/82/31/6/DEPP_EetF_2012_82_Familles_monoparentales_237316.pdf

[10] Doc 51 1673/014 - Chambre des Représentants de Belgique - 27 janvier 2006 - Rapport fait au nom de la sous-commission Droit de la Famille par Mme Valérie Déom. Pages 204 : https://www.dekamer.be/FLWB/pdf/51/1673/51K1673014.pdf

[11] Note du Dr. William Bernett traduite de l’anglais par Dr. Paul Bensussan, psychiatre et expert national : http://www.acalpa.info/pdf/SAP-DSM5-final.pdf

[12] Enfants au cœur des séparations parentales conflictuelles - Pages 59-60-61 :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics//084000714/0000.pdf

[13] Doc 51 1673/014 - Chambre des Représentants de Belgique - 27 janvier 2006 - Rapport fait au nom de la sous-commission Droit de la Famille par Mme Valérie Déom. Pages 224-225 : https://www.dekamer.be/FLWB/pdf/51/1673/51K1673014.pdf

[14] Etude du Professeur de Psychologie William Fabricius (2003) référencée dans Children’s Living Arrangements Following Separation and Divorce: Insights From Empirical and Clinical Research – Joan B. Kelly – 2007. http://www.wfu.edu/~nielsen/kelly review 2007.pdf

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