De l’uranium, des drones et des hommes… La semaine Maghreb-Machrek

Chaque vendredi, choses lues, vues, entendues, de Nouakchott à Téhéran.

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Chaque vendredi, choses lues, vues, entendues, de Nouakchott à Téhéran.

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  • Une consolation pour nos (tout petits) Bleus : il y a au moins un endroit sur terre où le parcours chaotique de l'équipe de France de football est passé inaperçu, et c'est à Gaza. Entre coupures d'électricité et brouillage des réseaux par les drones israéliens, les habitants de la bande de Gaza ont toutes les peines du monde à suivre les rencontres du mondial. Un article à lire sur le site du quotidien algérien El Watan.
Pour les Gazaouis, c'est d'ailleurs la France qui est championne du monde, comme on pouvait le voir sur le blog Proche-Orient d'Al Jazira à la mi-mai.
Jours tranquilles à Gaza, c'est le livre remarqué dont je vous annonçais la sortie la semaine dernière. Trois années de chroniques au cœur de la bande de Gaza, le blocus au jour le jour, par Karim Lebhour, correspondant dans les territoires pour RFI et La Croix, qui extrait rien que pour vos oreilles l'essence de son travail minutieux :

(Durée du son : 3 min. 20 sec.)

 

  • Les Syriens ont faim : début juin, le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé la distribution à quelque 200 000 personnes de rations alimentaires (riz, pois chiches, huile) dans les zones les plus touchées (Raqqa, Hassaké et Deir Ezzor) par une sécheresse qui perturbe depuis 3 ans le rendement d'une région (le Nord-est) jadis considérée comme la réserve du pays. C'est la deuxième année de suite que le PAM distribue des vivres en Syrie. La production du blé est aujourd'hui estimée à 2,4 millions de tonnes contre 4,1 millions en 2007. Nouveau signe du déséquilibre qui frappe le pays: plus d'un million de personnes ont migré des régions du nord-est vers les zones urbaines depuis le début de la sécheresse, selon les estimations de l'ONU.


Sous le très poétique titre Traces, désirs de savoir et volonté d'être, Actes Sud/Sindbad a fait paraître le 16 juin un ouvrage aussi original que brillant. Fruit de la collaboration de chercheurs italiens, français, tunisiens ou marocains, ce recueil de textes présente une vision non-idéologique des acquis et des résurgences de «l'après-colonie au Maghreb.» À lire notamment, parmi la vingtaine d'articles, les sinueux Itinéraires dans le cimetière chrétien de Constantine, par la chercheuse algérienne Khedidja Adel. Un livre dont on reparlera !

 

  • Que reste-t-il de l'accord Brésil-Turquie-Iran sur le nucléaire, dont Mediapart se faisait l'écho à la mi-mai ? Enterré par la presse internationale après l'adoption le 9 juin à l'Onu du nouveau régime de sanctions cotre Téhéran, le texte, dans lequel l'Iran propose d'échanger en territoire turc 1.200 kg de son uranium faiblement enrichi (3,5%) contre 120 kg de combustible enrichi à 20% destiné au réacteur de recherche médicale, demeure tout à fait d'actualité, pour les Iraniens... et les Brésiliens. «Il y a une disposition à maintenir l'accord qu'on a signé comme base (...) ce qui est positif parce que, après tout, au vu de ce qui s'est passé au Conseil de sécurité, on pourrait craindre des réactions moins flexibles», a déclaré le ministre brésilien des affaires étrangères, Celso Amorim, lors d'une conférence de presse à Bucarest, mardi 22 juin. «Je suis encouragé par le fait que malgré beaucoup de rhétorique le président Ahmadinejad dise que la déclaration de Téhéran est toujours valable», a-t-il ajouté. Parallèlement à l'accord signé avec le Brésil et la Turquie, l'Iran a signifié qu'il comptait poursuivre l'enrichissement de son uranium à 20%. Téhéran affirme vouloir utiliser l'uranium enrichi comme combustible pour un réacteur de recherche médicale, quand les pays occidentaux et Israël redoutent qu'il s'en serve pour fabriquer l'arme nucléaire.
  • Très active, décidément, cette diplomatie turque. Pendant que tout le monde n'avait d'yeux que pour Israël, Gaza et la flottille, la Turquie, la Jordanie, le Liban et la Syrie ont en effet décidé, jeudi 10 juin à Istanbul, de former une zone de libre circulation des personnes et de libre-échange économique. La décision a été annoncée par les ministres des affaires étrangères des quatre pays à la troisième réunion du Forum de coopération turco-arabe organisée au palais de Ciragan à Istanbul. Signée par les quatre pays, la déclaration indique : «Nous avons décidé d'établir un Conseil de coopération de haut niveau quadripartite (HLCC) et de créer une zone de libre mouvement des biens et des personnes entre nos pays.» D'après le texte, le HLCC se basera sur les accords bilatéraux existants et les pratiques de libre-échange et d'exonération de visas, ce qui limite quelque peu la portée de l'annonce. La Turquie a déjà mis en place un accord d'exonération de visas avec la Syrie, la Jordanie et le Liban. Elle a également signé des accords de libre-échange avec la Syrie et la Jordanie.

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Ce jeudi débutait le festival de musique Gnaoua à Essaouira au Maroc, l'un des plus important du continent africain. Jusqu'à dimanche, quatre jours de concerts au bord de l'atlantique (voici le programme, pour rêver un peu.) Un petit compte-rendu en musique des festivités la semaine prochaine dans cette chronique.

 

Et c'est tout pour ce vendredi !

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