Gaza, Riyad, foot et grenadine… la semaine Maghreb-Machrek

Chaque vendredi, choses lues, vues, entendues, de Nouakchott à Téhéran.

Chaque vendredi, choses lues, vues, entendues, de Nouakchott à Téhéran.

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  • Passée complètement inaperçue, une info qui en dit long sur l'équilibre actuel des forces au Moyen-Orient : l'Arabie saoudite aurait donné son accord à Israël pour que Tel-Aviv puisse utiliser l'espace aérien saoudien afin de bombarder les installations nucléaires iraniennes. L'article, qui date du 12 juin, est à lire en ligne sur le site du Times.
  • La Libye a ordonné, mardi 8 juin, la fermeture du bureau du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les autorités ont estimé que le HCR menait des activités «illégales», ce que dément le HCR, qui se dit prêt à discuter avec les autorités libyennes pour assurer la pérennité du bureau, installé il y a près de vingt. La Libye n'a jamais ratifié la convention internationale de 1951 sur les réfugiés.

 

  •  © P.P. © P.P.
    Une Arconada, une main de Dieu (sans but, mais avec un carton rouge)... l'équipe nationale d'Algérie poursuit péniblement sur retour sur le devant de la scène mondiale (défaite 1-0 d'entrée contre la Slovénie, dimanche 13 juin). En attendant d'affronter l'Angleterre ce soir à 20h30 (et les Etats-Unis le 23 juin), on noie son désespoir dans ce qu'on trouve. À Ménilmontant, c'est la grenadine.

 

  • Et pendant ce temps-là, en Algérie, on s'écharpe en justice pour récupérer les droits d'Orangina, cette boisson emblématique de notre enfance et marque septuagénaire lancée par - le saviez-vous ? - un certain Léon Beton, natif de Boufarik et qui, en 1936, s'inspira de l'invention d'un pharmacien espagnol, le docteur Trigo, pour créer cette boisson. Le feuilleton judiciaire dure depuis des années et implique les plus hautes sphères de l'Etat. Le quotidien d'Oran fait un exellent résumé, comme une plongée dans le maelstrom politico-économique postcolonial.

 

  • Dans l'affaire du raid contre la flottille de Free Gaza, une prise de positon inhabituelle : le Comité international de la Croix-Rouge vient de publier un communiqué intitulé : «Blocus de Gaza : pas une année de plus». Sur le site du Monde, une chroniqueuse suisse analyse le texte. Jeudi 17 juin, le gouvernement israélien a décidé d'alléger le blocus de la bande de Gaza, un peu plus de deux semaines après l'assaut sanglant d'une flottille d'aide à destination de l'enclave palestinienne contrôlée par le Hamas. «Il a été convenu d'assouplir le dispositif qui permet aux biens civils de pénétrer dans la bande de Gaza et d'accroître le flux de matériaux nécessaires aux projets civils sous supervision internationale», peut-on lire dans le communiqué, qui n'offre cependant aucune liste des produits concernés.

 

  • Sorti le 10 juin, un excellent petit livre, Jours tranquilles à Gaza, chroniques de trois années de reportage à Gaza, depuis la prise du pouvoir effective du Hamas. En ligne, la semaine prochaine dans cette chronique, un entretien avec l'auteur, le journaliste indépendant Karim Lebhour, correspondant pour RFI et La Croix.

 

  • Bien utile, ce petit livre, en ces temps de désinformation organisée sur le dossier Israël-Palestine. C'est notamment l'objet de l'enquête publiée sur Mediapart ce lundi, BHL, Lévy, Lanzmann... Comment ils confisquent le débat sur Israël. Un article qui a suscité quelques réactions, dont celles-ci, fruits d'une discussion sur le fil de ma page Facebook, entre Michael Blum, journaliste, co-auteur d'un livre de référence sur les colons, et qui habite lui-même dans une colonie de Cisjordanie, et Benjamin Barthe, correspondant du Monde à Ramallah :

Michael Blum : Cher Pierre, je trouve ton papier bien écrit comme d'habitude. Sur le fond, je ne suis pas d'accord du tout. La pensée unique en France est loin d'être en faveur d'Israël.
Au lieu de fustiger les terroristes du Hamas et leurs complices turcs, Libération a titré "Israël, un état pirate" et ce n'est qu'un exemple entre des centaines d'autres. La presse française unanime a critiqué Israël prenant ainsi la défense des ennemis de la démocratie... Shalit, citoyen français est otage du Hamas depuis 4 ans sans une visite de la Croix-Rouge et c'est Israël qui est condamné ?
Lanzman, Levy, Finkielkraut et autres intellos (et pas que des juifs...)qui défendent Israël sont les rares voix sensées de ce débat même si je ne partage pas toujours leurs idées, notamment la tribune de BHL, bourrée d'erreurs.
Le blocus dont on peut discuter le bien-fondé a été imposé après le coup de force du Hamas, l'opération Plomb durci dont on peut critiquer les résultats et les moyens utilisés a été menée après des milliers de tirs de roquettes du Hamas sur une population civile, les pressions contre le mouvement islamiste qui appelle à la destruction d'Israël et qui tient des discours antisémites primaires (cf dernier livre d'Enderlin) sont venues après la capture en territoire israélien d'un soldat dont le sort est incertain, alors reprocher à quelques voix en France d'arriver à se faire entendre dans le concert habituel de critiques anti-israéliennes et de discours pro-palestiniens qu'on lit dans toute la presse française, je trouve ça largement de mauvaise foi.
Benjamin Barthe : Quelques éléments factuels, en réponse à notre ami Michael Blum : "Les terroristes du Hamas" : Le Hamas n'a pas revendiqué d'attentat en Israël depuis des années et les tirs de roquettes ont quasiment cessé. "Blocus en réponse au coup de force du Hamas" : Avant le blocus, il y avait le bouclage, initié en 1991, différent dans son intensité mais similaire dans son esprit et en grande partie dans son effet.Dès cette époque, il est devenu impossible pour les Gazawis d'aller étudier en Cisjordanie. La zone industrielle de Karni était morte en 2005, six mois avant la victoire du Hamas. "Enderlin" : il stigmatise effectivement la vulgate antisémite du Hamas. Il explique aussi comment Israël a délibérément fait le lit de cette idéologie."Shalit et le CICR" : Depuis juin 2007, les familles des 1000 Gazawis emprisonnés en Israël sont privés de droit de visite. L'ignorance à ce sujet est telle que le conseil des ministres des AE de l'UE, réunis le 14 juin dernier, a enjoint le Hamas de laisser le CICR visiter Shalit sans mentionner le cas des palestiniens. Précision : la décision israélienne n'a pas été prise en représailles au traitement réservé à Shalit. C'est une "mesure de sécurité" dixit la cour suprême en décembre 2009.

 

Et c'est tout pour ce vendredi !

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