L’utilisation inconvenante du nom de Brazelton

Maurice Berger et Bernard Golse prétendent que T. B. Brazelton aurait créé un Calendrier qui dicterait le temps qu'un jeune enfant devrait passer avec son parent « secondaire » (généralement le père) lorsque ses parents sont séparés. Pourtant, ce calendrier n'est référencé que dans les livres de Monsieur Berger et les écrits de Brenard Golse. L'Institut Brazelton n'en a jamais entendu parler !!!

Version anglaise : Lien

Qui est Maurice Berger ?

Maurice Berger est un psychiatre français de pratique psychanalytique. Il a été formé à la psychiatrie pour adulte en 1975 et à la psychiatrie pour enfant en 1977. Il a été professeur associé en psychologie clinique et il est aussi enseignant et formateur du collège de psychanalyse groupale et familiale. En 1989, il est devenu chef de service en psychiatrie de l’enfant au C.H.U. de Saint Etienne.

Il a participé à plusieurs groupes de travail sur la protection de l’enfance dont un à la demande de Christian Jacob (Ministre de la famille de 2002 à 2003), un autre à la demande de Marie-Josée Roig (Ministre de la famille en 2004), puis de Monsieur Philippe Douste-Blazy (Ministre de la Santé et de la Famille de 2004 à 2005). Il a été membre du conseil d’administration de la Fondation pour l’Enfance de 2004 à 2012.

Il a été auditionné par une multitude de commissions parlementaires entre 2004 et aujourd’hui. Nous en avons dénombré 12 comme celles des affaires sociales en 2004 et en 2007 à propos de la résidence alternée. Il est également l'auteur et/ou le contributeur de 19 livres, de 107 articles et à 33 ouvrages collectifs. Monsieur Berger a également dispensé des cours à l’Ecole Nationale de la Magistrature de Paris…

Par ailleurs, il met régulièrement en avant qu'il est habilité à diriger des « recherches ».

Maurice Berger est aussi le « maître à penser » et le chef de file (Lien) des psychanalystes ou sympathisants de la psychanalyse (Bernard Golse, Eugénie Izard, Pierre Delion, Sylvain Missonnier, Albert Ciccone, Emmanuelle Bonneville, etc. ) les plus farouchement opposés à la coparentalité permise par la résidence alternée, même lorsque toutes les conditions affectives et matérielles sont réunies et bien qu'il soit prouvé que la résidence alternée profitent généralement aux enfants de parents séparés (meilleurs résultats scolaires, meilleurs estimes d'eux-même, etc.).

Le désaccord entre la psychanalyse et la psychologie du développement

Lorsque les parents se séparent, les professionnels de la santé mentale et infantile sont en désaccord sur la formule la plus propice à l’hébergement des enfants, surtout s’ils sont jeunes. Les enfants doivent-ils rester avec leur mère ou bien peuvent-ils continuer à profiter de l’amour et de l’éducation qu’ils ont l’habitude de recevoir de chacun de leurs deux parents ?

Contrairement à la psychanalyse, la psychologie du développement repose sur des bases scientifiques… Les psychologues du développement et plus particulièrement ceux qui ont étudié de près le comportement et le bien-être des enfants de parents séparés, constatent que les enfants en résidence alternée s’en sortent généralement mieux (meilleurs résultats scolaires et meilleure estime d’eux-mêmes entre autres) que les enfants en garde classique (garde à la mère en général).

Les psychanalystes, et plus particulièrement ceux qui s’ancrent essentiellement sur les dogmes des fondateurs (Freud, Lacan, etc.), réfutent le constat scientifique et continuent de militer pour une présomption de garde classique à la mère. Les plus extrémistes d’entre eux voudraient même faire interdire la résidence alternée pour les moins de 6 ans ! Selon eux, les enfants doivent à tout prix rester avec ce qu’ils qualifient de « parent principal » jusqu’à l’âge de 6 ans. Ces psychanalystes utilisent le terme de « parent principal » pour suggérer qu’il existerait une hiérarchie dans les rôles parentaux ! Pourtant, cette hiérarchie n’existe pas. Généralement, les deux parents sont contributeurs à part égale à l’éducation et à l’amour de leurs enfants.

Le prétendu calendrier de Brazelton !

Pour perturber les débats relatifs à la proposition de loi « famille » en mai 2014, plusieurs psychanalystes ont organisé une pétition dont l’argumentaire était mensonger. Afin de recueillir un maximum de signatures, ils ont prétendu que la proposition de loi « famille » visait à rendre la résidence alternée hebdomadaire et obligatoire pour tous les enfants quelque soient leurs âges ! Ils ont suggéré que la résidence alternée serait néfaste aux enfants puisque selon eux de nombreux pays auraient fait marche arrière. En guise d’exemple, ils ont avancé « le cas » de la Californie. En réalité, cet état n’a jamais accompli le moindre retour en arrière à l’égard de la résidence alternée. Au final, ils exigent que le « Calendrier de Brazelton », modifié par Maurice Berger et Jacqueline Phélip soit appliqué aux petits enfants français par les tribunaux, lors des séparations parentales.

Le but de ce calendrier serait de faire de faire en sorte que l’enfant puisse profiter au maximum de son « parent principal », et organiser en même temps quelques rencontres occasionnelles avec le père. Par exemple, pour un enfant dont l’âge serait compris entre 0 et 2 ans, ce fameux « calendrier de Brazelton modifié » recommanderait l’organisation suivante : « l'enfant pourrait rencontrer son père deux à trois fois par semaine sans passer la nuit chez lui, pour une durée de deux ou trois heures deux fois par semaine jusqu'à l'âge de six mois, puis trois fois trois heures. Deux de ces demi-journées seraient éventuellement regroupables sur une journée à l'approche des douze mois. Le problème est celui du lieu en cas d’éloignement du domicile : il faut trouver un tiers non impliqué dans le conflit s'il existe une mésentente à propos de l'hébergement : chez un grand-parent, un ami commun, chez la nourrice. On pourrait proposer que dans le futur, ceci puisse avoir lieu à la crèche dans un local aménagé de manière légale. ».

Ces psychanalystes ne contre-indiquent pas la mise en crèche des enfants, ni chez la nounou, lorsque la maman s’absentent 12 heures par jour pour son métier par exemple, mais ils suggèrent de ne pas dépasser deux fois trois heures par semaine dès lors que l’enfant pourrait profiter de l’amour et de l’éducation de son papa !

Le psychanalyste Maurice Berger ajoute même que : « il est particulièrement destiné aux situations conflictuelles, et vise à répondre à un principe de précaution concernant le développement de l’enfant. Ce calendrier qui s’inspire directement des travaux de Brazelton et Greenspan… ».

Sous cette influence, de nombreux medias français ont évoqué en mai 2014, sans vérification ni précaution, ce soi-disant « Calendrier de Brazelton » ! Lorsqu’on tape « Calendrier de Brazelton » en français dans un moteur de recherche sur internet, on ne trouve pas moins de 8130 références !

Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "calendrier de brazelton" Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "calendrier de brazelton"

Pourtant lorsqu’on recherche ce même calendrier, qui nous viendrait des US, avec des mots clés en anglais : « Calendar of Brazelton », « Schedule of Brazelton », « Brazelton Calendar », « Brazelton Schedule », « Brazelton’s Calendar », « Brazelton’s Schedule », etc. ce même moteur de recherche ne renvoi plus que 0 résultat !!!

Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "Calendar of Brazelton" Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "Calendar of Brazelton"

Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "Schedule of Brazelton" Recherche effectuée dans google en mai 2014 : "Schedule of Brazelton"

Ci-dessous, nous présentons plusieurs captures d’écran d’une multitude de recherches effectuées dans google via différentes langues : espagnol, italien, allemand, néerlandais, norvégien, suédois, danois, portugais, finnois, islandais, arabe, coréen et hongrois. Alors que Thomas B. Brazelton est de renommée internationale, et que le soi-disant « calendrier de Brazelton » serait d’usage courant… Visiblement, il n’existe aucun pays dans le monde qui le référence ! Nous invitons tous les lecteurs à rechercher chez eux dans leurs différentes langues des preuves de l’éventuelle existence de ce calendrier : « calendrier de Brazelton » (ne pas confondre avec l’échelle de Brazelton qui n’a rien à voir). Merci de nous signaler toute trouvaille ! A notre connaissance, les seuls livres au monde qui utilisent les mots « calendrier de Brazelton » sont ceux de Maurice Berger. Aucun autre livre, même ceux de Thomas B. Brazelton ne les emploient !

Recherche effectuée dans google en mai 2014 du Calendrier de Brazelton dans plusieurs langues Recherche effectuée dans google en mai 2014 du Calendrier de Brazelton dans plusieurs langues

L’explication est extrêmement simple… Ce calendrier, dit « calendrier de Brazelton », n’existe pas et n’a jamais existé ! Thomas B. Brazelton n'a jamais créé un tel calendrier (vérifiez par vous-même dans le CV de Monsieur Brazelton : Lien) ! Même l'institut Brazelton n'en a jamais entendu parler (voir la réponse de l’institut Brazelton ci-dessous : copie d’écran d’un email reçu d’un officiel de l’Institut Brazelton) ! Le nom de ce célèbre pédiatre, de renommée internationale, Thomas B. Brazelton a tout simplement été utilisé façon inconvenante (plus loin j’explique comment cela s’est opéré) entrainant pour conséquence de tromper les médias, les médecins, les élus et toute la société française !

Extrait d'un email qui nous a été envoyé par le Directeur de l'Intsitut Brazelton Extrait d'un email qui nous a été envoyé par le Directeur de l'Intsitut Brazelton

L’utilisation inconvenante du nom de Brazelton !

Thomas B. Brazelton est pédiatre et bien que célèbre, il n’a jamais accompli la moindre recherche, ni la moindre publication scientifique concernant les modes de résidence des enfants en cas de séparation parentale (voir notamment la liste complète de ses publications : Lien). Son éventuel et occasionnel avis sur la question ne peut donc pas se substituer aux travaux de fond des vrais spécialistes nord-américains qui sont : J. B. Kelly, R. A. Warshak. R. Bauserman, L. Nielsen, W. Fabricius, D. Paquette, E. Kruk, M. E. Lamb, etc. ni à ceux des spécialistes français qui sont : Gérard Poussin, Chantal Zaouche-Gaudron, entre autres. Ces psychologues scientifiques que nous venons de citer (liste non exhaustive) sont tous de réputation internationale. Ils publient régulièrement les résultats de leurs recherches sur le comportement et le bien-être des enfants de parents séparés dans des revues scientifiques spécialisées. Tous constatent et démontrent que les enfants en résidence alternée s’en sortent généralement mieux que ceux qui sont en garde principale à un des deux parents (le père ou la mère).

En fait, Thomas B. Brazelton et Stanley I. Greenspan ont simplement collaboré à la redaction d’un ouvrage intitulé : The Irreducible Needs of Children - What every child must have to grow, learn and flourish – 2000. Ce livre a été traduit en français en 2001 par Isabella Morel. La version française s’intitule : Ce qu'un enfant doit avoir - Ses sept besoins incontournables pour grandir, apprendre et s'épanouir – 2001. Il s’agit d’un livre grand-public et non pas d’une publication scientifique.

Dans leur livre, à propos des enfants de parents séparés, Thomas B. Brazelton et Stanley I. Greenspan tiennent des propos nuancés, raisonnés et beaucoup plus proches du bon sens que les revendications de certains psychanalystes français comme Maurice Berger.

A la page 45 de leur livre (version traduite), Stanley I. Greenspan précise qu’en cas de séparation parentale, il est tout à fait possible qu’un bébé de parents divorcés dorme dans un autre domicile la nuit : « Quand les parents qui divorcent habitent près l'un de l'autre et que ce sont de bons parents, je leur recommande de garder avec l'enfant une relation aussi proche que possible de ce qu'elle était pendant leur mariage. L'idéal, c'est que les parents voient tous deux l'enfant quotidiennement. L'enfant se sentira à l'aise et en sécurité avec chacun. S'ils passent tous deux beaucoup de temps avec lui et savent lui procurer un sentiment de sécurité (par exemple, si le bébé laisse indifféremment l'un ou l'autre le consoler quand il est contrarié), alors on peut commencer assez vite à le laisser partir pour la nuit ».

Il est évident que Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton sont très attentifs à préserver les liens affectifs que l’enfant est susceptible d’entretenir avec ses deux parents et pour eux la question des lieux de vie n’est qu’une résultante. Les recommandations de Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton diffèrent donc franchement de la position catégorique et dogmatique revendiquée par Monsieur Maurice Berger.

Dans leur livre, Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton ne formulent aucune recommandation sur une éventuelle prévalence en faveur d’un mode de garde. Ils préconisent plutôt la mise en œuvre de « plans parentaux ». Pour eux, le mode de garde (donc le plan parental) dépend uniquement de la qualité des liens parents-enfant. La fréquence et la durée des visites sont surtout fonction de l’âge de l’enfant et de son adaptabilité. Leurs préconisations sont manifestement pleines de bon sens, mais on doit cependant remarquer qu’ils oublient de s’interroger sur l’utilisation perverse qui peut en être faite par le parent gardien habituel comme saboter le relationnel de l’enfant avec l’autre parent, afin de mettre en échec le plan parental. De ce fait, les recommandations de Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton ne fonctionnent vraiment que s’il y a une parfaite entente entre les parents.

Notons également la position de Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton concernant la mise en crèche des enfants (voir à la page 50 de leur livre). Ces spécialistes ne sont pas très favorables à la mise en crèche d’un nourrisson, mais ce n’est pas parce que cela induirait un changement du lieu de vie de l’enfant et donc une sorte de résidence alternée, ni par rapport à l’absence de la mère ou de ses principales figures d’attachement, mais simplement parce qu’en moyenne la qualité du personnel des crèches leur semble relativement insuffisante… Cette raison n’a rien à voir avec l’attachement, ni le changement du lieu de vie qui sont pourtant les premières raisons que Monsieur Berger met en avant pour justifier sa position très hostile à la résidence alternée.

Pour illustrer un exemple de plan parental, Stanley I. Greenspan et Thomas B. Brazelton montrent (page 84 du livre) un calendrier dont ils expliquent que c’est celui du Tribunal des Affaires Familiales du Comté de King de l’État de Washington… C’est uniquement à partir de cet exemple de la page 84 que Maurice Berger et Jacqueline Phélip (ex-sage femme) prétendent que ce calendrier serait l’œuvre de Thomas B. Brazelton. La réponse par email d’un officiel de l’Institut Brazelton à ce propos est montrée ci-dessous !

Extrait d'un email qui nous a été envoyé par une des proches collaboratrices de T. B. Brazelton Extrait d'un email qui nous a été envoyé par une des proches collaboratrices de T. B. Brazelton

Par ailleurs, à la page 84 du livre de Greespan et Brazelton il est stipulé : « Directives pour le droit de visite: garde conjointe ». En dessous de ces directives, il est écrit : « Aucun modèle ne peut convenir à toutes les familles ». A coté de ces recommandations, il y a un petit nota : « 26 » qui stipule ceci : « Ces directives ont été aimablement fournies par le docteur Carol Grey, psychologue judiciaire à Seattle, Washington. » (voir la capture d’écran de l’email ci-dessus). De ce fait, aucune erreur n’est possible. Ce « calendrier » n’est pas de Brazelton comme l’Institut Brazelton le confirme (voir les captures d’écran des emails de cet institut ci-dessus). Ceux (tous ceux) qui utilisent le nom de Brazelton à propos d’un tel « calendrier » le font sans autorisation. Etant donné que ceux qui exploitent de façon inconvenante le nom de Brazelton, s’autoproclament « spécialistes », «  capables de diriger des travaux de recherche », etc. il est tout à fait légitime de s’interroger sur la raison de ce curieux procédé.

 A qui profite ce curieux procédé ?

Monsieur Brazelton ne s’est jamais présenté comme spécialiste des questions de divorce et il n'a jamais écrit un article scientifique sur ce sujet (voir notamment la liste complète de ses publications : Lien). Aucun professionnel sérieux ne construirait une thèse sur la base d'une page extraite d'un livre grand public, et en tout cas sûrement pas en omettant de signaler qu’il s’agit d’un simple exemple et pas d’une thèse approfondie ! C’est pourtant ce qu’à fait le psychanalyste Maurice Berger qui n’a pas manqué d’utiliser ce terme de « calendrier de Brazelton » comme s’il s’agissait d’une préconisation incontournable du « Maître » Américain ! Ce procédé trompeur a ainsi eu un effet pernicieux dans la presse francophone pendant des années et perturbé les débats de la proposition de loi « famille » en mai 2014. Notons tout de même que Maurice Berger fait la promotion de son calendrier (en n’oubliant pas de rajouter « modifié par M. Berger » !).

Calendrier de Brazelton modifié par M Berger ! Calendrier de Brazelton modifié par M Berger !

Si la vérité n’est pas rétablie et que ce calendrier venait à être appliqué en France, Monsieur Berger en tirerait un prestige indu. La confrérie pédo-psychanalytique renforcera d’autant plus son influence négative dans les juridictions familiales qu’elle coupera les magistrats des avancées réalisées par la psychologie du développement. Ce lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice a déjà fait souffrir trop de familles[1].

Conclusion

Bien que la psychanalyse ne soit pas scientifique, les magistrats sont majoritairement formés et assistés dans leurs décisions par des psychiatres de cette pratique. En France, 70% des psychiatres sont de pratique psychanalytique. Sous leurs influences, les décisions de justice familiale provoquent de nombreuses souffrances. Environ 1000 pères de famille se suicident chaque année suite à la perte de leurs liens affectifs avec leurs enfants[2]. Pour les enfants, cette souffrance se quantifie de la manière suivante :

  • Environ 20% des enfants ne voient jamais leur père (Contacts réduits avec un parent)[3].
  • 71 % des décrocheurs au secondaire n'ont pas de père[4].
  • 90 % des enfants qui font une fugue n'ont pas de père[4].

Comme le soulignait la psychanalyste Françoise Dolto[5] : « Il est dans l'ordre des choses qu'un père ne s'occupe pas de son enfant bébé: ce n'est pas le rôle d'un homme. .../... C'est lorsque l'enfant atteint l'âge de la marche - à dix-huit mois - que les hommes normalement virils commencent à s'occuper de lui. Ceux qui s'occupent des bébés sont généralement en grande partie marqués de féminité et, pour ainsi dire jaloux que ce soient les mères les porteuses. Je crois qu'il serait très important pour l'avenir des enfants de parents divorcés ou séparés que, dans des lieux neutres, des médecins aident ces enfants à se comprendre dans ce dire qui n'est pas verbalisé et qui est un dire de corps. » !

Par « médecins », il faut évidemment comprendre : « pédo-psychanalystes », comme elle !

 Le 12 juin 2012, lors d’une conférence devant la Commission Famille du Barreau de Paris [6] organisée par Hélène Poivey-Leclercq, Bernard Golse déclare publiquement : « Le Calendrier de  Brazelton détaille les possibilités d’aménagement de la résidence alternée, selon l’âge de l’enfant. ». En tant qu’ancien président de la WAIMH-Fr, Bernard Golse a cosigné un communiqué de presse daté du 1er octobre 2012 [7] dans lequel il précise : « Les problèmes ne sont pas les mêmes dans la première, deuxième et troisième année de vie, d’où l’intérêt de se référer au calendrier de Brazelton, modifié par M. Berger et J. Phélip (annexe 1). ».

On notera qu'à présent, il n'est pas rare de trouver dans les médias de vulgarisation de psychologie destiné au grand-public ou dans les magasines féminins des références faites (sans vérification) au prétendu « Calendrier de Brazelton ».

Version anglaise : Lien


[1] Pierre Laroche – Le lobbying de la psychanalyse sur les décisions de justice familiale – Janvier 2014 : Lien.

[2] Travaux préparatoires à l’élaboration du Plan Violence et Santé en application de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 - Docteur Anne TURSZ - Mai 2005 - approuvé par le Ministère de la Santé et des Solidarités – Vers la page 71 : Lien

[3] Quand la séparation des parents s’accompagne d’une rupture du lien entre le père et l’enfant : Lien

[4] Rapport de recherche du Professeur Edward Kruk. : Lien

[5] Françoise Dolto - Quand les parents se séparent - page 53.

[6] Hélène Poivey-Leclercq, intervention de Bernard Golse dans Paroles d'Experts autour des modalités d'exercice de l'autorité parentale, Commission Famille du Barreau de Paris, 12 juin 2012.

Calendrier de Brazelton - Commission Famille du Barreau de Paris - 12 juin 2012 (pdf, 889.3 kB)

[7] Sylvain Missonnier, Pierre Delion et Bernard Golse, Déclaration de la Waimh francophone sur la résidence alternée, 1er octobre 2012.

Calendrier de Brazelton - Communiqué officiel de la WAIMH - 1er octobre 2012 (pdf, 692.9 kB)

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