Fiabilité des expertises judiciaires et psychanalyse (Exemple édifiant #1)

A partir du §4, on trouvera un exemple concret et saisissant d’une expertise psychiatrique menée par le docteur Maurice Berger, « expert » judiciaire de pratique psychanalytique. Rappelons que le psychanalyste Maurice Berger est l'auteur de livres et de publications anti-résidence alternée dont les contenus relèvent essentiellement de l’escroquerie intellectuelle.

1) Avertissement

Le champ d’application de ce billet ne concerne que les sujets de la parentalité, des séparations parentales et donc aussi les besoins de l’enfant en matière de parentalité.

Dans la suite de ce billet, nous qualifions de « psychanalystes dogmatiques » les psychanalystes qui sont exagérément ancrés sur les dogmes ancestraux des fondateurs.

A partir du §4, on trouvera un exemple concret et saisissant d’une expertise psychiatrique menée par le docteur Maurice Berger, « expert » judiciaire de pratique psychanalytique. Rappelons que le psychanalyste Maurice Berger est l'auteur de livres et de publications anti-résidence alternée dont les contenus relèvent essentiellement de l’escroquerie intellectuelle (lire : Faux et usage de psychanalyse).

* : En pré-requis, il est préférable d’avoir pris connaissance du contenu de cet autre article de Pierre Laroche : Faux et usage de psychanalyse, La parentalité en psychanalyse et Le lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice familiale.

La psychanalyse est dépourvue de toute scientificité et ne repose que sur des stéréotypes sexistes (exemples : le père porteur de la Loi, le père « castrateur », etc.). Les psychanalystes dogmatiques pensent donc toujours, malgré les avancées de la science, qu’il existe une hiérarchie des rôles parentaux, que la mère occupe le rang de « parent supérieur », que tout enfant possède trois pères : le fonctionnel, l’affectif et le géniteur, que seul le père fonctionnel est important pour l’enfant, que ce dernier est défini par la mère et peut donc être « le gardien du square » (SIC), etc.

En revanche les psychologues scientifiques (universitaires, comportementalistes, du développement, etc.) bien que beaucoup moins auto-médiatisés, ont des conclusions inverses réellement étayées (exemple : Le livre blanc de la résidence alternée).

2) Introduction

Dans le cadre des décisions de justice familiale, des expertises psychiatriques sont parfois sollicitées par les magistrats ou par les parties elles-mêmes. Bien entendu, chacun peut refuser l’expertise, mais celui qui refuse devient automatiquement suspect. Lorsque l’expertise est retenue, le psychiatre devient le conseiller du juge… En France sur 14000 psychiatres, environ 9500 sont de pratique psychanalytique. Certains des psychiatres-psychanalystes sont donc aussi experts pour les tribunaux et nous le savons certains psychanalystes sont aussi de sévères dogmatiques…

Naturellement, on est conduit à s’interroger sur les différences susceptibles d’exister entre une expertise conduite par un psychanalyste dogmatique et un expert d’une autre pratique… Nous allons donc comparer plusieurs expertises portant sur une même personne, plus précisément il s’agit de la même famille dans le cadre d’une seule et même affaire… L’expert psychiatre et psychanalyste dogmatique de référence retenu dans le cadre de ce billet est le psychanalyste Maurice Berger que différents médias comme Le Figaro se sont risqués à décrire en tant que « célèbre pédopsychiatre » !

Le but de ce billet n’est pas de juger l’affaire, ni les personnes, ni les faits. Nous ne prenons, ni la défense de Monsieur, ni celle de Madame. Nous ne prétendons pas remettre en question le résultat des expertises que ce soit celle du psychanalyste dogmatique Maurice Berger ou celles des autres dont les pratiques ne sont pas centrées sur la psychanalyse. Le but de ce billet est de montrer qu’il existe un fossé entre les conclusions d’une expertise rédigée par un psychanalyste dogmatique et 5 autres rédigées par des psychiatres ou psychologues de pratique différente. Le but de ce billet est donc de montrer que la pratique de l’expert influence le contenu de son expertise et donc les conclusions qu’il porte sur ses patients. Ainsi, pour un même individu, un expert pourra conclure que son sujet est un fou pervers alors qu’un autre conclura qu’il est normal et vice-versa !

Nous recommandons au lecteur de lire l’excellente approche déjà réalisée sur ce sujet par le psychologue scientifique Jacques Van-Rillaer (professeur émérite de psychologie à l’Université de Louvain en Belgique) [1] concernant le viol et le meurtre de la petite Loubna Benaïssa par Patrick Derochette libéré quelques temps plus tôt sur la base d’une expertise psychiatrique menée le docteur Elias (psychanalyste dogmatique).

Dans ce billet, pour des raisons de confidentialité, le nom du père a été remplacé par « Monsieur ». Le nom de la mère a été remplacé par « Madame ». Les prénoms des enfants sont remplacés par « L. » et « T. ». Les enfants sont tous les deux très jeunes.

3) Justifications du choix de l’expert

Maurice Berger peut être qualifié de psychanalyste dogmatique dans la mesure où il est farouchement engagé dans une campagne anti-résidence alternée. Il se vante d’écrire tous les ans aux élus pour les dissuader de débattre sur ce sujet [2]. Il continue de prôner, contrairement aux avancées de la science, qu’il existe une hiérarchie des rôles parentaux. Il a contribué à plusieurs livres dont les contenus relèvent de l’escroquerie intellectuelle [3] comme : « Divorce, Séparation : Les enfants sont-ils protégés ? ». Le 8 avril 2013, dans le cadre d’un pseudo-débat à l’APPEA organisé par un groupuscule de psychanalystes dogmatiques, il était censé faire la présentation des études scientifiques portant sur le sujet de la résidence alternée. Il a occulté de sa présentation de toutes les études prouvant que celle-ci est favorable aux enfants (soit 90% des études sur la résidence alternée). Il a occulté toutes les études et la recherche de Gérard Poussin ainsi que celles de Chantal Zaouche-Gaudron. En lieu et place, il a brandit, comme étant la seule étude française, une vulgaire publication sans intérêt rédigée par une psychanalyste dogmatique du nom d’Eugénie Izard (portant sur seulement 11 cas sortis de son cabinet personnel) ! En vérité, ce qu’il n’a pas dit c’est que cette publication s’est vue imposer par Neuropsychiatrie de l’Enfance, l’estampille : « Expérience personnelle » et lorsqu’on la lit, on en comprend vite les raisons [4]... Le contenu est invérifiable !

Monsieur Berger est également intéressant dans la mesure où son systématisme est unilatéralement bien repéré. Par exemple, Sylvia Tabet (écrivain, artiste peintre, diplômée en sciences politiques à l'Institut des hautes études d'Amérique latine) précise [5] au sujet de Maurice Berger : « Chaque fois, il déconseille la résidence alternée pour les enfants âgés de moins de six ans. ».

Sylvia Tabet rapporte également, l’extrait d’une interview accordée au Figaro, au printemps 2003. Dans cette interview de Catherine Balle (journaliste), Maurice Berger décrit les conséquences de la garde alternée sur le développement du tout-petit. Voici ce qu’il dit : « Elles sont largement négatives. On observe que les enfants de moins de six ans qui sont placés en garde alternée sont très angoissés et qu'ils ont des comportements pathologiques. Certains pleurent silencieusement, le jour comme la nuit. D'autres, en présence de leur mère, la suivent partout et ont peur dès qu'elle échappe à leur regard. Par ailleurs, lorsque les tout-petits reviennent de chez leur père, ils peuvent avoir le regard vide et sembler épuisés et déprimés. A plus long terme, les adultes sont souvent angoissés et ont une tendance dépressive. ». Voilà une contre-indication efficace et dissuasive pour n'importe quel parent !Elle serait pourtant largement outrancière selon Daniel Marcelli [6] (chef de service de pédopsychiatrie du CHU de Poitiers) : « Je trouve que Maurice Berger est alarmiste et tient des propos inquiétants ».

Sylvia Tabet écrit encore [7] : « Pour Maurice Berger, rien à faire : "Le fait même qu'un père réclame la résidence habituelle d'un enfant petit, en l'absence d'une défaillance éducative importante de la part de la mère (nocivité, inconstance dans les soins, troubles psychiques graves), peut être un signe inquiétant, correspondre à un risque de dépression paternelle, ou à un déni de ce qu'une mère peut apporter à un enfant petit.» Il voit même dans ce comportement "une volonté d'attaquer cruellement l'ex-épouse par le biais de l'enfant" et l'indice d'une "conception éducative aberrante [8]" ».

Eric Verdier (psychologue et chercheur à la Ligue française pour la santé mentale) précise [9] : « Plus préoccupant, me paraît être l’influence croissante auprès des juridictions des études effectuées par le Docteur Maurice Berger, qui, par référence à des données dites scientifiques et à la nécessité de protéger le très jeune enfant, entend remettre en cause le principe de coparentalité reconnu par le législateur. ».

Sur son blog, Franck Méjean (avocat à la cours spécialisé dans le divorce et la séparation parentale) relate certains constats [10] : « Depuis l'entrée en vigueur de la Loi du 4 mars 2002, je me heurte, assez régulièrement, et je vous en ai déjà parlé, à des jurisprudences hostiles qui, se fondant sur des travaux de pédopsychiatres discutables, rejettent la résidence alternée et la voue aux gémonies …/… La Présidente de la Chambre de la Famille du Tribunal de Grande Instance de PERPIGNAN avait amorcé, il y a quelque temps, une jurisprudence intéressante sur ce point. Elle devait, dans une ordonnance, clairement indiquer que si certains pédopsychiatres, dont le Professeur BERGER, étaient fondés à se prononcer contre la résidence alternée, d'autres, tout aussi éminent, la reconnaissaient comme une alternative crédible… ».

La dépendance de Monsieur Berger aux dogmes psychanalytiques est si forte que lors de son audition au Sénat en session ordinaire de 2006-2007, le sénateur Nicolas About lui-même médecin se voit contraint de signaler [11] : « Si vous me le permettez, monsieur le président de la commission des lois, je souhaiterais réagir aux propos de mon confrère le Dr Berger et lui dire que je n'ai pas très bien compris son attaque dirigée contre le législateur. Je sais qu'il est psychiatre et psychanalyste, et je me demande s'il ne nourrirait pas un vieux rêve refoulé : être lui-même législateur ! ».

Maurice Berger milite également en faveur de la réduction de l’âge de la responsabilité pénale... Dans son « étude » [12], il écrit : « Lorsqu'on aborde la question de l'âge de la responsabilité pénale, la solution de facilité consiste à affirmer qu'au-dessous de treize ans, on a à faire à des "enfants", à des "gosses", termes qui traduisent une réelle méconnaissance des problèmes en jeu. Mais cet "enfant" dont les jambes, dit-on, toucheraient à peine le sol lorsqu'il est assis sur une chaise peut pourtant avoir la force, avec l'aide d'autres "enfants", de maintenir une fille au sol, de lui écarter les cuisses, de lui déchirer l'hymen avec son zizi "infantile" bien dur. Il a aussi la cruauté d'être totalement insensible à ses supplications, à ses cris, à ses pleurs. Et récemment, un tribunal pour enfants n'a eu d'autre alternative que de condamner un mineur, âgé de douze ans au moment où il a commis un viol, à "un stage de formation civique". ». Là où sa consœur Eugénie Izard prétend déjà dramatiquement tirer des conclusions générales à partir des cas de onze enfants seulement en résidence alternée, Monsieur Berger n’hésite pas à en faire autant à partir d’un seul !

Sur son blog [13], le docteur Frédéric Jésu (pédopsychiatre, administrateur et vice-président de Défense des Enfants International) publie ceci : « Le pédopsychiatre Maurice Berger, chantre de la thèse de l’“échec de la protection de l’enfance”, en est devenu, au prix d’habiles mais malhonnêtes outrances, la tête de proue médiatisée et l’inspirateur à peine occulte. Leurs démarches convergentes se présentent sous le vernis d’un discours pseudo-scientifique, se parent même des attributs de la défense des droits de l’enfant, mais s’avèrent en réalité idéologiques et démagogiques. Quand elles entreprennent de dénoncer en bloc les principes de base, le coût et l’efficacité du dispositif de protection de l’enfance, elles visent en réalité à remettre en cause son existence même. …/… Maurice Berger biaise et dramatise délibérément les questions qu’il pose – celles du travail et des limites du travail autour des relations parents/enfants, celles de la place des psychiatres dans ce travail. Surtout, il n’y apporte guère de réponses, si ce n’est la mise à l’index du principe même d’une assistance éducative intégrant les parents et la promotion concomitante d’échelles d’évaluation des compétences de ceux-ci qui est à la démarche d’aide ce que le grand inquisiteur épiscopal de la Contre-réforme est au procureur de la République. Quant aux enfants, leur vie quotidienne et leur avenir semblent n’avoir d’autres perspectives que de se laisser passivement conduire et organiser entre l’hôpital de jour (et ses prix de journée) et leurs familles d’accueil (et leurs bonnes volontés). ».

Le psychanalyste dogmatique Maurice Berger a même été identifié par Marie Derain [21] (Défenseure des Enfants) comme faisant partie des « réticents ou opposants » : « ils considèrent que le maintien des liens n’a aucun intérêt et serait une idéologie (cf M. Berger sur la pathologie du lien) ».

Bref ! On ne présente plus le « célèbre » (dixit Le Figaro) psychanalyste dogmatique Maurice Berger.

4) Extraits de l’expertise du psychiatre et psychanalyste dogmatique Maurice Berger

Dans le cadre d’une délicate affaire de séparation parentale, Maurice Berger est missionné par le Tribunal afin de rendre ses observations sur la famille via une expertise psychiatrique.

Voici comment débute le compte rendu de l’entretien de Madame : « Au cours de l'entretien, Madame va être calme, évitant de mettre de l'huile sur le feu…. ». Voici comment débute le compte rendu de l’entretien de Monsieur : « Monsieur débute en disant qu'il perd confiance en lui par rapport à ce qui lui arrive. Il se présente avec un aspect dépressif dont il est difficile de savoir s'il est réel, ou s'il est "stratégique" face à l'expert. ».

On note que Maurice Berger démarre son entretien avec une pensée assez négative concernant « Monsieur ». Il écrit qu’il ne sait pas si l’aspect dépressif de son client est sincère ou stratégique…! Pour information, le Monsieur dont il est question dans cette expertise est tout de même resté sans voir ses enfants pendant plusieurs semaines… et dans sa conclusion Berger écrit ceci : « Monsieur aime ses enfants, ses enfants l'aiment…/… ». Malgré cela, Maurice Berger s’interroge et annonce qu’il doute de l’authenticité de son « aspect dépressif » !

L’expert Maurice Berger écrit ensuite : « Je demande à Monsieur pourquoi il a chois le Dr K., psychiatre à Lyon, pour obtenir un certificat. Il me répond que ce sont des amis qui lui ont donné ce nom. Il faut savoir que le Dr K. a pris des positions très peu étayées cliniquement en faveur de la résidence alternée, et surtout que dans un article paru dans un hebdomadaire ___, il a tenu des propos très inexacts pour démontrer le bien-fondé de ses idées, déformant grossièrement les idées contenues dans un article de Mme Louisiane Gauthier, psychologue qui tenait alors une place très importante dans le dispositif de protection de l'enfance du Québec. …/… Quant au certificat du Dr T., il parle de troubles chez l'enfant sans les décrire. Enfin Monsieur va voir un expert à sa demande, lequel le trouve normal, mais cet expert n'a pas à répondre aux questions précises d'un magistrat, et de plus, il ne rencontre pas les enfants. Or on sait qu'il est impossible de pouvoir évaluer la capacité parentale d'un adulte sans rencontrer les enfants seuls, puis le parent en présence de ses enfants. Monsieur cherche à accumuler des preuves, mais elles ne sont pas probantes. ».

Un expert peut bien évidemment contester l’avis d’un confrère. Dans ce cas, la contestation se doit d’être centrée sur la consistance de l’expertise incriminée et les critiques se doivent de rester dans les limites de l’expertise. Ainsi, il est possible de dire : « Je ne suis pas de l’avis du docteur K. Le docteur K semble avoir omis de prendre en considération le point suivant… ». Ici, la critique de Maurice Berger à l’encontre du docteur K. porte sur la résidence alternée en général et non pas sur la consistance de son expertise. La résidence alternée n’est pas le sujet de cette expertise. Il aurait fallu que Maurice Berger démontre que la position du docteur K. à l’égard de la résidence alternée a altéré son jugement sur « Monsieur ». Ce lien de cause à effet n’est pas établit dans les observations de Maurice Berger. Finalement, on constate que l’expertise du docteur K. n’est pas remise en question par Maurice Berger. Ainsi Maurice Berger n’a aucun reproche d’ordre professionnel contre le docteur K. et il n’est pas permis de comprendre pourquoi l’expertise de Maurice Berger se trouve en désaccord avec celle du docteur K. si ce n’est par l’éventualité que Maurice Berger ne semble pas pouvoir contenir le conflit personnel qu’il entretient avec le docteur K. et qui déborde largement du champ de cette expertise.

Dans son expertise Maurice Berger écrit : « on sait qu'il est impossible de pouvoir évaluer la capacité parentale d'un adulte sans rencontrer les enfants seuls, puis le parent en présence de ses enfants ». Le problème des expertises psychiatriques est qu’il n’existe aucune règle formelle régissant leur conduite. Il en est de même pour le contenu des rapports. Le psychiatre n’est pas tenu de se justifier, ni de justifier sa méthode, ni de justifier sa doctrine, ni de dire combien de temps il a passé, ni d’assortir ses entretiens (car il ne s’agit que de cela) de tests psychologiques normés…! L’expert est donc libre de faire ce qu’il veut. Cela lui confère un pouvoir énorme sur la décision du juge. Beaucoup d’experts le savent et suggèrent au magistrat la décision à prendre [14]. Relativement au sujet de « l’évaluation des capacités parentales », on peut effectivement supposer qu’il soit préférable de comparer le comportement des enfants en présence et en dehors de la présence des parents. Cependant, il n’existe aucune règle en la matière et cela dépend peut être aussi de la capacité de l’expert et des situations… Il semble donc abusif d’écrire : « On sait qu’il est impossible… ».

Ensuite, Maurice Berger relate à propos d’un des enfants : « L. souffre énormément de la situation. On la sentait très stressée pendant l'expertise. Elle a complètement intériorisé le fait qu'elle vit dans deux mondes séparés, celui de son père et celui de sa mère. Ceci se manifeste lorsqu'elle se déshabille toute seule en arrivant chez le père. Il n'est pas rareque des pères déshabillent leur enfant lorsqu'il arrive de chez sa mère, pour qu'il n'y ait aucune "trace" de la mère chez eux. Ces mêmes pères suppriment souvent le doudou et la tétine, mais ils en proposent parfois un autre, le "leur". Dans le cas de L., on peut dire que c'est encore plus grave, au sens où cette fillette se déshabille d'elle-même. Cela montre à quel point elle a intériorisé le conflit entretenu, nous le constaterons, par le père. ». On remarque là trois choses très problématiques. Monsieur Berger transforme « la fillette se déshabille », en « Monsieur fait déshabiller la fillette ». Monsieur Berger énonce une pseudo-généralité. Puis finalement, il ne prend même pas la précaution d’écrire que si des pères procèdent ainsi, alors très certainement que des mères en font autant !

Voici comment commencent les conclusions pour « Monsieur » : « Ce père présente un pouvoir de conviction extrêmement important. Mais ceci est dû au trouble psychiatrique qu'il présente, et qui s'organise autour de deux axes. …/… Monsieur présente un authentique délire à thème sexuel. Cette pathologie est relativement peu connue. Elle consiste en un délire enkysté autour de ce thème, ce qui n'empêche pas forcément la personne qui en est atteinte de pouvoir mener une existence à peu près normale dans les autres domaines, par exemple de continuer à travailler et même d'avoir des relations amicales. C'est pour cela qu'on donne à cette pathologie le nom de "psychose blanche", au sens où le délire n'envahit pas toutes les parties de la vie et toutes les relations du sujet…./…

Monsieur ne pourra pas reconnaître l'exactitude de ce que je dis puisque par définition, pour lui il s'agit de la réalité et non pas d'un délire. Il ne prendra jamais le traitement nécessaire qui serait une prescription de neuroleptiques. ».

Maurice Berger précise : « On peut aussi penser que dès que Madame aura un appartement pour elle, Monsieur lui prêtera de nombreux amants qu'il imaginera être dangereux pour la moralité de ses enfants, et il épiera pour le prouver. ».

Il ajoute encore : « Si des visites médiatisées ont lieu, elles pourraient être d'une heure tous les quinze jours, avec nécessité de les interrompre si le père commence ses "investigations". Mais cela ne suffira pas. Il est nécessaire qu'il y ait un suivi par des travailleurs sociaux, non pas pour permettre à Monsieur d'évoluer, mais pour gérer les problèmes touchant l'éducation, la santé. Monsieur s'infiltrera dans la moindre faille et il faudra qu'il y ait en permanence un tiers pour trancher, c'est-à-dire soit les travailleurs sociaux mandatés par le magistrat, soit le magistrat lui-même. ».

Maurice Berger continue : « Il ira d'appel en appel. La justice pourra-t-elle tenir face à quelqu'un qui a un tel pouvoir de conviction? L'enjeu est important pour le développement affectif des enfants. Une autre question se pose, c'est de savoir pendant combien de temps il faudra maintenir ces visites médiatisées. Je pense qu'il est souhaitable qu'elles soient mises en place jusqu'à ce que les enfants aient douze ans chacun, c'est-à-dire qu'ils aient une pensée personnelle bien construite et qu'ils soient capables de résister aux propos et aux attitudes de leur père. Passé cet âge il faudra que des travailleurs sociaux restent présents pour évaluer comment les enfants se portent après des contacts non médiatisés. ».

T. à 4 ans. La fin des visites médiatisées est donc prévue dans 8 ans. L’expert peut tenter de prédire l’avenir. C’est un peu son rôle. Par contre, le prédire au-delà de 8 ans, semble relativement époustouflant…! Il aurait pu proposer un suivi tous les deux ou trois ans dans le but que les enfants puissent bénéficier d’une petite chance d’être aussi éduqués par le père !

Il précise aussi : « La conclusion qui s'impose malheureusement est la suivante. Monsieur aime ses enfants, ses enfants l'aiment, mais la forme d'affection qu'il leur porte gâche complètement cet amour. Actuellement, l'enfance de L. et de T. est envahie non pas tant par le conflit que Monsieur entretient, mais par la forme même que prend ce conflit, c'est-à-dire une forme délirante. Le seul moyen que je vois pour protéger le développement des enfants est la mise en place de visites médiatisées, ce qui va au-delà de ce que souhaite Madame, mais elle n'a pas saisi la gravité des troubles de Monsieur, et je ne lui en ai pas parlé. Elle pense que Monsieur est dans le harcèlement, ce qui est probablement exact, mais elle a l'espoir que ceci se tassera, alors que ce n'est absolument pas le cas. On peut remarquer que je propose des aménagements beaucoup plus importants que ceux demandés par Madame, et que s'ils sont ordonnés par le juge, elle ne pourra pas en être considérée comme responsable. ».

Ce psychanalyste tient à afficher qu’il déresponsabilise la mère des sanctions qu’il suggère dans la conclusion de son rapport : « s'ils sont ordonnés par le juge, elle ne pourra pas en être considérée comme responsable. ». Monsieur Berger ne précise pas de qui il cherche à protéger Madame. Monsieur Berger ne dit pas concrètement que Monsieur est dangereux… mais son message est sans équivoque. Notons également qu’il écrit qu'il ne l'a pas dit à Madame. Si Monsieur était réellement dangereux, n’était-il pas tenu de lui dire tout de suite afin de protéger les enfants ?

Est-il normal qu’un psychiatre expert suggère une dangerosité au lieu de l’écrire...? Son métier est de dire si la personne est dangereuse, surtout si elle est dangereuse.

Puis Maurice Berger conclue : « Il est certain que Monsieur n'appréciera pas mes conclusions. Il a une certaine appétence pour le maniement des armes. Je souhaite donc que le magistrat lui interdise tout contact avec l'expert et de pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital B. ».

Le psychanalyste Maurice Berger n’a pas, du tout, été menacé par « Monsieur », mais il demande quand même au magistrat de priver Monsieur d’une partie de ses libertés. S’il sollicite cette interdiction, n’est-ce pas aussi dans le but de faire passer une nouvelle fois l’éventuel message que Monsieur serait dangereux et instable ? Si c’est bien le cas, on remarquera que Monsieur Berger préfère le suggérer plutôt que de l’écrire.

5) Extrait du certificat du psychiatre Ladislas Kiss

Voici un extrait des conclusions du docteur Kiss : « Je soussigné …/… certifie avoir reçu en consultation le ___ Monsieur ___ accompagné de ses deux jeunes enfants L. et T. Celui-ci m'explique, que sa femme est partie du jour au lendemain sans explication avec ses deux enfants se réfugier chez ses parents à ___ très loin du domicile conjugal. Une procédure de divorce semble avoir été engagée unilatéralement par son épouse alléguant des violences conjugales et de maltraitance sur les enfants. Au cours de l'entretien j'ai constaté que les deux enfants étaient très proches de leur père et tout à fait à l'aise avec lui, ce qui ne peut absolument pas concorder avec les allégations dont il serait la cible. Vu le récit que me fait Monsieur ___ sur les difficultés de communications, de respects des droits de garde et des multiples allégations sans témoins neutres, il se pourrait que l'on se trouve en face d'une attitude d'aliénation parentale écartant et disqualifiant le père physiquement et dans l'esprit des enfants, chez une mère qui pourrait présenter des troubles affectifs de dépendance pathologique. En tant que psychiatre, spécialisé dans les troubles de l'enfant et des dysfonctionnements familiaux, je pense qu'il serait prudent que la Justice ne prenne pas pour vraies des déclarations qui ne viseraient qu'à semer le doute et retirer la garde paternelle, ce qui serait des plus préjudiciable pour le développement psychomoteur ultérieur des enfants. ».

6) Extrait du rapport du psychiatre Vincent BETHEMONT

Voici un extrait des conclusions du docteur Bethemont concernant « Monsieur » : « On ne relève d'emblée aucun trouble de l'attention ni du fil de la pensée. La recherche d'idées délirantes, confusionnelles ou d'une tendance projective est négative. Le discours est fluent, les intonations sont bien marquées, la mimique est expressive. Ceci signifie qu'il n'est pas possible de retenir l'hypothèse ou l'éventualité de troubles de la lignée psychotique, dissociative ou paranoïaque. Cet homme est exempt au plan clinique de tous symptômes qui permettraient de le situer dans cette veine. En d'autres termes, son rapport au monde et avec les autres, se situe en permanence dans un registre névrotique…./… On ne relève dans ses rapports avec les autres aucune inhibition ni retrait. La recherche d'anxiété réveillée par autrui, est tout à fait négative. Cet homme jouit de pouvoir s'exprimer et se déplacer à sa guise. Il ne fait pas état d'accès anxieux récurrents susceptibles de survenir lors des difficultés de la vie quotidienne. On ne note aucun signe évocateur d'une personnalité pathologique, que l'on résonne avec la terminologie ancienne ou avec les critères de la DSM4. On a pu éliminer, dans un premier temps, l'éventualité d'une personnalité psychotique. On peut à ce stade, éliminer l'éventualité d'une personnalité évitante, obsessionnelle, phobique, etc. En d'autres termes, le fonctionnement psychique de Mr ___ est en permanence adapté aux situations qu'il peut rencontrer. Il a été recherché ensuite l'éventualité de troubles du caractère, c'est-à-dire d'une série de symptômes qui pourraient le faire situer dans le registre des états limites. Dans cette veine, il n'a pas été retrouvé les baisses thymiques brutales, les passages à l'acte répété, les difficultés en matière de compréhension et de symbolisation. Ceci signifie que s'il possédait bien à son domicile des armes, il en a expliqué la provenance comme un héritage venu de son grand-père, qui lui avait été donné en charge par son propre père et qu'il entendait conserver, voire léguer. Il ne s'agit nullement d'armes qui avaient été envisagées à titre d'usage quelconque, fut-il personnel ou sportif. Ce ne sont que des objets qui ne représentent pas plus dans son esprit qu'un souvenir des générations antérieures. Les troubles très passagers du caractère qu'il a admis et qui ont été les siens pendant ces dernières semaines, sont très conjoncturels, c'est-à-dire liés à une situation très angoissante pour lui et correspondent en réalité à des réponses, à des mots qui lui ont été adressés, devant lesquels il s'est trouvé tout à fait désemparé. En effet, il ne faut pas dans cette affaire, négliger le fait que Mr ___ est resté dans l'ignorance absolue de tout ce qui pouvait se passer autour de ses enfants pendant plusieurs semaines. La discussion a ensuite été poussée suffisamment loin, pour que l'on puisse éliminer une tendance perverse ou un fonctionnement pervers. Cet homme ne s'est pas révélé manipulateur, possessif, tout puissant. Il considère l'autre comme un personnage doué de raison et de paroles et accepte toujours de rentrer en contact avec lui sur ce mode. Il ne fait pas non plus état de traits pervers dans sa pratique sexuelle ou au quotidien.

En somme, au terme de ce long entretien, on ne retiendra aucune pathologie psychiatrique constitutionnelle, c'est-à-dire structurelle et relative à son fonctionnement profond, ni plus réactionnelle, c'est-à-dire de nature névrotique, pouvant être mise en cause voire estimée comme à l'origine, d'un certain nombre de gestes qui lui sont reprochés. S'ils ont existé, ils sont purement conjoncturels et ne sauraient témoigner d'un trouble de la personnalité. Par contre, il est certain quecet homme est maintenant dépressif et angoissé, ce qui est en lien direct avec la situation qu'il vit, de séparation de ses enfants, la rupture de son foyer familial, mais aussi la disparition récente de sa mère. Il décrit une légère baisse de l'élan vital, sans apragmatisme ni aboulie. L'anhédonie et l'anaphrodisie sont complètes. Le sommeil est très perturbé, les remémorations de sa mère, de ses enfants, sont très fréquentes. Par instants, il est également l'objet de manifestations anxieuses, entravant l'endormissement, perturbant son attention. On perçoit qu'un chemin psychique est encore nécessaire, avant qu'il ne puisse admettre, c'est-à-dire intégrer dans son schéma de vie, qu'il lui est nécessaire de s'orienter vers un autre type de vie.

En conclusion, on peut, au terme de cet examen, indiquer que Mr ___ n'est porteur d'aucun état pathologique psychiatrique, qui pourrait venir étayer l'hypothèse d'une certaine violence qui serait consubstantielle à son comportement ou à son caractère. Il est par contre légèrement dépressif, en perte de repères. Aucun des éléments cliniques recueillis, n'est de nature à pouvoir faire évoquer, la justification d'une diminution du droit de garde de ses enfants sur un motif médical ou psychiatrique. ».

7) Extrait du rapport du psychiatre Bernard Greppo

Voici un extrait des conclusions du docteur Greppo : « Aucun des parents ne présente de pathologie psychiatrique grave en évolution mais seulement un certain degré d'immaturité affective avec quelques traits névrotiques plutôt de bon aloi chez M. notamment dans son rapport à la culpabilité ce qui peut l'aider à vaincre cette relative immaturité. Cette immaturité rend Mme ___ dépendante de ses enfants et de ses parents et M. ___ de ses enfants. Chacun des parents quelles que soient ses caractéristiques personnelles et ses différences est pleinement apte à exercer ses responsabilités parentales. Les enfants ont tous deux un attachement indiscutable pour chacun des parents. …/… L’attachement que les enfants manifestent à l'égard de chacun de leurs parents nécessite qu'ils puissent avoir une relation suffisante avec l'un comme avec l'autre de leurs parents. Il y a une opposition de fond à ce principe du fait de la configuration actuelle de la situation familiale. L'accès du père à ses enfants, sans conséquences délétères pour L. et T., est difficile à envisager tant que leur mère habitera avec eux chez ses parents ne serait-ce que par rapport à la mise en cause du grand-père maternel par le père, M. ___, après les déclarations prêtées aux enfants. La loyauté que les enfants peuvent avoir pour la loyauté de leur mère à l'égard de ses parents, loyauté renforcée également par les mises en cause évoquées plus haut, empêche de penser sérieusement à une solution dénuée de risques émotionnels pour eux si l'un ou l'autre des enfants avait la crainte obscure de trahir sa mère et ses grands-parents maternels en ayant avec leur père des-relations-plus-ordinaires. Or les enfants ont besoin de rencontrer plus souvent leur père et de ne plus être frustrés de l'affection qu'ils ont pour lui. ».

8) Extrait d’un avis émis par la psychiatre Isabelle Grosjean

Voici un extrait des conclusions du docteur Grosjean : « Par la suite, M ___ m’a tenue régulièrement au courant de l’évolution des procédures et m’a communiquée le compte-rendu d’expertise du Dr Berger, compte-rendu qui l’avait anéanti.

J’ai été très surprise par le contenu et le procédé de cette expertise familiale tant pour les enfants que pour les adultes. …/…

L. et T. sont pris dans un vrai conflit de loyauté vis-à-vis de leurs deux parents qu’ils aiment. Quand le Dr Berger a reçu les enfants seuls, ils ont dit spontanément la réalité de ce qu’ils ont vécu avec leur grand-père, sans d’ailleurs le dramatiser ; ils ont dit également qu’ils n’en avaient pas parlé à leur mère de peur de se faire fâcher par elle (ils avaient donc bien notion de quelque chose de mal, soit de leur fait soit du fait du grand-père) ; devant leur mère, il leur a été impossible de confirmer et ils ont évidemment dit qu’il ne s’était rien passé. …/…

En ce qui concerne l’expertise de M ___ qui conclue au diagnostic de psychose blanche avec un « authentique délire à thème sexuel », je suis très étonnée, voire effarée de ces affirmations car j’ai discuté de nombreuses fois avec M ___. Ce dernier n’a jamais fait état de certitude délirante concernant les suspicions de mauvais traitements sur ses enfants ; il ne demandait qu’à lever ses doutes et c’est la raison pour lesquelles il a été au Pôle de Violences sexuelles. M ___ ne présente pas de pathologie psychiatrique et n’a aucune raison d’être privé de ses enfants qui le réclament.

La psychose blanche ou psychose non-hallucinatoire est un concept psychanalytique élaboré par André Green et Jean-Luc Donnet en 1973. Il s'agit d'une structure non manifeste qui peut passer pour une dépression, un cas-limite ou désigne une évolution psychotique sans signe clinique patent. Cette entité de cas-limite trouve sa juste place entre la névrose et la psychose. Elle vient rappeler que les contours en sont flous, dans la réalité humaine. Toutefois, il ne s'agit pas réellement d'une entité à part entière, mais une telle étiquette relève plus souvent d'une faiblesse de diagnostic.

…/… Les principaux symptômes et troubles psychiatriques à rechercher derrière le masque vide d’une psychose blanche, froide, ou d’une « structure » psychotique ne semblent pas, pour le moins, être patents chez M ___.

Je ne peux donc que constater la pauvreté de la démarche diagnostique de l’expertise du Dr Berger, à l’inverse de celle du Dr B., qui a systématiquement recherché et éliminé toutes les pathologies psychiatriques constitutionnelles chez M ___. M ___ ne présente aucune dangerosité pour ses enfants. Le Dr Berger. n’a retenu que des éléments anxiodépressifs qui demeurent encore actuellement, ce qui est bien compréhensible en raison de la séparation d’avec ses enfants que ce père doit subir.

Enfin, pour finir, je m’interroge sur l’appréciation du Dr Berger concernant Mme qui aurait été sous l’emprise de M ___ (« emprise dont elle a réussi à se défaire ») mais qui reste une femme très dépendante de ses parents chez qui elle habite toujours alors qu’elle a un emploi. Elle part en vacances avec eux et semble ne pas savoir se débrouiller sans eux. Faut-il se poser la question de l’emprise des parents de Mme sur leur fille et leurs petits-enfants ? Pourquoi n’ont-ils pas été entendus en expertise puisqu’ils ont été mis en cause ? ».

9) Extrait d’un avis émis par la psychiatre Pascale Boulinguez-Thevenon

Voici un extrait des conclusions du docteur Boulinguez-Thevenon : « Ces entretiens m'ont permis de cerner de façon objective le profil psycho pathologique de MR ___. Il présente un syndrome anxio-dépressif de faible intensité sans idéation suicidaire réactionnel à une rupture familiale brutale et inexpliquée survenue le ___ (maison vide sans épouse, ni enfants et en l'absence d'explications). Il est marié depuis ___ avec deux enfants issus de cette union : L. ___ ans et T ___ ans. MR ____ présente un discours cohérent avec un débit verbal adapté. Il est ancré dans le réel avec l'absence d'élément psychotique avéré. Je note l'absence de syndrome de persécution. Je ne décèle pas de trouble de la personnalité invalidant, ni d'éléments pervers .Ce patient ne présente pas de pathologie addictive actuellement (aucun stigmate d'alcoolisme chronique). Il tente de trouver une issue cohérente et en adéquation avec son souhait de récupérer des droits de gardes en sa qualité de père pour participer à l'éducation de ses deux enfants. Sur le plan social , il a un lieu de résidence fixe et a retrouvé un emploi comme salarié à temps plein au sein de son entreprise . En conclusion, MR ___ ne présente pas de pathologie psychiatrique avérée . Il vit actuellement une épreuve sur le plan humain par la complexité de la procédure mise en place pour pouvoir rencontrer ses deux enfants. ».

10) Conclusion

Sans être exhaustif sur l’ensemble des condamnations faites à la psychanalyse dans les nombreux états dans le monde, rappelons succinctement celles-ci :

  • En 1980, la majorité des références freudiennes sont retirées du DSM notamment pour absence de scientificité (voir les changements entre le DSM2 et le DSM3).
  • En 2004, l’INSERM a produit un épais rapport démontrant l’inefficacité thérapeutique de la psychanalyse pour la majorité de troubles mentaux (Psychothérapie. Trois approches évaluées. Paris : Éditions de l’Inserm, 568 pages).
  • En 2010, un rapport de la HAS (Haute Autorité de la Santé) conclut que la psychanalyse n’est pas à recommander pour traiter l’autisme.

Rappelons enfin, les indicateurs de souffrance de la garde classique prônée par les « célèbres » (dixit Le Figaro) psychanalystes dogmatiques comme Maurice Berger :

  • Près d'un enfant de parents séparés sur 5 ne voit jamais son père [15] (il est à noter que ce risque est divisé par 20 si une résidence alternée a été mise en place au départ (Statistique INED),
  • 71 % des élèves qui décrochent au secondaire n'ont pas de père [16],
  • 90 % des enfants qui font une fugue n'ont pas de père [16],
  • Chaque année plusieurs centaines de pères de famille (environ 1000) se suicident du fait qu'ils ont perdu leurs liens affectifs avec leurs enfants [17],
  • Niveau élevé de dépression chez l'enfant, Abus de substance illicites et licites, Toxicomanie plus fréquente, idem pour l’alcool, TDAH (Trouble Déficit de l'Attention Hyperactivité) [18] [19].
  • Moins bons résultats scolaires qu'en résidence alternée [20].

Concernant Monsieur et ses enfants, ceux-ci ont bien énormément soufferts de ces épreuves à rallonges. Citons que l’expertise de Maurice Berger est toujours mise en avant par la partie adverse et qu’elle continue de faire son « travail »... Par contre, comme nous l’avions annoncé au début de notre article, nous ne conclurons pas sur les pertinences des différentes expertises psychiatriques menées sur la personne de Monsieur et présentées dans cet article. Le lecteur se fera lui-même sa propre opinion.

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[1]  Jacques Van-Rillaer - « Psychologie de la vie quotidienne » (p. 30-32) - Chapitre 2 - La nébuleuse des psys : Lien.

[2] Maurice Berger lors du pseudo-débat APPEA-COPES survenu le 8 avril 2013.

[3]  Faux et usage de psychanalyse

[4]  Eugénie Izard – Troubles psychiques observés chez les enfants vivant en résidence alternée non conflictuelle – Neuropsychiatrie de l’enfance.

[5]  Sylvia Tabet - L’amour en partage - page 53.

[6]  Daniel Marcelli - L'Enfant, chef de la famille : l'autorité de l'infantile.

[7]  Sylvia Tabet - L’amour en partage - page 58.

[8]  Maurice Berger - «Le divorce et l'âge de l'enfant ».

[9]  Eric Verdier - Rapport : « Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 » - page 71 : Lien.

[10]  Franck Méjean : Lien

[11]  Rapport d’Information n°349 fait au nom de la Commission des Lois Constitutionnelles, de Législation, du Suffrage Universel, du Règlement et d’Administration Générale et de la Commission des Affaires Sociales sur la résidence alternée.

[12]  Maurice BERGER - Pourquoi il faut abaisser l'âge de la responsabilité pénale - Le risque d'un permis de violer - PSYCHO média - Mars 2009, n°20, p. 46-51.

[13]  La protection de l’enfance est-elle en danger ? Lien.

[14] Paul Bensussan - pédopsychiatre – Expert pour les tribunaux – 2011 : Lien.

[15] Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant : Lien

[16] Child Custody, Access and Parental Responsibility : the search for a just and equitable standard - Edward Kruk, M.S.W., Ph.D. The University of British Columbia December, 2008 : Lien

[17] Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 (Docteur Anne Tursz - Mai 2005 - approuvé le Ministère de la Santé et des Solidarités - voir la page 71 entre autres) : Lien

[18] Etude de Strohschein - 2007 : Lien

[19] La relation père-enfant et l’ouverture au monde - Daniel Paquette – 2004 : Lien

[20] Laurette Crétin – « Les familles monoparentales et l’école : un plus grand risque d’échec au collège ? » : Lien

[21] Le Défenseur des Droits - La question du maintien des liens familiaux et du choix de la résidence lors des séparations parentales (voir page 6) : Lien

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