Taxis en grève : l'impuissance des pouvoirs publics à faire appliquer la Loi.

 

Grève des taxis : Un contexte international

 

Depuis fin 2011 en France , chaque jour des clients utilisent des applications leur permettant d’héler électroniquement un véhicule pour se déplacer à Paris et dans les grandes métropoles du monde entier.

Chaque jour, de nouveaux chauffeurs s’affilient à ces plateformes assurant leur succès fulgurant.

Chaque jour, ces chauffeurs autoentrepreneurs ou patrons de leur entreprise supportent les risques et coûts d’exploitation de leur activité, espérant que les recettes seront supérieures aux charges.

Chaque jour beaucoup de ces chauffeurs sont remerciés, quelques mois à peine après leur affiliation.


Car chaque jour, on apprend ici ou là, si on est un peu curieux de nature sur internet, que des mouvements spontanés de grève de ces chauffeurs éclatent.

Et pas n’importe où. D’aucun aiment à présenter la France comme le pays champion du corporatisme, pourtant aux Etats-Unis, pays de la liberté d’entreprise s’il en est, des chauffeurs privés ont fait grève à San Francisco, Boston et d’autres villes encore contre une plateforme désormais célèbre, mondialement connue. 

Au delà de ces mouvements spontanés, non coordonnés, les chauffeurs de taxi américains dénoncent et obtiennent des pouvoirs publics un durcissement de la Loi et son application, se plaignant d’une concurrence déloyale. En France, la loi n'est pas appliquée.

Pour en comprendre les causes et la légitimité, le mouvement du 13 Janvier 2014 des chauffeurs de taxi français doit être pris dans ce contexte international de la contestation des chauffeurs privés, comme des chauffeurs de taxi : Partout dans le monde, aux Etats Unis, en Espagne, en Italie, mais aussi en Chine, en Australie, les mêmes causes reproduisent donc les mêmes effets.

 

Chaque jour la loi est violée en France.

Est-il besoin dans ces lignes de rappeler la Loi ?

Chaque jour des clients géolocalisent des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) et les avertissent de leur sollicitation via leur smartphone.
Jusque là tout va bien.
Mais la loi stipule que le client doit connaître « la chose et le prix » relatifs à la prestation de transport avant de monter dans le véhicule sollicité, contrairement aux taxis dont le prix est calculé par le taximètre homologué et contrôlé par les pouvoirs publics.

Au moins trois plateformes du marché français ne respectent pas la réglementation. Sont-elles contrôlées, sanctionnées ? Non.

Citons l’une d’entre elles qui fait exception et a le mérite de respecter la Loi : ALLOCAB.

ALLOCAB fonctionne dans un esprit de respect pour ses partenaires chauffeurs d’une part et de transparence sur les prix pour ses clients de l’autre.
Les prix sont communiqués par les chauffeurs eux mêmes et  affichés clairement avant la commande, ALLOCAB se rémunérant en prélevant une commisssion.

Si les chauffeurs de taxi font légitimement grève en ce lundi 13 Janvier 2014, un an après le précédent mouvement du 10 janvier 2013, c’est pour partie tout simplement pour exiger des pouvoirs publics qu’ils fassent appliquer la Loi.  Mais en l’état, elle est inapplicable, n'intégrant pas la responsabilité des éditeurs et exploitants de plateformes VTC. il faudra donc la faire évoluer et prévoir l’arsenal repressif des médiateurs de la relation client/fournisseur concernés, et non pas des seuls chauffeurs privés.


Cynisme et mépris à l’égard des chauffeurs VTC et des chauffeurs de taxi.

Récemment Google a inverstit 258 millions de dollars dans une plateforme de mise en relation des clients avec les véhicules de transport. Lisez bien "véhicules" et non pas "chauffeurs", car l’objet final de ce projet, c’est le lancement prochain dans les années à venir du transport de personnes sans chauffeur, appuyé sur la base de données mondiales cartographiques, et le développement des nouvelles technologies des objets connectés par internet. Déjà aux Etats Unis, des "Google Car" roulent en « version pilote ».

 

Self-Driving Car Test: Steve Mahan © Google


Le rêve américain que souhaite nous vendre Google, c’est la disparition des chauffeurs.
Mais que les chauffeurs se rassurent : Il existera toujours une clientèle exigente qui préfèrera faire appel à un être humain, serviable, poli, attentioné. Les chauffeurs de taxi parisiens doivent faire d'immenses progrès sur ce plan. A eux de jouer ! Sinon, ils risquent de disparaître.
Peut-être ainsi cela explique-t-il le cynisme calculé à l’égard des lois et réglementations et le mépris à celui des grévistes chauffeurs privés ou de taxi un peu partout dans le Monde…

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