Peut-être voulait-il refaire "Le Monde" ?

Sarkozy en off sur France 3 © Rue89
Sarkozy en off sur France 3 © Rue89
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Alors que le quotidien "Le Monde" fort du recoupement de ses propres informations, décide de porter plainte contre "X" pour violation du secret des sources, on n'omettra pas de connecter cette nouvelle affaire dans l'affaire Woerth-Bettencourt à celle de la très curieuse intervention de l'Elysée cet été auprès de la direction d'un autre grand quotidien national.

Rappelons nous en effet les circonstances si particulières avec lesquelles le rapport d'audition de Claire Thibout, ex-comptable de Liliane Bettencourt, fut diffusé dans les colonnes du Figaro :

1) Seule la voie hiérarchique du Ministère de la Justice jusqu'à l'Elysée était destinatrice du rapport d'audition de Claire Thibout. Qui a donc dans ce cas transmis le rapport en question à la Direction du Figaro ?

2) Le rapport a été tronqué. Il n'a pas été diffusé dans son intégralité, ceci au plus grand mépris des règles élémentaires du journalisme.

3) Les journalistes du Figaro en charge du suivi de l'affaire n'ont pas été prévenus de la diffusion du rapport puis de sa publication, encore moins "tronqué" !

4) L'article présentant le rapport d'audition en question n'a pas été signé, là encore au mépris de la déontologie !

5) La Société des journalistes du Figaro s'en est légitimement émue et a tenu à diffuser un communiqué.

Par deux fois, ces faits sont graves.

D'un côté le pouvoir a manifesté une volonté délibérée de manipuler l'opinion par l'instrumentalisation d'un grand quotidien national.

De l'autre il a cherché à identifier les sources d'un journaliste par le détournement des services du contre-espionage, (une nouvelle fois), normalement chargés de la sécurité du territoire au service de l'intérêt général.

Par ces deux "interventions" connectant le nom de Sarkozy à l'affaire Woerth-Bettencourt, le pouvoir s'est définitivement discrédité violant ainsi les principes élémentaires d'une Démocratie : Indépendance de la presse, liberté d'informer.

Moqué dans le monde entier, raillé jusqu'à "The Economist", tel un dangereux psychopathe emmuré dans son palais de l'Elysée, la personnalité du Président pose problème.

Car méfions nous, prévoyons la riposte qui ne saurait tarder !

Lorsque le locataire élyséen se sent sous pression, acculé, dos au mur, il répond par la diversion, organisant une "séquence" médiatique sécuritaire :

Exagérons à peine : après le projet de déchéance de la nationalité et la stigmatisation des Roms, nous n'échapperons pas au projet de castration physique des violeurs récidivistes amateurs de joggeuses du Dimanche, voire à la construction de centres fermés aux îles Kergelen, à St Pierre et Miquelon pour les adolescents des banlieues difficiles en manque de repère, ou bien encore à la réhabilitation du bagne de Cayenne pour les fauteurs de trouble du PSG et autres haut-fonctionnaires informateurs de la presse.

"Vous en avez assez de cette racaille ? Et bien on va vous en débarrasser !".

Tel Chaplin dans "Le dictateur" s'amusant avec le globe, ne supportant pas que les choses lui résistent, "Il aurait tant voulu refaire Le Monde".

Mais dans quel état sortiront la France et les français de ce quinquennat épuisant ? Au rythme où s'enchaînent les affaires on en finirait même par se demander s'il terminera son mandat !

Car alors qu'un remaniement ministériel s'annonce, quiconque osera donner sa confiance demain au chef de l'Etat dans ces circonstances accablantes, ne pourra désormais ignorer qu'il sera de fait complice.

Complice intéressé comme Xavier Bertrand dénigrant la presse qui se verrait bien à nouveau Ministre.

Ministre d'un ennemi de la Démocratie et de son droit corollaire le plus fondamental :

La liberté d'expression.

 

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