Une Alliance citoyenne pour les éléctions municipales à Paris/métropole

J'ai signé cette tribune, même si je n'en partage pas tous les attendus car ils sont nombreux les élues-élus qui donnent le maximum d'eux mêmes pour conduire des politiques municipales progressistes, dans des conditions difficiles [ leurs ressources par exemple...]

Mais je saisi cette occasion afin que ne se reproduise pas 2014; c'est à dire l'absence complète de la question métropolitaine dans la campagne électorale.

Pourtant essentielle pour maitriser, encadrer, réguler, maitriser la métropolisation qui produit hyper-spécialisation, et aggravation des inégalités sociales et spatiales [cf la récente étude de l'IAU]

Essentielle pour conduire des politiques publiques de transition socio-écologique,de lutte contre les inégalités, pour répondre à la crise du logement.

Et parce que je suis favorable à une évolution importante du système démocratique communal, beaucoup trop centralisé à mes yeux. Je propose par exemple , comme dans la plupart des pays européens, que la présidence du conseil municipal soit dissociée de celle de chef de l’exécutif [maire].

Et favorable à un sursaut démocratique totalement innovant. [ les maires n'échappant plus à la défiance des citoyens, cf l'étude de l'IFOP que je publie sur mon blog www.pierremansat.com]

Pour une alliance citoyenne en vue des municipales à Paris et les communes de la métropole

  • 8 juin 2019

« Face au danger que constitue la montée des replis identitaires, il est impératif de défendre autrement les valeurs d’hospitalité, de solidarité, d’accès aux droits et aux services publics mais aussi d’humanisme et de convivialité », écrivent les signataires de cette tribune qui en appellent à « une ville viable, résiliente et juste, incompatible avec la spéculation, la marchandisation et la privatisation ».

Les élections municipales de 2020 constituent une opportunité unique pour sortir du jeu politique habituel qui accapare le débat public. A Paris comme dans de nombreuses communes de la métropole, aucun des candidats déclarés ou pressentis n’est assuré de l’emporter. Les élections européennes ont à nouveau montré l’obsolescence du modèle politique actuel. Chaque scrutin nous impose d’accepter un programme en bloc. Chaque mandat prive les citoyens pendant une période de 5 ou 6 ans d’une participation aux décisions qui les concerne. Le foisonnement des inventions citoyennes et démocratiques démontre l’ampleur et la nature des attentes de la population. Il faut permettre à ces attentes d’investir les institutions municipales.

Face au danger que constitue la montée des replis identitaires, en France comme dans de nombreux pays, il est impératif de défendre autrement les valeurs d’hospitalité, de solidarité, d’accès aux droits et aux services publics mais aussi d’humanisme et de convivialité. L’accès à la ville, à l’habitat, aux services, à la culture, à la mobilité, à l’emploi constitue un enjeu crucial. Il en va de même de la transition écologique, indissociable de ces valeurs et enjeux : une ville viable, résiliente et juste est incompatible avec la spéculation, la marchandisation et la privatisation. Les grandes métropoles sont des écosystèmes fragiles. Le défi écologique sera celui des prochaines années comme des prochaines décennies.

La gestion municipale doit sortir de la centralisation du pouvoir et entrer dans une nouvelle phase. Il faut permettre une participation réelle des habitant.e.s, c’est-à-dire avec de réels pouvoirs d’action et de décision à différentes échelles de la vie de la cité. Le besoin d’un nouveau souffle démocratique est partout évident.

Paris et les communes de la métropole cristallisent les bouleversements économiques, sociaux et environnementaux actuels. Paris et certaines communes de la métropole sont sous l’emprise d’une frénésie immobilière sans précédent des grands groupes du BTP et des investisseurs. Les nouveaux modes de financement de l’aménagement des territoires renforcent cette tendance. Les études et statistiques montrent une accélération du prix de l'immobilier et du foncier, tant à Paris que dans de nombreuses communes de banlieue. L’accroissement des inégalités et de la pauvreté conduit à une éviction des classes populaires et moyenne du cœur et d’une part croissante de la métropole.

Cette situation n’est pourtant pas inéluctable. La résistance à ces mécanismes de mise en marché sera-t-elle partagée à l'occasion des municipales ? Il s’agit là d’un enjeu difficile mais essentiel.

Nous appelons à la construction d’alliances citoyennes à l’échelle locale. Nous habitons, vivons, travaillons dans les arrondissements parisiens et les autres communes de la métropole. Ces communes ne peuvent avoir qu’un avenir commun. A l’image des succès que nous avons pu observer à Barcelone, La Corogne, Naples, Saillans… nous pensons qu’une refondation des politiques publiques est possible avec les habitant.e.s.

Cette initiative n’est pas une liste « contre » : elle n’est ni contre la maire de Paris, ni contre les élu.e.s, ni contre Europe Ecologie Les Verts, la France Insoumise, le Parti Communiste… Nous refusons d’ajouter de la division à la division. Nous voulons réunir habitant.e.s, élu.e.s, acteurs et actrices des mondes associatifs, économiques, académiques, politiques… autour d’une dynamique commune. Elle permettra de porter un projet pensé et appliqué collectivement, de réinventer la manière de gouverner, de sortir des scenarii qui mettent en danger la démocratie.

Organisons des groupes de travail, des débats et des conférences de citoyens. Construisons ensemble notre projet, intervenons dans l’espace public et réorientons un scénario que certain.e.s s’imaginent écrit d’avance. Nous faisons le pari de l’intelligence et du travail collectifs pour produire des propositions concrètes, utiles, pertinentes et novatrices et éviter la confiscation de notre avenir.

C’est dans cet esprit que les signataires de cette tribune, aux engagements associatifs, professionnels et politiques divers invitent les habitant.e.s partageant ces valeurs à s’engager dans la démarche d'Alliance Citoyenne.

 Les signataires:
Thierry Bayoud, habitant du 18e arrondissement, militant associatif
Marie-Hélène Bacqué, habitante du 12e arrondissement, professeure en études urbaines
Fanny Bénard, habitante du 18e arrondissement, militante associative
Chloé Benoît, habitante de Villejuif, danseuse
Nathalie Blanc, habitante du 13e arrondissement, géographe
Loïc Blondiaux, habitant du 20e arrondissement, professeur de science politique
Solenne Boiziau, habitante de Bourg-la-Reine, militante écologiste et féministe
Ulf Clerwall, habitant du 18e arrondissement, militant associatif
Nathalie Coutinet, habitante du 3e arrondissement, économiste
Valérie de Saint-Do, habitante du 19e arrondissement, journaliste et auteure
David Flacher, habitant du 13e arrondissement, économiste
Filippo Furri, habitant du 14e arrondissement, citoyen et chercheur militant
Antoine Gaboriau, membre de l'Assemblée locale de Montrouge, doctorant
Renée-Claire Glichtzman, habitante du 11e arrondissement, militante associative et ancienne cadre de la politique de la ville
Vincent Glenn, habitant de Montreuil, réalisateur
Antoine Guignier, habitant du 9e arrondissement, membre de la plateforme Decidemos
Sharon Hobby, habitante du 10e arrondissement, paysagiste
Frédéric Kalfon, habitant du 5e arrondissement, directeur de la création numérique, membre de DIEM 25
Bernard Landau, habitant du 13e, militant associatif
Alice Le Roy, habitante du 11e arrondissement, militante associative
Pierre Lucot, habitant du 4e arrondissement, militant associatif
Pierre Mansat, habitant de Pantin, ancien élu parisien (PCF)
Claire Morvan, habitante du 10e arrondissement, militante associative
Matthieu Niango, habitant du 10e arrondissement, membre de « A Nous la démocratie »
Laure Pascarel, habitante du 11e arrondissement, membre du Mouvement Utopia
Franck Pupunat, habitant du 1er arrondissement, co-animateur du Mouvement Utopia
Sylvain Raifaud, habitant du 10e arrondissement, élu EELV
Chantal Richard, habitante de L'haÿ-les-Roses, militante associative
Sylvie Scherer, habitante du 10e arrondissement, responsable associative
Azar Tam, habitante du 20e arrondissement, militante associative
Marinette Valiergue, habitante du 18e arrondissement, membre de « A Nous la démocratie »
Thomas Watanabe-Vermorel, habitant du 19e arrondissement, militant du Parti Pirate

 

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