Les fondamentaux de la psychiatrie

Qu’est-ce qu’une maladie mentale ? Les notions de psychisme et d’inconscient ont-elles du sens ? Sur quelles bases fonctionnent les thérapies cognitives et comportementales des troubles mentaux ? Que sait-on de fiable, qu’est-ce qui fait consensus dans la communauté scientifique internationale, au sujet de la psychiatrie adulte aujourd’hui ?

Dans une émission de 64 minutes, Sophie Robert s'entretient avec Scania de Schonen, Bernard Granger, Antoine Pelissolo et Philippe Domenech. Ensemble, ils définissent les fondamentaux d'une psychiatrie scientifique et médicale, débarrassée de certains dogmes et croyances. Ensemble, ils posent les repères fondamentaux de la psychiatrie scientifique. Il s’agit du corps de connaissances et de thérapies psychiatriques qui s'est développé en dehors du référentiel psychanalytique : « Qu’est-ce qu’une maladie mentale ? Les notions de psychisme et d’inconscient ont-elles du sens ? Sur quelles bases fonctionnent les thérapies cognitives et comportementales des troubles mentaux ? Que sait-on de fiable, qu’est-ce qui fait consensus dans la communauté scientifique internationale, au sujet de la psychiatrie adulte aujourd’hui ? ».

Les fondamentaux de la psychiatrie Les fondamentaux de la psychiatrie

De gauche à droite ci-dessus :

  • Bernard Granger est psychiatre et psychothérapeute. Il est professeur de psychiatrie à l’université René Descartes (Paris 5) et dirige l’unité de psychiatrie de l’hôpital Tarnier (AP-HP). Il est le cofondateur et co-rédacteur en chef de la revue Psychiatrie, Sciences Humaines et Neurosciences. Enfin, il est l’un des fondateurs et animateurs du mouvement de défense de l’hôpital public, depuis 2009. Il est également membre de l’Association Française de Thérapie Cognitive et Comportementale (AFTCC).
  • Antoine Pelissolo est Docteur en médecine et chef de service dans le Pôle de Psychiatrie du CHU Henri Mondor à Créteil, et professeur de psychiatrie à l’université Paris Est Créteil. Spécialiste des troubles anxieux et de la dépression, il est responsable de la Clinique d’Investigation des Comportements et des Cognitions (CLICC). Président de l’Association Française des Troubles Anxieux et de la Dépression (AFTAD), il anime le blog Medikpsy lieu d’échange sur les problèmes d’anxiété et de dépression.
  • Philippe Domenech est psychiatre et docteur en neurosciences cognitives à l’Institut d’études de la cognition (ENS), où il traite et étudie le TOC résistant.
  • Scania de Schonen est Directrice de Recherche Emérite au CNRS, Professeur à l’Université Paris Descartes, spécialisée dans le développement du cerveau.
  • Sophie Robert s'est faite connaître du public avec la réalisation du film Le Mur, la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme et entre autres grâce à sa victoire, dument remportée dans son procès que lui avaient opposés certains protagonistes de la psychanalyse.

Dans ce documentaire, Sophie Robert commence de la manière suivante : « Cette émission repose sur un paradoxe. En France les psy sont partout. Omniprésents dans les médias, ils sont consultés au moindre bug. On leur demande de diagnostiquer à distance de parfais inconnus et d’être omniscients dans leurs réponses. …/… La psychiatrie a mauvaise réputation. D’abord parce que la maladie mentale fait peur. Ensuite parce que la psychiatrie est une discipline en pleine mutation agitée par des courants de pensées contradictoires entre les anciens et les modernes. Dans leur ensemble les psychiatres ont beaucoup évolué ces dernières années mais le public ignore tout de cette évolution. La profession de psychiatre suscite une méfiance, voir une angoisse dues au manque de repères par rapport au fondement de cette discipline. Poser des repères c’est justement l’objectif de cette émission. Qu’est-ce qui est fiable ? Qu’est-ce qui fait consensus au sein de la communauté scientifique au sujet de la psychiatrie aujourd’hui ? ».


La vidéo de l'interview est accessible sur le site www.dragonbleutv.com.

LES FONDAMENTAUX DE LA PSYCHIATRIE © Dragon Bleu TV

Ce document peut paraître édifiant, mais Sophie Robert a raison de souligner l’omniprésence des « psy » dans les médias, entre autres. Plutôt que d’interviewer un économiste pour comprendre l’actualité économique, plutôt que d’interviewer un historien pour comprendre notre passé, plutôt que d’interviewer un politicien… aujourd’hui, de nombreux médias se tournent vers des psychanalystes ! On leurs demande leur avis sur tout !

Radio France est censée être la plus grande maison de la culture en France. Pourtant, on peut constater la sur-représentation de la psychanalyse dans la culture française. A la date du 24 octobre 2015, selon leurs archives (Lien), il est aisé de constater que la psychanalyse appelle 1390 émissions, à comparer à psychiatrie 424, psychologie 54, mais aussi science 771, biologie 821, physique 112, religion 274, géographie 236, etc. En conclusion la psychanalyse est l'un des sujets les plus importants pour la culture française avec l'histoire (environ 4600 émissions). Aussi,  prétendre que la psychanalyse s’arrêterait à la barre de seuil de nos questions de société reviendrait à dire que le nuage de Tchernobyl se serait arrêté à la frontière française.

Comme la psychanalyse ne fonctionne pas pour tout ce qui est trouble "dys", et qu'elle n'est pas non plus ce qu'elle prétend être pour le reste, on peut légitiment s'interroger sur les conséquences et les éventuelles risques de son impact sur la société (exemple : expertises psychiatriques pour les tribunaux, formations des magistrats par des psychiatres et pédopsychiatres de cette pratique, etc.)...

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