Pierre Puchot
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Billet de blog 26 oct. 2010

Otages, l’indifférence, l’oubli

301 jours (près d'un an !), que nos confrères de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, sont retenus en otage en Afghanistan. Pour commémorer les 300 jours de détention des deux journalistes, un concert de soutien était organisé lundi soir à Paris.

Pierre Puchot
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301 jours (près d'un an !), que nos confrères de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, sont retenus en otage en Afghanistan. Pour commémorer les 300 jours de détention des deux journalistes, un concert de soutien était organisé lundi soir à Paris.


L'occasion pour plusieurs artistes français, dont Bernard Lavilliers, de rappeler leur attachement à la liberté de la presse, et surtout de poser une ou deux questions qui fâchent :

Ce soir-là, mobilisation fut certes «belle», «émouvante», comme l'ont titré nombre de confrères. 5.000 spectateurs ont assisté au concert, donné au Zénith de Paris, par de nombreux artistes dont Alain Souchon, Christophe Maé, Grand corps malade. Un flop, en revanche, pour France 3, qui retransmettait le concert : avec 10,4% d'audience, cette «grande soirée contre l'oubli» n'a malheureusement pas attiré plus de 2 386 000 téléspectateurs. «J'ai envie de dire ce soir, tout simplement: c'est l'histoire de deux mecs... à la fin ils s'en sortent», a pour sa part souhaité la journaliste Florence Aubenas, présente elle aussi sur la scène du Zénith. De fait, nous sommes pourtant loin aujourd'hui de la grande mobilisation qui avait accompagné la détention en Irak de l'ancienne journaliste de Libération, pour ne citer qu'elle. C'était alors plusieurs centaines d'actions dans des dizaines de villes de France, un battage médiatique constant, et une libération survenue après 157 jours de détention.
Pourquoi la mobilisation en faveur de nos confrères de France 3 reste-t-elle modeste ? Et pourquoi disposons-nous de si peu d'informations relatives à leur détention ?
Le 30 décembre 2009 les deux journalistes de France 3 travaillant pour le magazine «Pièces à conviction», ainsi que leurs trois accompagnateurs afghans sont enlevés par des talibans présumés à 60km de Kaboul, dans la province montagneuse de Kapisa. Début janvier 2010, les talibans démentent pourtant retenir en otage les deux journalistes. Le 5 septembre, le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, assure que les otages sont «en bonne santé». Le 24 septembre, Il y a «un espoir raisonnable» qu'ils soient libérés avant Noël, selon le chef d'état-major des armées Edouard Guillaud.

Mais encore? Dans quelle région nos confrères de France 3 sont-ils détenus ? Par qui ? Pourquoi le sort de nos confrères n'est-il pas régulièrement évoqué aux conférences internationales sur l'Afghanistan ? Pourquoi l'Etat français ne communique-t-il pas davantage ?
«Je ne m'engagerai pas à donner des données de temps formelles», a déclaré le président de la République au comité de soutien des journalistes. Sans doute, la réussite d'une mobilisation est-elle l'affaire de tous, gouvernement compris. Selon les données transmises par le ministère des affaires étrangères, onze Français sont actuellement retenus en otage à travers le monde.

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