Journaux, Université… En Tunisie, on ferme !

Début 2010 en Tunisie, on ne compte plus le nombre de militants des droits de l'homme et de journalistes à subir le harcèlement des autorités tunisiennes. Ramzi Romdhani, Zyad Fakraoui, Lassaad Jouhri, Zouhaier Makhlou, Radia Nasraoui...Le cas de Taoufik Ben Brik -journaliste et opposant dont la peine de six mois de prison ferme dans une affaire montée de toutes pièces selon ses proches et Reporters sans frontières a été confirmé samedi 30 janvier-, n'est que la face émergée de l'iceberg de la répression tunisienne.

Début 2010 en Tunisie, on ne compte plus le nombre de militants des droits de l'homme et de journalistes à subir le harcèlement des autorités tunisiennes. Ramzi Romdhani, Zyad Fakraoui, Lassaad Jouhri, Zouhaier Makhlou, Radia Nasraoui...Le cas de Taoufik Ben Brik -journaliste et opposant dont la peine de six mois de prison ferme dans une affaire montée de toutes pièces selon ses proches et Reporters sans frontières a été confirmé samedi 30 janvier-, n'est que la face émergée de l'iceberg de la répression tunisienne.


Dernier exemple en date, la fermeture de l'université libre de Tunis (ULT), la plus ancienne université privée de Tunisie.

 

Que reproche le président Ben Ali à cet établissement qui perdurait tant bien que mal depuis plus de trente-cinq ans ? Une livre très critique de son président, Mohamed Bouebdelli, sur son règne sans fin, publié il y a quatre mois sur Internet, dernier espace de liberté dans un pays qui a fait fermer tous les journaux d'opposition.
Dramatique, cette décision l'est assurément pour une Tunisie qui n'en finie plus de dégringoler. Car au climat liberticide s'ajoute ici le problème crucial de renouvellement des cadres, dans un pays qui en manque cruellement. Un pays où les statistiques sur le chômage des jeunes n'existent tout simplement pas, et pour cause... Or l'ULT forme chaque année quelque 1 500 étudiants en droit, gestion, architecture... Elle n'est aujourd'hui plus autorisée à prendre de nouvelles inscriptions.

 © Dilem © Dilem

Une semaine après l'examen au parlement européen de la situation des droits de l'homme en Tunisie (une première), alors que tous les observateurs spéculent sur la permanence du pouvoir de Ben Ali, réélu pour un cinquième mandat fin 2009 (Gouverne-t-il encore ? Comment la famille Trabelsi a-t-elle déjà verrouillée sa succession ? Quelle importance donner à la nomination le 18 janvier de l'ancien ministre des affaires étrangères, Abdalwaheb Abdallah, au poste de ministre conseiller spécial du président de la république, chargé des affaires politiques?) la répression, elle, est plus violente que jamais, donnant au régime tunisien un arrière goût de fin de règne pourrissant qui n'a pas son équivalent au Maghreb.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.