Le gang des Lyonnais s'invite à l'hôtel.

« Est-on revenu au temps du gang des Lyonnais ? » s'interroge Laurent Duc, Président de la branche hôtellerie française de l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie).

De quoi s'agit-il ?

Plusieurs hôteliers de Lyon se sont plaint récemment d'avoir fait l'objet de "menaces à la dégradation de réputation numérique" s'ils ne sollicitaient pas les services exclusifs du FDTI "Front des Taxis Indépendants". Menaces qui ont été mises à exécution, certains hôtels ayant vu leur note moyenne baisser sensiblement sur les plateformes spécialisées du tourisme et autres moteurs de recherche, accompagnée de commentaires négatifs.

Voilà pour les faits. S'ils sont condamnables, ils sont aussi assumés, car motivés par l'injustice qui annonce la révolte. Mais d'abord, faisons une première rectification :

Lorsque Monsieur Duc relaie dans la presse sa question en référence à l'histoire criminelle des années soixante dix, on imagine tout de suite, des hommes cagoulés, le flingue à la main, tirant par la cravate les gérants des établissements hôteliers derrière leurs desks de réception.
Or c'est méconnaître les méthodes de "Momon" Vidal et ses amis, son code d'honneur, et lui faire ainsi injure.
Rappelons que le seul hôtel où s'est invité le gang des Lyonnais, c'est l'hôtel des Postes de Strasbourg en 1971, dont le "casse du siècle" soigneusement organisé et parfaitement renseigné aurait servi à financer un parti politique. D'ailleurs, l'assassinat du juge Renaud n'y serait pas étranger. Le conditionnel est un mode bien pratique de la langue française pour qui souhaite conserver un peu de paix civile. 

 

Procès du Gang des Lyonnais © Antenne 2


C'est aussi mal connaître Mourad Ben Driss, qui certes n'a pas employé la bonne méthode en cherchant  simplement à faire respecter son gagne-pain et celui de ses amis chauffeurs. Mais de là à en faire un dangereux criminel ! Monsieur Duc, comme vous y allez ! Serait-ce les effets de la canicule ? Cherchons ensemble la vérité, je peux vous y aider :

Mourad Ben Driss, (qui est mon ami, et je l'assume entièrement même s'il a commis une faute en l'espèce) m'a informé à plusieurs reprises des dérives qu'il observait à Lyon en matière de prise en charge de la clientèle. Mourad m'a rapporté qu'il est entré en contact plusieurs fois avec des gérants d'hôtels, en expliquant qu'il n'était pas correct de commander un VTC lorsque le client demandait un taxi.

Mourad au delà de l'exercice de sa profession, n'épargne pas son temps et s'investit sincèrement au service de ses pairs, pour défendre les droits à charger sur la voie publique la clientèle qui leur échappe chaque jour. J'ai proposé à Mourad de prendre contact avec les représentants des hôteliers, avec l'office du tourisme de Lyon, avec les services de la Métropole. Plutôt que d'entrer dans la confrontation, il faut construire avec les instances publiques locales et les représentants de l'industrie hôtelière des relations saines entre professionnels du tourisme d'affaires comme du tourisme d'agrément. Car au fond, taxis comme hôtels sont des maillons du rayonnement de la ville dans sa capacité à offrir les meilleures prestations possibles légitimement attendues par la clientèle.

Mais au-delà des bonnes intentions, il y a les actes et les faits. 
Or, les taxis lyonnais ne seraient pas sollicités car "ils ne parleraient pas anglais", "n'auraient pas de voitures confortables", ou que sais-je encore "seraient désagréables" et pas toujours disponibles.

Prenez garde Monsieur Duc. Car derrière certains de ces propos, se cachent de vraies "fausses barbes" : celles de la corruption.

Loin de moi l'idée de stigmatiser une profession toute entière, mais reconnaissez avec moi que la pratique qui consiste à glisser un billet en retour pour obtenir la course est vieille comme le monde, à Lyon comme partout ailleurs.
Elle porte préjudice à vos clients qui ne payent pas le juste prix, tout comme à ceux qui stationnent réglementairement devant les hôtels, observant révoltés ceux qui n'ont pas payé de licence organiser le détournement. Cela vous aurait-il échappé ? 

Monsieur Duc, vous méritez certainement mieux que de devenir le complice involontaire de ce trafic.
Discutons en, tranquillement, et trouvons les moyens avec les taxis et les pouvoirs publics de faire en sorte qu'ils soient respectés. 









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