Luc Long, l'homme aux 220 épaves

Archéologue, conservateur en chef du patrimoine, scaphandrier, Luc Long est aujourd'hui connu pour sa découverte d'un buste antique de Jules César dans le Rhône en 2007.

Archéologue, conservateur en chef du patrimoine, scaphandrier, Luc Long est aujourd'hui connu pour sa découverte d'un buste antique de Jules César dans le Rhône en 2007. Il est aussi chercheur rattaché au CNRS, chargé de cours à l’université Montpellier 3 et au Centre universitaire de Nîmes. Parfois décrié dans les milieux scientifiques mais aussi largement adopté par les médias qui apprécient son accent chantant, il se considère lui-même comme un "éclairagiste de l'Histoire", en fait juste un technicien qui travaille "sur le fond". Ayant promené ses palmes sur plus de 220 épaves, auteur d'une impressionnante bibliographie, Luc Long poursuit une carrière qui se confond avec le développement de l'archéologie sous-marine en France. Des "suceuses" de Cousteau aux fouilles robotisées en très grande profondeur, en passant par les naufrages de Camargue et l'avènement du Drassm…

Le "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Le "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé


 

 

 

 

 

 

 

"La mer est le plus grand musée du monde" (Salomon Reinach, 1928)

C'est une coïncidence qu'il se plaît à raconter : "Je suis né à la clinique Bouchard de Marseille alors que Jacques-Yves Cousteau, qui a ancré la Calypso dans les eaux du Riou, plonge sur le Grand-Congloué" et son étonnante double cargaison d'amphores. Déjà auteur d'un essai cinématographique au phare du Planier ("Épaves", 1943, visible ici) et en préparation du "Monde du silence" (1954-5), Cousteau filme ses plongeurs - Frédéric Dumas ou le "stagiaire" Albert Falco - équipés de scaphandres autonomes et lancés dans l'exploration d'un tumulus d'amphores. En surface, l'historien provençal Fernand Benoît répertorie les découvertes et se pose la question: comment se fait-il qu'il y ait sur ce même site des céramiques d'époques et de provenances différentes?

Luc Long et son carnet - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Luc Long et son carnet - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

Au début des années 1950, l'archéologie sous-marine balbutie encore. En 1901 et 1902, on avait assisté à la "fouille" spectaculaire de l'épave romaine d'Anticythère, une galère chargée de statues de marbre, de bronze et d'une extraordinaire "machine" (documentaire Arte ici). Puis, entre 1907 et 1913, ce fut l'exploration d'un navire marchand grec coulé au large de la ville tunisienne de Mahdia, là aussi avec un cargaison d'œuvres d'art. Dans les deux cas, il s'agissait seulement pour les scaphandriers "pieds-lourds" de remonter un maximum d'objets. Cousteau devait d'ailleurs réaliser des films sur ces deux sites: respectivement "Le Butin de Pergame" (1976) et "Carnet de plongée" (1948). Mais c'est en 1950 seulement qu'un archéologue italien, Nino Lamboglia, s'intéresse à une simple cargaison d'amphores, dépouvue d'œuvres d'art, celle de l'épave romaine d'Albenga (40 mètres de fond), proche de la côte ligure. Cependant, par manque de moyens et en l'absence d'un précédent expérimental, Lamboglia utilise une pince pour remonter les amphores, ce qui occasionne au site des dégâts comparables à ceux de l'action d'un chalutier. A partir de cette erreur, il ne cessera d'inviter les archéologues à améliorer les techniques de fouilles sous-marines, notamment à travers les premiers congrès internationaux d'archéologie sous-marine (Cannes en 1955, Albenga en 1958).

Dans les eaux troubles de Camargue © Drassm/Giorgio Spada Dans les eaux troubles de Camargue © Drassm/Giorgio Spada

Alors que Fernand Benoît ou Nino Lamboglia communiquent lors de ces congrès, le jeune Luc Long se familiarise avec la Méditerranée au cabanon familial de la Madrague de Gignac, près de Marseille. En 1960, au cinéma Madeleine, il voit "Le Monde du Silence", qui l'impressionne durablement. Il lit les romans de Melville et de Jules Verne, les bandes dessinées d'Hergé et de Jacques "Alix" Martin… S’il reste en classe un peu distant avec les mathématiques et le français, il développe durant ces cours son goût pour le dessin et rattrape des points en histoire-géo, en sciences naturelles, tout en rêvant déjà à de grandes explorations.
Le bazar à bord du "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Le bazar à bord du "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé


 

 

 

 

 

 

 

Le jeune homme et les vieilles pierres

Au gré des affectations de son père, gérant de Crédit Agricole, Luc Long arrive en Arles à l'âge de seize ans. Arles et son pays chargé d'histoire, son riche patrimoine comme l'allée de sarcophages des Alyscamps, sont une révélation pour un archéologue en herbe. Luc Long: "Un jour, j'avais préparé un dossier pour une prof sur les cryptoportiques. Pour apporter du plus, on y était descendu avec un ami, Richard Martin. On en est sorti tout crotteux avec des tessons et des ossements qui dépassaient des sacs. Convoqués par le directeur du lycée, puis par Jean-Maurice Rouquette alors Conservateur des musées et monuments d'Arles, on s'est fait remonter les bretelles puis on m'a proposé de participer officiellement à des chantiers de fouille plus tard!"

Luc Long retour de plongée sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Luc Long retour de plongée sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé
Après son bac, Luc fait des petits boulots dans la région sans oublier pour autant l'archéologie. "J'étais toujours en train de lire un truc sur les Etrusques, les livres de Fernand Benoît sur la Gaule, etc. Je ne comprenais pas tout mais ça m'enrichissait." Il participe à quelques chantiers de fouilles terrestres. S'éloignant des rêves d’adolescent et du romantisme des civilisations anciennes, l’archéologie s’affirme progressivement à ses yeux comme une discipline scientifique moderne et rigoureuse, avec sa masse de connaissances, ses principes et ses méthodes, ses démonstrations et ses imperfections.
Au retour du service militaire, devenu père, il s'inscrit à la faculté d'Histoire de l'art et archéologie à l'université d'Aix-Marseille, où il suit les cours de Bernard Liou et André Tchernia. C'est à la fin 1974 que Luc Long rencontre Claude Sintès, futur directeur du Musée Départemental de l'Arles Antique (MDAA). Les compères organisent des séances de plongée en bouteilles sur la côte bleue, sans moniteur… Un jour, Sintès, remonté trop vite, se fait une grosse frayeur. C'est donc sans son complice que Luc Long passera ses premiers niveaux de plongée sportive à l'UCPA de Niolon, puis avec Jean-Claude Duval, à Sanary. Dans le même temps, son sujet de maîtrise, sous la houlette d’André Tchernia, porte sur l’énigmatique épave du Grand Congloué, qui a déclenché depuis trente ans chez les chercheurs une vive polémique.

Jas antique sous la table! - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Jas antique sous la table! - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Grand Congloué, une nouvelle thèse

Ce gisement d’amphores, au pied du récif du Grand Congloué, à Marseille, avait été repéré dans l'archipel du Riou dès 1936, par des pêcheurs de La Ciotat qui accrochaient régulièrement leurs filets sur des amphores, entre 32 et 45 m de fond.  En intervenant sur ce site dès 1952, l’équipe de J.-Y. Cousteau réalisait la première fouille sous-marine au monde. Ces plongeurs autonomes, improvisés archéologues, mirent au point des méthodes qui sont devenues classiques aujourd’hui en archéologie sous-marine : carroyage au sol, dévasage à la suceuse à air, dessins, mesures et photos des objets in situ, paniers hissant en surface le mobilier... Le directeur des Antiquités de Provence Fernand Benoît avait confié à ses carnets ses doutes et interrogations concernant l'intrigante épave dite du Grand Congloué. Il y avait là des amphores grecques et d'autres romaines, des céramiques campaniennes, des balsamaires, des urnes, etc. Aux  interrogations de Benoît s’ajoutaient celles des plongeurs de la Calypso qui croyaient de plus en plus à la présence de deux épaves superposées. Benoît ne tarda pas à réaliser que le chargement de l’épave se répartissait en deux lots de date et d’origine différentes. Mais si tout prêchait en faveur de deux navires superposés (des cas de superposition étaient connus, comme au Cap Dramont, par exemple, voir l'étude complète de Luc Long), il défendit sans jamais en démordre l’idée d’un naufrage unique, imaginant deux chargements distincts, l’un en cale, l’autre dans l’entrepont. Selon cette hypothèse, le bateau parti de Grèce avec ses amphores rhodiennes, aurait chargé lors d’une escale à Naples d'autres amphores et de la vaisselle, étagées au-dessus. Mais ce scénario ne tenait pas compte de la différence chronologique importante entre les amphores gréco-italiques et les Dressel 1, d’un siècle leurs cadettes. Faisant fi de la polémique, Fernand Benoît défendra jusqu’à sa mort l’hypothèse d’un navire unique. Trente ans plus tard, intrigué par une petite note dans la publication définitive de F. Benoît, qui mentionne l’existence d’un carnet de fouille, Luc Long va retrouver ce fameux carnet au palais du Roure, en Avignon, siège des fonds Benoît. Le secret est alors rapidement levé car sur chacune des pages, les témoignages des plongeurs de Cousteau s’accordent sur l’existence des deux épaves distinctes. Les dessins sont explicites et Fernand Benoît, visiblement, n’en avait jamais tenu compte. Le jeune chercheur prouve alors sans difficulté l'hypothèse des deux épaves superposées et enterre la polémique. Il répartit dans chaque épave l’ensemble du mobilier archéologique qu’il étudie au dépôt du Fort Saint-Jean à Marseille, et entreprend, une fois entré au DRASSM, un sondage de contrôle au pied du récif.

Consignes et prises de notes - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Consignes et prises de notes - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Drassm et ses navires, la protection du patrimoine

Vers 1978-79, les recherches de Luc Long sur les cargaisons du Grand Congloué le conduisent à fréquenter régulièrement le Fort Saint Jean, à l'entrée du Vieux-Port de Marseille, dont les dépôts renferment le mobilier de l’épave. Avant son déménagement à l'Estaque en 2009, c'est encore le siège du Drassm, ou Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, créé en 1966 par André Malraux et sous tutelle de la Direction générale des patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication. En 1979, alors qu’André Tchernia propose à Luc Long de participer à la fouille de la Madrague de Giens, Bernard Liou, directeur du DRASSM, le recrute comme assistant. Les techniciens-plongeurs du DRASSM, Jo Vicente et Guy Dauphin, parachèvent sa formation en plongée sur des épaves jusqu’à 60 m de fond, limite de la plongée professionnelle à l’air. Sa nomination coïncide avec les départs successifs des deux conservateurs plongeurs du DRASSM : Patrick Grandjean et Robert Lequément. Il faut donc, sitôt arrivé, assumer seul les missions à bord du navire L’Archéonaute, puiser dans les recueils de méthodologie et apprendre des plongeurs leur savoir-faire technique : dessiner et mesurer sous l’eau sur des écritoires, utiliser une suceuse à eau ou à air, une lance Galéazzi, disposer un carroyage, remonter au ballon des objets lourds en surface.... Il passe alors près de six mois par an en mer, sur cette vedette métallique de 30 mètres de long, avec ses deux complices, huit hommes de la Marine nationale et quelques bénévoles qui complètent l’effectif de ces missions de Carte des Épaves. "Durant cette période, précise Luc Long, je ne publie rien de mes recherches, j’attendrai plusieurs années. Je ne suis pas satisfait de ce que j’écris d’autant que la prose archéologique est vite obsolète. J’accumule l’expérience, je remplis de dessins et de notes mes carnets de fouille, ce sera toujours utile, comme l’a démontré celui du Grand-Congloué". Lors d’un stage d’archéologie sous-marine organisé par le DRASSM avec Jean-Marie Gassend sur l’épave Saint-Gervais 3, il sympathise avec l’un des stagiaires, Michel L’Hour, devenu aujourd’hui directeur du DRASSM.

Relevés sur l'épave de blocs Saintes-Maries 22 © Drassm/Giorgio Spada Relevés sur l'épave de blocs Saintes-Maries 22 © Drassm/Giorgio Spada

En 1981, un concours national de conservateur pour les fouilles sous-marines est organisé en plusieurs étapes à Marseille et à Paris, sous la présidence de François Salviat. Luc Long est reçu major tandis que Michel L’Hour arrive second et récupère le poste laissé vacant par le premier. Devenus les "meilleurs amis du monde", ils font longtemps équipe ensemble, sur les chantiers comme dans la lutte contre les pirates où on les surnomme "Starsky et Hutch", avant que le blond ne s’occupe plus que du littoral breton et que le brun demeure aux affaires méditerranéennes.

Bac de traitement embarqué - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Bac de traitement embarqué - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé
L'histoire du Drassm et de ses navires - l'Archéonaute remplacé en 2012 par l'André Malraux - a été racontée par le même Michel L'Hour, aujourd'hui conservateur en chef du Drassm, dans un ouvrage collectif paru chez Actes Sud. Pour Luc Long, "à ses débuts, le Drassm était embryonnaire, pionnier mais pas compétitif. Sur des périodes relativement courtes, nous faisions des expertises, des cartes, avec peu de crédits et les moyens du bord. Il y avait peu ou pas d'archéologues plongeurs. Les belles opérations de fouille se faisaient en-dehors de lui. Car il y avait un peu partout sur le littoral français des pilleurs qui ravagaient les sites, et aussi des plongeurs honnêtes qui déclaraient ce qu'ils trouvaient."

Dessiner in situ - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long Dessiner in situ - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long

En France, pays qui gère le deuxième territoire sous-marin (ZEE) de la planète en termes de superficie, le problème de la sauvegarde du patrimoine sous-marin est ignoré jusqu'en 1961, année de la première loi qui considère qu'il faut "porter les objets découverts hors des atteintes de la mer". Le législateur pensait que c'était la mer et la concrétion qui agressaient l'objet alors que, stabilisé dans son nouveau milieu par les siècles, il est très vulnérable au changement d'environnement et c'est donc une fois sortis de l'eau que les ancres, le bois, les canons et les amphores subissent des dégradations importantes. Les lois suivantes, plus répressives, interdirent aux plongeurs de remonter des objets. Cependant, la France ne ratifiera la Convention de 2001 de l'Unesco sur la Protection du patrimoine culturel subaquatique qu'en février 2013. Bien avant cela, Luc Long instruisait des dossiers de compensation financière pour l'inventeur de l'objet trouvé, que ce soit une épave de barres de fer, un glaive ou une tête d'Auguste! Le travail bureaucratique n'avait cependant pas les faveurs d'un homme qui préférait passer sa vie à bord de l'Archéonaute, le navire dont Malraux avait doté le Drassm.
L'Archéonaute était une vedette conçue dans les chantiers d'Arcachon sur un modèle militaire, comme beaucoup de bateaux à cette époque. Le ministre de la Culture avait signé une convention avec les militaires qui l'entretenaient et en constituaient l'équipage. L'Archéonaute restait en Méditerranée, allant occasionnellement à Lipari ou à Malte. Luc Long: "Mais l'équipage s'est progressivement réduit et l'accord de Malraux avec l'armée est arrivé à son terme. Le bateau avait besoin de révision. Avec Michel L'Hour, on a fait aboutir un dossier au ministère à Paris pour le faire repartir." Jusqu'en 2012 où le nouveau navire du Drassm, l'André Malraux, a été baptisé, symbolisant ainsi l'évolution de la structure dépendante du Ministère de la Culture. Luc Long: "Le Drassm n’a plus rien à voir  aujourd’hui avec l’époque des missions de l’Archéonaute, il est mieux organisé. On est plus nombreux. L’archéologie sous-marine est de plus en plus médiatisée et reconnue pour ses retombées économiques, l’André Malraux est même loué dans le cadre de la recherche préventive. "

Préparation des "suceuses" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Préparation des "suceuses" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les épaves de Camargue

Retour au début des années 1980 quand Luc Long devient Conservateur d'Etat. Il est en position de diriger ses propres missions sur l'Archéonaute sans pour autant bénéficier d'importants moyens scientifiques. En dehors des missions du DRASSM, seule la fouille de la Madrague de Giens, menée par des chercheurs du CNRS fait avancer la recherche au niveau méthodologique. Luc Long s'intéresse à la photogrammétrie comme moyen rapide de collecter des données, mais le coût élevé et les lourdeurs d'utilisation (cadre rigide, appareils à optique sophistiquée) font qu'il prendra encore des années avant de vraiment utiliser cette technique en contexte archéologique sous-marin. Entre temps, lors des campagnes annuelles en mer, il fouille diverses épaves antiques sur le littoral méditerranéen et se lance à l’assaut des épaves de Camargue. Le littoral des Saintes-Maries-de-la-Mer le tentait depuis longtemps mais sans contact sur place, sans repère, sans même aucune déclaration officielle de découverte dans ce secteur, il ne savait par où commencer. Son ami Jean Piton, du musée d’Arles, lui présente alors une équipe de plongeurs qui vient justement de découvrir une épave moderne, chargée de lingots de plomb. C’est là qu’il fera connaissance avec quelques rares plongeurs locaux, d’Alain Capelli et surtout d’Albert Illouze, qui deviendra son ami et plus tard son bras droit, au DRASSM, durant plusieurs décennies. L’épave qu’il expertise désormais avec cette équipe, baptisée Plage d’Arles 1, s’apparente à un navire hollandais de l'époque de Louis XIV. Elle est connue dans les registres de naufrages sous le nom de "galère de Livourne" comme l'avait enregistrée alors l'administration royale selon les témoignages des rescapés. Il s’agissait visiblement de marchands et marins hollandais qui faisaient du commerce entre les Pays-Bas et le port toscan de Livourne, en Italie. L’Archéonaute vient y passer une journée en 1981 afin de remonter pour étude, à la surface, l’une des pièces d’artillerie du navire.

Mais c’est la rencontre avec Albert Illouze, on l’a dit, qui a été décisive. Passionné par l'histoire du commerce méditerranéen, le jeune Albert Illouze, ouvrier métallurgiste et chasseur sous-marin, possède un zodiac à bord duquel désormais il embarque Luc Long les samedis pour prendre la mesure de ce nouveau territoire. De fil en aiguille, le conservateur du Drassm et son ami Illouze font la connaissance de nouveaux plongeurs : Alain Chabaud et Pascal Ardois, du Grau-du-Roi, Maxime Vedel, de Nîmes. Tous apportent leur part de connaissance au tandem arlésien, si bien que la passerelle avec les patrons de chalutiers est bientôt tendue. C’est en effet le monde de la pêche qui connaît le mieux les fonds marins dans cette vaste zone. Bientôt les épaves apparaissent et une première campagne de carte archéologique a lieu en Camargue, avec L'Archéonaute. Elle deviendra bientôt quasi annuelle. Luc Long : "J'étais habitué aux eaux cristallines des îles d’Hyères, de la Corse ou même de Marseille, mais en Camargue, c'était ce qu’on appelait le "masque de contre-plaqué", une eau marron jusqu’au fond, juste de quoi se faire peur. Parfois on n'y voyait strictement rien, on plongeait juste pour ne pas avoir de regret, mais vu l’état de la mer, c’était foutu d’avance !" Pendant près d’une dizaine d'années, dans ces conditions peu engageantes mais fréquentes durant toute la saison se sont poursuivies les expertises d’épaves, au gré de la houle et des courants. Pour l’essentiel, il s’agissait d’épaves modernes, du XVIIème au XIXème siècle, parfois même les plongeurs du DRASSM découvraient les premiers navires à vapeur de la fin du XIXème ou du début du XXème siècle.

Fragments d'amphores - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Fragments d'amphores - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé
Puis, dans les années 90, ont été enfin recensées les premières épaves antiques, notamment grâce à Daniel Hermier, un pêcheur saintois qui plongeait quelquefois pour dégager ses filets. Son épave, baptisée Saintes-Maries 1, correspond à un chargement de lingots de plomb d’époque flavienne, avec des marques romaines, par 12 à 13 mètres de fond. Les épaves antiques ne se présentent pas comme les autres: les amphores ayant été raclées par les courants ou les chaluts, il ne reste que ce qui est lourd, les lingots de plomb ou les barres de fer qui font comme un îlot rocheux sur le fond, concrétionné. Les chalutiers les évitent car il s'y déchirent. Ça ne ressemble pas à une épave standard. Quand on l'a compris, on en a trouvé une douzaine, qui font partie des cargaisons destinées aux légions romaines de Gaule. Dans tous les cas, sur chaque épave, les premières barres sont attaquées par l'eau et le sel, puis vidées de leur substance ferreuse. Du coup, elles créent un manteau concessionnaire qui enveloppe et protège les autres barres de la corrosion. Une bonne partie de ce fer antique provenait sans doute du district sidérurgique gallo-romain de la Montagne Noire. Embarqué à Narbonne, la matière première sous forme de demi-produits était destinée aux légions romaines établies en gaule sur le Limes germanique, par l’axe Rhône-Saône. Par contre, comme on l’a déjà signalé, dans le secteur de Camargue il n'y a que très peu d'épaves chargées d'amphores car elles ont été totalement détruites par l’action de la pêche, alors qu’elles étaient à l’origine certainement les plus nombreuses. Peu profonde, l’épave subit généralement dans ce cas les mouvements de la houle, elle est tour à tour couverte puis découverte par les bancs de sable en mouvement, ce qui précipite sa disparition face à l’attaque des vers xylophages et, au final, aux coups de buttoir des chaluts.
Déploiement des "suceuses" sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Déploiement des "suceuses" sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

Grâce aux registres de naufrages qui relatent en détail les sinistres des bateaux du XVIIème au XIXème siècle, Luc Long peut expliquer comment se passe un échouage standard en Camargue, y compris dans l’Antiquité: "Les épaves sont souvent échouées à 150 mètres du bord sur un banc de sable. Dans les documents anciens, la distance se lit tour à tour en toise, en lieue, en encablure, en portée de canon, etc, mais elle est toujours la même. Concrètement, il y a toujours trois bancs de sable près du littoral qui représentent à toute époque des pièges pour la navigation. Le premier banc est à 50 mètres du bord, le second à 150 mètres, enfin le troisième à 300 mètres. Souvent le bateau n'a pas vu la côte trop basse, masquée par les vagues, il est alors poussé en terre par les vents marins, il touche violemment le premier banc, casse la quille, perd son gouvernail, se met en travers à la houle et, poussé par les déferlantes, vient mourir et se coucher en travers sur le second banc, celui du milieu. Les hommes se réfugient alors dans la mâture, lorsqu’ils le peuvent, c'est là qu'ils vont survivre si toutefois le bateau ne se couche pas complètement. Il y a des photos du dix-neuvième siècle où on voit ces grands brigantins échoués. Le phénomène est absolument le même dans l'Antiquité, avec les vents, les apports de sable et les courants, peu importe la position du littoral car lorsqu’il se déplace il entraîne avec lui le déplacement des bancs de sable qui se reforment exactement à la même distance les uns des autres. Il y a plusieurs acteurs dans la formation de ces bancs : c’est la convergence du mistral qui arrache le sable aux dunes et le dépose en mer, puis celle du courant ligure qui dépose d’ouest en est les matériaux du Rhône, enfin la houle qui, du sud vers le nord, dépose également du sédiment marin. Cette action commune est à l’origine de la formation de nos dangereuses barres d’avant-côte, génératrices de naufrages. Si aujourd'hui on repère des épaves antiques dans 14 mètres d'eau, à l'époque, elles étaient dans deux mètres d’eau, à environ 150 mètres du bord. Comme on en a découvert déjà une trentaine, cela permet de les réunir entre elles et de dresser ainsi la forme assez précise du "paléorivage", du trait de côte antique qui épousait une forme de lobe, c’est l’embouchure du Rhône de Saint-Ferréol, qui se jetait à l’époque immédiatement à l’est des Saintes-Maries-de-la-Mer."

Paléorivage de Camargue dessiné par l'emplacement des épaves © Drassm/ Luc Long Paléorivage de Camargue dessiné par l'emplacement des épaves © Drassm/ Luc Long


Le Rhône

Luc Long comptabilise aujourd'hui trente années de recherches en Camargue, parmi lesquelles une fraction seulement des plus de 220 épaves qu'il a visitées, expertisées, contrôlées ou fouillées. Des épaves diverses, "à vapeur" ou "à charge de fer". De la Camargue au Rhône, Luc Long a effectué sa première plongée dans le fleuve en 1986, encore une fois sur les conseils d'Albert Illouze. Mais quand il plonge dans le Rhône pour la première fois, il jure que ce sera aussi la dernière. Quel contraste entre les eaux claires de la Méditerranée, les belles épaves que l'œil peut presque voir dans leur totalité… et les courants brutaux du Rhône aux eaux noires, les incroyables dépotoirs qui jonchent d'obstacles le lit du fleuve, les matelas gonflés d'anguilles, les fantômes de plastique, les carcasses de voitures et de camion, les silures de grande taille! Luc Long: "quand on plonge dans le Rhône, on a le visage léché par de longues algues filasses et il y a très vite le risque de se coincer quelque part, de s’essouffler, de se perdre, de se couper dès qu'on touche quelque chose, ou de tomber nez à nez avec des engins explosifs, nombreux depuis 1944. Mais il y a aussi des merveilles, comme un champ d'amphores gauloises, aperçu en 1986 lors de la première plongée, entières, rondes et fines, tellement fines que les Romains devaient les emmailloter d'une enveloppe de paille pour les protéger… En Méditerranée, ces amphores fragiles sont toujours fragmentées alors que dans le Rhône, la plupart sont intactes, protégées par le limon fluviatile, conservant encore des inscriptions peintes en latin cursif ." Premier archéologue à plonger dans le Rhône, Luc Long a aussi été le premier à pouvoir estimer les potentialités du fleuve, qu'il reconnaît d'ailleurs avoir sous-estimées. Avec ses plongeurs, il a inventorié les épaves gallo-romaines au niveau d'Arles, parmi lesquelles la fameuse "Arles-Rhône 3" (AR3) découverte en 2004, fouillée en 2005, finalement remontée en 2011 et exposée au MDAA dès 2013 en tant que "trésor national".

Carnet de notes fouille SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Carnet de notes fouille SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé
Dans les dépotoirs portuaires et urbains du Rhône, on est face à des amoncellements d'objets mélangés, des déversements de gravats et d'amphores cassées, des couches parfois inversées par le fleuve lui-même. Certaines trouvailles deviennent emblématiques, comme le buste de César. Lors de la campagne de 2013, Luc Long découvre un coffret en bois recouvert d’éléments de placages de bronze, très probablement romain. Assez abîmé, gorgé d'eau, il voisine sur le fond avec une colonne et un chapiteau funéraire, trois stèles, des fragments d'acrotère de sarcophage. Le contexte est donc bien celui d'une nécropole, celle que le Rhône grignote au sud de Trinquetaille et d'où proviennent de très beaux sarcophages conservés aujourd'hui au MDAA. Solidement fermé, le coffre vraisemblablement funéraire présente un petit orifice à travers lequel on distingue deux pierres plates. Ce contenu mystérieux et la rareté de l'objet excitent toujours les médias, ce qui fait dire à Luc Long: "Sans mettre volontairement en scène l’archéologie, il faut profiter au  moins de l’intérêt que suscitent chez le grand public les énigmes de l’histoire, surtout en période de crise économique, pour des raisons médiatiques et financières." En 2014, lors de fouilles cartographiques et stratigraphiques, il tombe sur une roue de char d'époque tardive…

Horaires des plongées sur le "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Horaires des plongées sur le "Brezehan" - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fouilles en grande profondeur et photogrammétrie

En quelques occasions, Luc Long a fouillé en-dehors des eaux territoriales françaises dans le cadre d’accord avec les "Affaires étrangères". Ce fut le cas au Gabon, sur l'épave du Mauritius avec Michel L'Hour, à Malte et en Libye en 1987. Mais ce qui fascine Luc Long depuis une vingtaine d'années, ce sont surtout les défis posés par les grandes profondeurs, où les épaves sont moins à l'abri qu'auparavant en raison des progrès techniques des pilleurs, de l’action brutale des chalutiers, voire parfois d'archéologues  apprenti-sorciers soumis au "syndrome de la benne" (en référence à la pince de N. Lamboglia), qui prélèvent plus qu’ils n'étudient. L'idée principale est de pouvoir réaliser une image 3D de la "couche de surface" d'une épave profonde, soit la partie la plus vulnérable. Travaillant au fil des années avec les militaires, la Comex, l'Ifremer, avec l’aide des photogrammètres et chercheurs tels que Maurice Blaustein ou Pierre Drap, Luc Long essaye de "capturer en 3D le maximum d'informations, grâce à des robots ou des sous-marins qui mettent en place au sol des repères pour calibrer le champ archéologique. Il s’agit de chapelets de règles, de capteurs altimétriques, de mires centimétriques, de cubes étalons pour calibrer le site et paramétrer les déficiences des appareils photos, notamment l'aberration périphérique des objectifs, etc... La capture des informations 3D permettra ensuite, lors de la restitution dans une base de données interactive, de procéder comme dans une sorte de jeu virtuel dans lequel l'archéologue pourra continuer la fouille à sec." Pour cela il faut utiliser plusieurs sources d’enregistrement, le laser, l’acoustique et la photogrammétrie. Pour Luc Long, "le principe de la photogrammétrie est le plus proche de la vision humaine. On voit en relief, en 3D, grâce au cortex cérébral qui "fusionne" les images de chaque œil. Appliqué sous l’eau, cela donne un couple photographique composé de deux images fournies par les caméras, fusionnées par un stéréo-restituteur numérique sous forme de nuages de points, au final habillés de textures filaires plus ou moins réalistes.

Colonne - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long Colonne - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long

Dans les années 2000, avec les progrès de la micro-informatique, on a allégé les systèmes, on les a rendu plus rapides, on a utilisé les textures plus "réalistes". La photogrammétrie sert in fine à restituer le relief, la profondeur, à capturer les informations avec rapidité." Cette technique, dont George Bass fut l’un des pionniers en archéologie sous-marine, dans les années 1960, avec des appareils de restitution plutôt lourds, s'est donc "démocratisée". On dispose d’appareils photos numériques qui évitent désormais le recours aux couples photographiques, les éclairages sont plus puissants, l’informatique produit des miracles tandis que les robots sous-marins se sont démocratisés à leur tour. C'est sur l'épave du Grand Ribaud D (Hyères), dans les années 80, que Luc Long rencontre Maurice Blaustein, avec lequel il va appliquer et développer les méthodes photogrammétriques sur plusieurs épaves. C’est notamment le cas en 1983-1985 sur une épave massaliète chargée de blocs de calcaire, devant Carry-le-Rouet. En 1993, embarqué dans le sous-marin Nautile (Ifremer), après un premier succès sur une épave romaine par 700 mètres de fond (Plage d'Arles 4), il réalise la photogrammétrie de l'épave de "La Lune", ce navire de Louis XIV coulé par 90 mètres de fond au large de Carqueiranne, en 1664, et jusque-là miraculé. On retrouve ensuite Luc Long lors de la photogrammétrie de la grotte Cosquer, dans les calanques de Cassis, ou encore non loin de là sur l'épave romaine "Port Miou C", par 105 mètres de fond. Mais c’est sur l’épave romaine Sud-Caveaux 1 et sur le chargement d’amphores étrusques Grand Ribaud F, avec la Comex et l’aide de son PDG Henri-Germain Delauze, qu’il accomplira ses plus grands progrès en matière de fouille sous-marine profonde. Plus récemment, une mission dont la première partie a été effectuée dans le Rhône à Arles, en 2013, associant Luc Long et Pierre Drap (CNRS), a pour but de développer un procédé mixte à base de photogrammétrie et systèmes optiques avec des sonars acoustiques dans les milieux hostiles, sans visibilité…

Plongeurs - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Plongeurs - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finances, transmission et objectifs

Luc Long le répète régulièrement: il a aujourd'hui moins de budgets que par le passé. Il explique: "comment finance-t-on les recherches? C'est simple, on fait des demandes au ministère de la Culture qui fait le tri et qui alloue ensuite des enveloppes réduites par rapport aux besoins. C'est Michel L'Hour, directeur du Drassm, qui tranche finalement au cours de réunions de service. Moi, j'ai perdu les 3/4 de ma subvention d'Etat depuis 2006." En complément des subventions du DRASSM et du CG13, il fait appel aujourd’hui à l’association de type Loi 1901 "2ASM" qui, avec l’aide de Michel Vazquez, son président (inventeur de la frégate française L’Hermione), coordonne une action de mécénat auprès des entreprises locales, des municipalités et des organismes intéressés par les fouilles du Rhône et de Camargue.
Les étudiants, la transmission du savoir et de l'expérience sont au cœur des préoccupations de Luc Long: "transmettre, c'est la finalité. Dans ma jeunesse, l'archéologie sous-marine était neuve, on l'inventait. Dès les années 94-95, j'ai donné des cours à la fac d'Aix-Marseille. Parmi mes étudiants, il y avait David Djaoui, Alain Genot, Sabrina Marlier, Christophe Delaere, à qui j'ai enseigné ma passion et ma façon de voir l'archéologie. Après, avec Eric Teyssier à Nîmes, on a créé un Diplôme Universitaire spécialisé, avec formations sur le terrain. On peut tout apprendre en théorie, ensuite il faut apprendre sous l'eau."

bloc et filets sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long bloc et filets sur SM22 - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © Drassm/Luc Long

Continuer toujours à apprendre, cela semble l'objectif véritable de Luc Long. Quand on lui demande ce qu'il recherche, il déroule pour la forme son programme du moment: le port fluvial d'Arles et ses avant-ports maritimes, Fos sur mer, les Saintes Maries de la Mer, et pourquoi pas dans ce secteur le temple d'Artémis dont parle Strabon, cette déesse grecque à laquelle il consacrera une grande exposition à Marseille en 2016 ou 2017. Mais il déclare aussi: "Je n’ai jamais un très grand recul sur l’histoire, je suis un homme de terrain dont le temps est pris aussi par l’administration courante du DRASSM, la préparation des chantiers, la recherche de financement, les rapports de fouille… Ce qui compte c’est la persévérance. Je n'ai pas de dessein particulier, ballotté d’une épave à l’autre, je vis l'aventure sans plan de carrière." Ses textes scientifiques sont souvent repris sans même que son nom soit cité mais loin de s'en offusquer, l'homme y voit un gage de qualité: "Les idées font leur chemin. L’archéologie est une science sans cesse revisitée, une science humaine avec ses certitudes et ses doutes. Tout ce qu'on écrit en archéologie, ça vaut 20 ou 25 ans. Les nouveaux étudiants vont chercher à remettre en cause la thèse de leurs ainés, car il n’y a souvent pas assez de matière nouvelle pour s’affirmer. Je me souviens en maîtrise d’avoir commencé par là, avec les écrits de Fernand Benoît affirmant qu’il n’y avait qu’une seule épave au Grand Congloué."

Enseigner, discuter - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé Enseigner, discuter - campagne de fouilles en Camargue - épave SM22 © P. Polomé

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