Affaire Boulin : j'y pense et puis j'oublie...

A l'occasion du quarantième anniversaire de la disparition du Ministre en exercice Robert Boulin, quatorze journalistes ont réclamé l'ouverture des archives des services de renseignements au Président Macron. Silence de l'Elysée.

Et la Toussaint revient, comme chaque année, marquer une année de plus depuis ce lendemain de la découverte du corps de Robert Boulin dans l'étang rompu. Funeste coïncidence, comme si le souvenir des morts convoquait celui d'une mort si particulière, à la vérité interdite, dont les circonstances restent pour le moment encore masquées, dérobées, inaccessibles. Il n'y a qu'en France qu'un Ministre se suicide dans soixante centimètres d'eau comme l'a habilement rappelé Tanguy Pastureau sur France Inter. Cela fait quarante ans désormais qu'on nous prend pour des imbéciles. Quarante années de forfaiture.
Fait nouveau, cette année, une "vieille canaille" s'en est allée. Juste un peu avant la Toussaint. Avec ses secrets, emportés dans la tombe. Mais passons... Passons, car pour citer George Bernard Shaw "le silence est l'expression la plus parfaite du mépris". Et si le mépris reste ce qu'il y a probablement de mieux à offrir à la tentative de canonisation médiatique du seul Président de la République française condamné par la Justice, c'est un intérêt renouvelé, du soin, de la considération qu'il convient d'apporter à la démarche des quatorze journalistes réclamant l'ouverture des archives des services de renseignements français et américains. Ils sont quatorze, qu'ils soient vingt puis cinquante, puis cent dans toutes les rédactions de France ! Alors l'affaire Boulin, j'y pense et puis je ne l'oublie pas. Car "on nous cache tout, on nous dit rien !"

On nous cache tout on nous dit rien. © Jacques Dutronc

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